Tous les résultats
Publicité

En attente d’un championnat depuis 32 ans: les Saguenéens peuvent-ils enfin mettre un terme à la plus longue séquence sans trophée dans la LHJMQ?

Photo fournie par les Saguenéens de Chicoutimi
Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2026-03-27T04:00:00Z
2026-03-27T04:10:00Z

Partager

SAGUENAY | Elle est difficile à manquer : à l’entrée même de Chicoutimi, une imposante affiche aux couleurs des Saguenéens où on lit en grosses lettres : « Défendons nos couleurs ». Au même moment où on aperçoit l’affiche, un véhicule nous dépasse, sur le boulevard Talbot, un drapeau aux couleurs des Sags bien accroché et virevoltant au vent.

• À lire aussi : Il a aidé les Cataractes à mettre fin à une disette de 53 ans et tentera maintenant d’aider les Sags à mettre fin à la leur

• À lire aussi : Un rêve de championnat anéanti par la COVID en 2020: « Ç’a été difficile, ça nous a maganés »

• À lire aussi : Le joueur qui a fait 100 points parce qu’il a compris que l’important... ce n’était pas les points

Ce fier partisan n’est pas le seul crinqué en ville. L’organisation a donné plus de 5000 drapeaux du genre à des amateurs depuis une semaine, afin de s’assurer que le Saguenay vibre au rythme de son équipe.

Son équipe qui, depuis 32 ans, attend désespérément le retour d’un championnat de la LHJMQ.

À la radio locale, le sujet de l’heure, à notre arrivée en ville, ce sont les problèmes du système de vente en ligne des billets pour les deux premiers matchs de la série de premier tour face aux Mooseheads d’Halifax.

Publicité

Le système xPayrience a planté deux jours de suite.

« Présentement, c’est plus facile d’entrer chez les francs-maçons que d’assister au premier match de la série des Sags », lance en ondes un animateur, désespéré.

Bon, on vous laisse juger de la comparaison, mais là n’est pas le point ! On n’a eu besoin que de cinq minutes, dès notre arrivée à Chicoutimi, mercredi midi, pour comprendre l’effervescence qui régnait en ville.

Jeudi, le problème était à moitié réglé et les quelque 1300 billets restants ont été mis en vente, à l’ancienne : premier arrivé, premier servi à la billetterie du centre Georges-Vézina. La billetterie ouvrait à 17h et, à 14h10, on voyait déjà les premiers amateurs s’installer afin de s’assurer de ne pas manquer leur chance.

Une longue séquence noire

Car les partisans des Sags mangent leur lot de pain noir depuis 32 ans. Le palais le plus fin, en matière de pain noir, il est à Chicoutimi.

Après des championnats de la LHJMQ en 1991 et en 1994, ils n’ont jamais goûté à l’euphorie de la victoire depuis. La plus longue séquence active dans la LHJMQ depuis que les Cataractes de Shawinigan ont mis fin à la leur en 2022, après 53 ans d’attente.

Les partisans de Saguenay ont été échaudés, tantôt par un actionnariat qui refusait d’investir les sommes nécessaires à la mise sur pied d’un réel plan gagnant, tantôt par des formations prometteuses qui n’ont pas rempli leurs promesses ou même par la COVID-19 qui est venue contrecarrer les plans de grandeur de l’équipe en 2020.

Publicité

Cette année, ce pourrait enfin être la bonne.

Depuis quatre ou cinq ans, le directeur général et entraîneur-chef de l’équipe, Yanick Jean, place méticuleusement les pièces d’un casse-tête qui a mené à la mise en place de l’une des meilleures formations, sur papier, que les Sags aient jamais présentées.

« Sur papier, pour moi, on n’a jamais eu un club de même. Dans les dernières années, on était souvent à un joueur près », nous lance Rénald « Neppy » Nepton, qui en est à sa 48e année avec l’équipe et qui, après avoir multiplié les rôles au sein de l’organisation, a été nommé directeur aux opérations hockey en 2015.

Le directeur des opérations hockey des Saguenéens de Chicoutimi, Rénald Nepton.
Le directeur des opérations hockey des Saguenéens de Chicoutimi, Rénald Nepton.

Mais, attention ! Un homme d’expérience comme « Neppy » a appris, au fil des ans, qu’il ne s’agissait pas que d’avoir une bonne équipe sur papier pour gagner.

« Ce que je dis, c’est qu’on a une chance. Par contre, ça fait 48 ans que je suis assis ici, j’ai gagné deux fois mais jamais la coupe Memorial. Est-ce qu’on va gagner cette année ? Je ne peux pas répondre à ça. Mais on s’est monté un bon club en se disant qu’on a une chance. »

« Comme une drogue »

Jean est débarqué à Chicoutimi en novembre 2014 et alors que l’organisation se trouvait en pleine tempête parce que le congédiement de l’entraîneur-chef Patrice Bosch et du directeur général Marc Fortier avait filtré dans les médias pendant un match... que Bosch dirigeait.

Publicité

Il avait alors promis qu’il ferait tout pour rapporter une coupe à Chicoutimi. Car il y était la dernière fois que c’est arrivé, en 1994, mais en tant que joueur.

Ça fait donc plus de 11 ans qu’il travaille en ce sens et qu’il doit composer avec les exigences du marché saguenéen, qu’il s’en fait parler chaque fois qu’il sort de chez lui...

« Depuis deux ans, ça va en augmentant », admet-il.

Photo fournie par les Saguenéens
Photo fournie par les Saguenéens

Le natif d’Alma sait pertinemment ce que représenterait un championnat pour les partisans des Sags.

« Je me souviens de deux choses quand je repense au championnat. Premièrement, la chimie de notre équipe. Certains de mes meilleurs amis dans la vie, 32 ans plus tard, faisaient partie de cette édition-là. Quand tu gagnes, tu crées des liens à tout jamais. Ensuite, ça devient une drogue parce que tu te rappelles comment les gens étaient dans la ville. C’était fou. Plus de 30 ans après, c’est ça qui reste. Il ne me reste pas le temps de glace, les statistiques, les buts comptés ou pas. Il me reste les liens, les individus et les souvenirs d’avoir rendu une population, une ville et une région fières. »

Les plus longues séquences sans championnat dans la LHJMQ

1. Saguenéens de Chicoutimi : 1994 (32 ans)

2. Prédateurs de Granby/Eagles du Cap-Breton : 1996 (30 ans)

3. Drakkar de Baie-Comeau : jamais gagné (28 ans)

4. Rocket de Montréal/Islanders de Charlottetown : jamais gagné (26 ans)

5. Fog Devils/Junior/Armada de Blainville-Boisbriand : jamais gagné (20 ans)

6. Olympiques de Gatineau : 2008 (18 ans)

7. Mooseheads d’Halifax : 2013 (13 ans)

8. Phoenix de Sherbrooke : jamais gagné (13 ans)

9. Foreurs de Val-d’Or : 2014 (12 ans)

10. Océanic de Rimouski : 2015 (11 ans)

11. Sea Dogs de Saint-Jean : 2017 (9 ans)

12. Titans/Régiment de Terre-Neuve : 2018 (8 ans)

13. Huskies de Rouyn-Noranda : 2019 (7 ans)

14. Tigres de Victoriaville : 2021 (5 ans)

15. Cataractes de Shawinigan : 2022 (4 ans)

16. Remparts de Québec : 2023 (3 ans)

17. Voltigeurs de Drummondville : 2024 (2 ans)

18. Wildcats de Moncton : 2025 (1 an)

Publicité
Publicité