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«Je me disais: “Mais qu’est-ce qui se passe?”»: échangé en plein match, Jakob Pelletier raconte comment il a vécu la transaction avec les Flyers

Photo d'Archives, Getty Images via AFP
Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2025-02-06T00:00:00Z

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Jakob Pelletier et les Flames de Calgary venaient de rentrer dans leur vestiaire du Scotiabank Saddledome, en retard 1-0 face aux Ducks d’Anaheim, quand un membre du personnel y a fait irruption. «Pelts, l’entraîneur veut te voir», lui a-t-il lancé. 

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L’attaquant québécois venait de jouer 5 min 22 s en première période, à l’aile du premier trio complété par Jonathan Huberdeau et Nazem Kadri. Il se dirigeait vers un quatrième match de suite avec plus de 15 minutes de temps d’utilisation.

Les choses commençaient enfin à débloquer pour lui, avec l’équipe qui l’avait réclamé en première ronde en 2019.

«Je me suis dit, j’ai fait une petite erreur et le coach veut me montrer une vidéo, comme ça arrive souvent. Je suis rentré dans le bureau et l’entraîneur [Ryan Huska] m’a amené dans une autre pièce, à part. Quand il a ouvert la porte, le directeur général [Craig Conroy] était là. Dès que je l’ai vu, je le savais. Il n’avait pas besoin de rien dire: je venais d’être échangé», a-t-il raconté lors d’un entretien téléphonique avec Le Journal, mercredi.

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Il avait vu juste. En plein match, Conroy venait de conclure un troc avec les Flyers pour faire l’acquisition de Morgan Frost et Joel Farabee.

«Ils m’ont dit: “Reste dans le bureau jusqu’à ce que les gars retournent sur la glace, pour ne pas les déconcentrer”.»

Une suite émotive

Les joueurs des Flames sont par la suite retournés sur la patinoire, Pelletier a quitté le bureau et est retourné s’asseoir à son casier, dans un vestiaire vide.

«J’étais quand même shaké. Je me disais: “Mais qu’est-ce qui se passe?” Des fois, tu t’y attends, mais là, je ne m’y attendais vraiment pas.»

Il a alors pris le téléphone et appelé ses parents et ses deux frères pour leur annoncer la nouvelle. Ironie du sort, un ami de Québec avait fait le voyage pour Calgary afin de le voir jouer.

«Je l’ai appelé et il m’a dit: “Voyons, t’es où?” Quand je lui ai dit que j’avais été échangé, il était sûr que je le niaisais.»

L’ailier gauche de 23 ans a par la suite vidé son casier et est retourné dans sa voiture, mais pas question de partir.

«Je me suis assis dans mon auto jusqu’à ce que le match finisse. Je tenais à aller saluer les gars. Ils le savaient, mais ç’a été quand même émotif. Je suis un gars qui tient beaucoup à ses coéquipiers et à l’équipe, donc c’était triste de leur dire au revoir. En plus, ils venaient de gagner, donc il y avait un mélange d’émotions.»

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Huberdeau, un mentor

Le moment a été particulièrement émotif quand ce fut le temps de saluer Huberdeau, qui l’avait pris sous son aile à son arrivée à Calgary il y a un peu plus de deux ans.

«Je suis un gars émotif et lui aussi. Ç’a rendu ça encore plus tough. Huby, ç’a été un mentor pour moi et mon meilleur ami pendant deux ans et demi. Quand je suis arrivé dans la LNH, il m’a traîné partout et on soupait ensemble quasiment tous les soirs. Il m’a aidé à me sentir bien dans la LNH. Le gars, c’est un all-star, donc j’essayais d’apprendre le plus possible de lui. Il m’a beaucoup appris et je lui en serai toujours reconnaissant.»

Pelletier n’a d’ailleurs toujours pas été en mesure de se rendre à Philadelphie. En attente de son visa, il espère être en uniforme pour le match des Flyers, jeudi soir, alors que les Capitals de Washington seront en visite au Wells Fargo Center.

Nouveau départ

Il a donc eu beaucoup de temps, depuis jeudi dernier, pour réfléchir à la situation. Des discussions avec le directeur général Daniel Brière et l’entraîneur-chef John Tortorella l’ont réconforté.

«Sur le moment, tu te demandes ce qui est en train de se passer. Avec du recul, je me dis qu’il y a un club qui m’aimait et qui est allé me chercher pour les aider.»

Une fleur, après tout, après l’affront de ne pas avoir été réclamé lorsque les Flames l’avaient placé au ballottage lors du dernier camp d’entraînement.

«Quand j’y repense, il y a trois mois, j’étais au ballottage et gratuit pour tout le monde. Ça me rend fier parce que j’aurais pu décider de bouder, mais j’ai décidé de prouver que je pouvais jouer de façon régulière en haut. Je suis redevenu le même joueur que j’étais et ç’a fait en sorte qu’une équipe a voulu aller me chercher.»

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