Phillip Danault ne veut pas être une distraction

Jonathan Bernier
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Un athlète a beau vouloir ne pas se laisser déranger par sa situation contractuelle ou par le nouveau rôle que son entraîneur lui donne, il n’en demeure pas moins que le doute est tout ce qu’il y a de plus humain.
Depuis le début de la saison, on a fait grand état des négociations entre le clan de Phillip Danault et le Canadien. Au cours des dernières semaines, il a été révélé que le Victoriavillois a refusé, au cours de l’automne, une entente de cinq ou six ans qui lui aurait rapporté 5 M$ par saison.
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On n’a pas manqué, non plus, de souligner qu’il jouait, en moyenne, 18 min 53 s par rencontre l’an dernier. Que ce temps a été retranché d’exactement trois minutes par Claude Julien depuis le début de la présente campagne.
Rendu disponible via une visioconférence tout juste avant que l’équipe embarque à bord du train la menant à Ottawa, le centre de 27 ans a reconnu que son début de saison en demi-teinte était peut-être attribuable à toutes ces incertitudes.
«Ça n’a pas été difficile à digérer, mais j’ai eu besoin d’une petite adaptation au début. Tout arrivait en même temps, a indiqué Danault, qui deviendra joueur autonome sans restriction cet été. J’ai encore les mêmes compagnons de trio. Chaque soir, on donne notre maximum. Tout ce qu’il faut faire pour aider l’équipe à gagner, je vais le faire.»
Avec des pincettes... ou pas
Très humble et honnête, Danault a reconnu que son entraîneur avait parfois eu à le secouer un peu.
«Il sait comment me prendre. Il sait quand c’est le temps de me piquer et quand c’est le temps de m’aider. Je sais également que ça doit venir de moi-même. C’est ce que j’ai fait», a admis Danault.
Un aveu que le pilote franco-ontarien a corroboré.
«Quand tu connais Phil, tu choisis les moments entre le piquer et l’encourager à continuer de faire les bonnes choses. Dernièrement, j’ai dû faire les deux.»
D’ailleurs, jeudi matin, au cours de l’entraînement matinal, on avait vu Danault en discussions avec Julien et Dominique Ducharme. Plus tard, l’entraîneur-chef du Canadien a expliqué qu’il sentait son joueur en quête d’assurance. Une observation avec laquelle le principal intéressé était en accord.
«J’étais plus passif, j’hésitais et je pensais trop. Quand je ne réfléchis pas, c’est là que je suis à mon mieux. Je crois que lors des cinq derniers matchs, je suis revenu au meilleur de moi-même. J’ai retrouvé mon assurance, ma confiance», a-t-il souligné.
«Notre trio a obtenu plusieurs occasions de marquer. C’est ce que ça prend pour augmenter son niveau de confiance. C’est à nous de bâtir là-dessus, on s’en va dans la bonne direction», a-t-il ajouté.
Quand ça comptera
Si Danault relève les cinq derniers matchs, le niveau de son jeu apparaît surtout plus élevé depuis les deux derniers. Jeudi soir, il s’est fait complice des deux buts de son équipe, en plus d’être dominant dans le cercle des mises en jeu (58,8 %). Il avait été blanchi lors des six matchs précédents.
Danault a bon espoir de voir les choses continuer à s’améliorer dans son cas. D’ailleurs, plus les semaines passeront, plus le jeu deviendra serré. À ce moment, Julien aura grandement besoin de son expérience. Une facette que ses jeunes coéquipiers ne seront possiblement pas en mesure d’offrir.
«Le jeu plus ouvert a permis aux nouveaux de s’adapter. Ça leur a permis de bien se présenter au public montréalais. Quand ça se resserrera et que le style de jeu s’apparentera davantage à celui que l’on voit en séries, c’est là qu’on deviendra plus important», a lancé Danault, faisant sans doute échos aux propos de son entraîneur.
Danault aura alors l’occasion de prouver de nouveau sa valeur. Car, il faut bien le reconnaître, Marc Bergevin, même s’il l’adore, ne le trouve probablement pas assez indispensable présentement pour lui consentir un contrat de 5 M$ par hiver.