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Gestion d’une saison de ski différente pour Mikaël Kingsbury: Michel Hamelin ajoute une corde à son arc

L’entraîneur-chef de l’équipe nationale de bosses gère la stratégie vers les Jeux olympiques avec le retour à la compétition de Mikaël Kingsbury

Photo Martin Alarie
Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2026-01-08T20:30:00Z
2026-01-08T23:00:00Z

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SAINT-CÔME | Portant déjà plusieurs chapeaux au sein de l’équipe nationale, en plus de son titre officiel d’entraîneur-chef de l’équipe de bosses en ski acrobatique, Michel Hamelin a ajouté une corde à son arc en cette année olympique ordinairement fort occupée.

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Il gère depuis août le calendrier, l’entraînement et le retour à l’action stratégique de Mikaël Kingsbury. Il sert de pont avec toute l’équipe médicale qui gravite autour du «roi des bosses» depuis sa blessure à l’aine à la fin de l’été.

«C’est une année différente», résume-t-il avec un large sourire, au pied des pentes à Val Saint-Côme, en entrevue avec Le Journal en début de semaine. Cette escale dans Lanaudière est l’une des deux dernières de la Coupe du monde donnant accès aux Jeux olympiques pour plusieurs de ses athlètes.

«Mike» dirige entre autres le programme masculin, en veillant aussi sur ses athlètes féminines. Mais il est le chef d’orchestre. L’homme de 52 ans, qui célèbre ses 25 ans de service au sein de l’équipe nationale, est également l’entraîneur technique, quand il ne joue pas l’agent de voyages, le psychologue, ou encore le secrétaire hors-piste. C’est sans compter qu’il doit parfois avoir un œil sur la «mascotte» de l’équipe, Henrik, fiston de Mikaël, lorsque le mignon petit bonhomme suit sur la route.

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«C’est excitant et différent de ce que j’ai déjà vécu, car je gère l’entraînement, l’intensité, le volume, les demandes et tout ce qui touche Mikaël, explique celui qui compte 25 ans de service dans le programme de l’équipe nationale.

«Avec “Mik”, ça a toujours été quand même assez simple au fil de sa carrière. Là, depuis la fin août, on a suivi tout un processus.»

Photo Martin Alarie
Photo Martin Alarie

Avance, recul

En effet, l’homme aux 29 globes de cristal a été épargné par les blessures depuis 2011. Hormis sa double fracture à des vertèbres en décembre 2020, qui l’a laissé sur les lignes de côté durant deux mois, son horaire et ses plans d’entraînement étaient somme toute faciles à gérer.

Le scénario vers le début de la présente saison fut toutefois différent. Kingsbury a raté le premier camp d’entraînement de l’équipe au Chili à la fin septembre, alors qu’il s’est concentré sur sa réadaptation en gymnase. Puis, lorsqu’il a touché à la neige d’Idre Fjäll en Suède, à la fin d’octobre, des douleurs ont nécessité un nouveau plan d’intervention et de renforcement. L’athlète est donc rentré plus tôt que prévu à Montréal.

En lever de rideau de la saison à Ruka en Finlande, un mois plus tard, «Mik» a levé un autre drapeau en se retirant de la première épreuve. Ce qui a mené l’équipe médicale et technique à concocter un nouveau plan en crescendo vers les Olympiques.

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«Il a fallu faire plusieurs tests et tenter de comprendre ce qui se passait. Je n’anticipais pas cela. À travers le processus, il a vraiment fallu faire un pas en avant qui nous ferait reculer de deux pas vers l’arrière pour s’ajuster, s’adapter et s’améliorer», explique Hamelin.

Photo d'archives, Didier Debusschère
Photo d'archives, Didier Debusschère

Nouvelle réalité

Ce pas vers l’arrière, c’est ce retrait préventif en Finlande. C’est aussi à ce moment qu’il a vu son féroce compétiteur de 33 ans réaliser, difficilement, qu’il pouvait lâcher-prise et rater dorénavant des courses.

«C’était difficile pour lui de laisser le grand prix, mais il faut le faire même si on le sent capable», raconte celui qui ne prend rien à la légère dans toutes les importantes décisions impliquant Kingsbury, afin de le guider correctement.

Photo d'archives, Didier Debusschère
Photo d'archives, Didier Debusschère

«On est plus vieux, on gère la blessure cette année. L’objectif, rappelle l’entraîneur-chef, c’est d’arriver en pleine forme et frais comme une rose aux Jeux. Il faudra atteindre le sommet au bon moment.

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«On a assez gagné de courses dans la vie, ajoute-t-il à propos des 109 victoires en carrière de son protégé. Là, ce qu’on veut avec sa condition, c’est de l’expérience de compétition dans les simples à Saint-Côme et Waterville pour arriver en pleine santé aux Jeux. On s’énervera rendu là», image-t-il quant à la philosophie adoptée pour les prochaines semaines.

Grande maturité

Au fil des obstacles et des stratégies à l’entraînement, Hamelin a aussi décelé des gestes de maturité chez son protégé, qu’il n’avait encore jamais vraiment observés.

«Je vois le père en lui. Cet aspect de la vie aide énormément dans notre plan. Il prend de brillantes décisions et écoute son instinct. Il est précis sur la montagne et il suit un plan très serré. Tout ce qu’il fait sur la piste, il y a une raison bien précise. C’est la qualité avant la quantité.»

Photo d'archives, Didier Debusschère
Photo d'archives, Didier Debusschère

À Val Saint-Côme, lundi, Hamelin a estimé que son as des bosses était à environ 93% de ses capacités et en parfait contrôle de son corps.

«Il a fait deux bonnes descentes à environ 90% de ses moyens en vertu de l’intensité et la vitesse. On a déjà gagné bien des courses avec ça, se souvient l’entraîneur. La clé, c’est la stratégie. Il faut s’assurer de rester en contrôle pour éviter une rechute. Il est déjà qualifié pour les Jeux. Il suffit d’être intelligent.»

Ce qui place ses rivaux sur un pied d’alerte. Les rivaux sont déjà intrigués par les absences, les présences et les actions en piste du «roi des bosses».

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