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Le Canadien a-t-il manqué le bateau avec Jakob Pelletier?

Photo d'Archives, Getty Images via AFP
Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2025-02-01T00:00:00Z

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En voyant la transaction entre les Flyers de Philadelphie et les Flames de Calgary, une question m’est automatiquement venue en tête: le Canadien a-t-il manqué le bateau en ne réclamant pas Jakob Pelletier alors qu’il était offert, gratuitement, à toutes les équipes de la LNH? 

Rappelons qu’après un camp difficile en début de saison, les Flames ont décidé de le soumettre au ballottage dans le but de le renvoyer dans les mineurs, avec les Wranglers de Calgary.

Et aucune des 31 formations du circuit Bettman ne l’a réclamé.

Ça lui a fait mal. Je lui ai parlé, quelques heures après son renvoi dans les mineurs en début de saison. Il était fâché, ça se sentait. Évidemment, il n’allait pas planter son équipe publiquement, mais on voyait qu’il en avait gros sur le cœur.

Et qu’est-ce qu’il a fait par la suite? Il s’est relevé les manches. Il aurait pu s’apitoyer sur son sort, demander une transaction aux Flames et attendre un nouveau départ. Mais il ne l’a pas fait.

Non, il est retourné au boulot dans le but de les forcer à le rappeler.

Et c’est ce qui est arrivé. Il a été rappelé, puis est vite redevenu un joueur important des Flames.

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Manifestement, sa valeur a monté. Les Flames ont quand même obtenu deux anciens choix de première ronde, dont un centre, Morgan Frost, ce qu’ils cherchaient depuis un bon moment, et la pièce maîtresse de cette transaction est Pelletier. Andrei Kuzmenko sera agent libre sans compensation à la fin de la saison et il connaît une saison plus que difficile.

Avant d’être échangé, Pelletier jouait en moyenne 16 min par rencontre.

Culture

En le réclamant, le Canadien aurait mis la main sur ce genre de joueur. Le type qui n’abandonne jamais. Le genre de joueur qui va tout donner pour le bien de l’équipe.

J’ai couvert Pelletier pour la première fois en 2013 lorsqu’il avait éclipsé la compétition au Tournoi international de hockey pee-wee pour aider les Citadelles de Québec à l’emporter dans la classe AA. Je l’ai ensuite couvert au niveau midget AAA (aujourd’hui M18), je l’ai suivi durant une année complète lors de son année de repêchage en 2019 pour documenter cette année charnière d’un espoir de premier plan, j’étais au repêchage à Vancouver quand il a été réclamé par les Flames en première ronde, puis je l’ai couvert au Mondial junior et lors des séries de 2021 dans la LHJMQ, lors desquelles il s’était incliné en finale, avec les Foreurs de Val-d’Or, face aux Tigres de Victoriaville.

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Et, chaque fois, Pelletier était l’un des coéquipiers les plus aimés dans le vestiaire.

L’une des images qui me reviennent le plus souvent en pensant à lui remonte à 2021. Équipe Canada venait de s’incliner en grande finale du Mondial junior face aux Américains, et les joueurs du Canada étaient tous assis au sol, sauf un: Pelletier, qui passait voir chacun d’entre eux pour leur servir une accolade et tenter de s’assurer qu’ils sortent la tête haute.

Quand on parle de bâtir une culture gagnante, c’est avec des joueurs comme Jakob Pelletier que tu le fais.

Où aurait-il joué?

Évidemment, il est facile de dire que le CH aurait dû le réclamer. Il y a plusieurs facteurs à prendre en considération. L’équipe compte sur beaucoup d’attaquants et devra, un jour, faire de la place aux Owen Beck, Joshua Roy, Ivan Demidov et Michael Hage, entre autres. 

Pelletier connaissait aussi des moments difficiles depuis plusieurs mois, et il est plutôt rare que des joueurs soumis au ballotage lors de cette vague de fin de camp d'entrainement sont réclamés.

C'est vrai mais, peu importe.

Tu as besoin de joueurs comme Pelletier si tu veux gagner. Un jour, Christian Dvorak, Brendan Gallagher et Josh Anderson ne feront plus partie des plans. Avec Pelletier, tu avais un attaquant capable de jouer un peu partout dans l’alignement, gratuitement ou presque (il gagne 800 000$ cette saison). À 23 ans, il commence à peine à éclore après que plusieurs blessures ont ralenti sa progression depuis ses débuts professionnels.

Un couteau suisse

Sera-t-il une vedette offensive dans la LNH? Probablement pas. Mais il pourra complémenter à peu près n’importe quel joueur, dans n’importe quel rôle. Honnêtement, il aurait pu être un très bon complément à Kirby Dach et Patrik Laine, cette saison, autant qu’il aurait été utile dans un rôle d’énergie et de soutien.

Et, en plus, il est québécois. Ça va déplaire à certains mais, à Montréal, ça compte, dans l’équation. Le CH en a trop souvent vu leur filer entre les doigts, au fil des ans, de bons Québécois que personne d’autre ne voulait. Parlez-en aux Yanni Gourde, Jonathan Marchessault et compagnie.

Il avait l’occasion d’en réclamer un autre, gratuitement.

Maintenant, c’est à Philadelphie que Pelletier tentera de faire ce qu’il a toujours fait: faire taire ceux qui n’ont pas cru en lui.

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