Le joueur qui a fait 100 points parce qu’il a compris que l’important... ce n’était pas les points


Kevin Dubé
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SAGUENAY | Il y a quelque chose d’un peu paradoxal dans l’éclosion offensive de Maxim Massé cette saison.
À ses trois premières années dans la LHJMQ, le hockeyeur natif de Rimouski avait enchaîné des saisons de 62, 75 et 59 points (en 47 parties).
D’excellentes statistiques, mais qui n’ont rien à voir avec les 51 buts et les 102 points qu’il a réussis cette saison.
Et le paradoxe, il est simple : pour la première fois en trois ans, Massé a arrêté de se concentrer sur l’aspect strictement offensif de son jeu. Il a arrêté de penser que produire offensivement était la clé pour lui s’il désirait faire le saut dans la LNH un jour.
Résultat : 102 points, un sommet dans la LHJMQ.
« Quand je suis arrivé dans la ligue à 16 ans, mon style était plus celui d’un joueur complet. Par contre, à 17 et 18 ans, j’ai essayé de tricher la game un peu », a-t-il admis mercredi lors d’un entretien au centre Georges-Vézina.

Avoir un impact
De nombreuses discussions avec le personnel d’entraîneurs des Sags, mené par Yanick Jean, ainsi que les responsables du développement avec les Ducks lui ont permis de comprendre que peu de joueurs unidimensionnels parviennent à connaître une longue carrière professionnelle.
« J’ai compris qu’au prochain niveau, ce ne sera pas automatique d’avoir du temps de jeu sur l’avantage numérique et dans un rôle offensif. J’essaie donc de peaufiner mon jeu pour être plus complet et pouvoir jouer dans toutes les situations. Les séries vont arriver et des matchs de 1 à 0, ça va arriver. Je veux être capable d’aider l’équipe même si je ne produis pas offensivement. »

C’est bien beau de le dire, mais il faut que le joueur fasse preuve d’assez de maturité et d’humilité pour le comprendre, l’accepter et l’appliquer. Et ce fut le cas de Massé.
« Quand tu regardes son différentiel [de +62], ce n’est pas de la chance. Il a amélioré son désir de bien faire les choses défensivement, ce qui lui permet de récupérer plus de rondelles et d’être une menace constante.
« Ça fait plusieurs années qu’on travaille ça avec lui et c’est tout à son honneur parce qu’il l’a compris plus vite que plusieurs autres », estime Yanick Jean.
Un été productif
Massé a aussi passé le dernier été à Québec à s’entraîner au PEPS de l’Université Laval en compagnie de plusieurs joueurs professionnels, dont Phillip Danault, ainsi que de son coéquipier avec les Sags et capitaine de l’équipe, Emmanuel Vermette.
« Il a commencé à s’entraîner avec moi, c’est pour ça [qu’il a fait 100 points] », nous a lancé Vermette en riant.
Plus sérieusement, il rend beaucoup de crédit à son partenaire de trio pour l’effort déployé à l’entraînement.
« Je le trouvais très sérieux. On a beaucoup travaillé le jeu de pieds et ç’a paru. Il a toujours été capable de la mettre dedans, mais là, il est capable d’amener du jeu physique, de la vitesse et il est capable d’aller récupérer des rondelles. »