Tous les résultats
Publicité

Guerre commerciale: le Mexique pourrait sauver le Canada

Photo portrait de Yannick Beaudoin

Yannick Beaudoin

2026-02-13T15:00:47Z

Partager

Le Canada adopte la bonne stratégie en envoyant une importante délégation au Mexique, estime le spécialiste de l’industrie agroalimentaire et professeur à l’Université McGill, Sylvain Charlebois.

• À lire aussi: Gestion de l’offre et mesures «discriminatoires» du Québec: voici ce que le négociateur américain en chef propose de changer dans l’ACEUM

• À lire aussi: «Ça n’a pas d’importance pour moi»: Donald Trump remet en doute le futur de l’ACÉUM

• À lire aussi: Face aux menaces de Trump, le gouvernement Carney minimise l’importance de l’accord avec Pékin

La mission menée par le ministre du Commerce Dominic LeBlanc pourrait être très bénéfique pour l’économie canadienne à long terme, croit l’expert.

«Je pense que le Mexique est un bon allié dans le contexte actuel géopolitique, on s'entend que ce n'est pas facile en Amérique du Nord. Ça n'a été facile pour le Canada, mais ça n'a pas été facile non plus pour le Mexique», a expliqué M. Charlebois en entrevue sur les ondes de LCN.

Ce denier estime d’ailleurs que le gouvernement mexicain a mieux géré la crise géopolitique avec les États-Unis de Donald Trump. À ce chapitre, il salue le travail de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum.

«Elle a su comment vraiment manipuler Donald Trump. J'étais vraiment impressionné depuis un an là et c'est pour ça que le Mexique a actuellement la meilleure entente avec les États-Unis au monde. Elle est meilleure que celle du Canada», soutient le spécialiste de l’industrie agroalimentaire.

Publicité

En 2025, Sylvain Charlebois a d’ailleurs fait partie d’une délégation de producteurs agricoles qui s’est rendue au Mexique.

«Le Mexique avait vraiment été affecté par la rhétorique du mur en 2016 [...], le président Trump a renommé le golfe du Mexique, golfe de l'Amérique, ç’a insulté beaucoup de Mexicains, mais eux ont passé par-dessus, ils ont tout simplement continué à faire des affaires avec les Américains, puis ça a porté fruit», relate-t-il.

Capture d'écran LCN
Capture d'écran LCN

Des bénéfices pour les entreprises et les consommateurs d’ici

La mission économique canadienne aux États-Unis va certainement être suivie de près par plusieurs entreprises du Québec et du Canada, affirme Sylvain Charlebois.

«Olymel a perdu des parts de marché en Chine depuis quelques années, alors il faut peut-être découvrir d'autres marchés, puis le Mexique, ça pourrait être un marché intéressant», souligne l’expert.

«Je pense que la clé pour sauver l'entente de libre-échange nord-américaine est entre les mains du Mexique. C'est le Mexique qui peut sauver l'entente pour le Canada. Oui. Moi je pense que le Mexique est tellement bien positionné par rapport au Canada que j'ai l'impression qu'on va pouvoir aider le Canada pour faire survivre l'entente», ajoute-t-il.

Les consommateurs pourraient également bénéficier d’un meilleur partenariat avec le Mexique, mentionne le spécialiste de l’industrie agroalimentaire.

Publicité

«Je pense au porc et au bœuf et pour ce qui est des céréales, le canola et le blé. Il y a des opportunités aussi dans les légumineuses, on est un grand producteur de légumineuses dans l'Ouest canadien», indique-t-il.

Photo d'archives, Agence QMI
Photo d'archives, Agence QMI

Le Canada ne peut pas bouder les États-Unis

Selon M. Charlebois, le gouvernement canadien doit travailler pour assainir ses relations avec les États-Unis.

«Cette semaine, ç’a été une bonne semaine pour Ottawa, la façon que monsieur Carney a géré le pont. L'histoire du pont, qui a été vraiment absurde. Monsieur Trump disait à peu près n'importe quoi [...] On a appelé la Maison-Blanche pour calmer les choses, puis on a passé à autre chose. Moi, j'ai l'impression qu'Ottawa commence à apprendre de ses erreurs et commence à suivre un peu le même la même stratégie que le Mexique. Donc ça, c'est de bon augure, à mon avis», argumente l’expert.

Celui-ci rappelle l’importante relation commerciale entre le Canada et les États-Unis.

«On exporte pour 75 milliards de dollars de denrées agroalimentaires aux États-Unis, c'est le plus grand partenaire qu'on a. Donc, de perdre cet accès-là ou d'être moins intéressant pour les Américains, ça peut faire mal. Mais moi j'ai l'impression que l'entente va survivre, ça va être pénible, mais moins pénible si on s'allie avec le Mexique», résume Sylvain Charlebois.

«On ne peut pas remplacer les États-Unis. Les États-Unis vont toujours être notre partenaire le plus important en raison de notre géographie, on n'a pas le choix, il faut travailler avec notre géographie. On est prisonnier de notre géographie là», ajoute-t-il.

Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.

Publicité
Publicité