S’ils prennent le pouvoir, les conservateurs adopteront une loi obligeant le gouvernement à trouver un dollar d’économie pour chaque dollar dépensé, une mesure qui manque de souplesse aux yeux d’un économiste.
• À lire aussi: Décès de la reine: Legault suspend sa campagne
• À lire aussi: Impôt supplémentaire pour les millionnaires: «On ne reculera pas», affirme Nadeau-Dubois
• À lire aussi: PSPP qualifie les propos de Legault «d’inappropriés» mais refuse de les condamner
La loi que propose Éric Duhaime limiterait les dépenses en exigeant du gouvernement qu’il trouve des fonds pour des nouvelles mesures dans les budgets existants plutôt que d’augmenter la dette et les impôts, à l’instar d’une mesure mise de l’avant par le candidat à la chefferie du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre.
Le chef conservateur en a fait l’annonce jeudi au Palais des congrès de Montréal, dans une allocution devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
Cette loi exempterait le financement dans les situations d’urgence et les augmentations budgétaires déjà prévues. «Mais les nouvelles mesures de dépenses qui n’ont pas été budgétées, elles vont nécessiter des économies correspondantes ailleurs dans notre budget», a signalé le chef conservateur.
Éric Duhaime estime qu’une telle loi enverrait un bon signal dans le contexte de la hausse du coût de la vie. «Le gouvernement donnerait l’exemple, il se serrerait la ceinture [...]. Les taux d’intérêt ont augmenté, les Québécois vont devoir se serrer la ceinture eux aussi.
Un tel contrôle des dépenses de l’État permettrait au Québec de revenir rapidement à l’équilibre budgétaire, croit le chef conservateur, qui n’a toutefois pas précisé en combien de temps il pense être en mesure d’y arriver.
Un gouvernement du PCQ s’engagerait également dans un vaste chantier visant à réduire la bureaucratie. «Les PME croulent sous un masse de réglementation qui les étouffe et qui nuit à l’économie, a déploré Éric Duhaime. Ce chantier analyserait le rapport coût bénéfice des réglementations et éliminerait celles qui nuisent sans apporter de bénéfices tangibles.»
«On veut réduire la bureaucratie, et permettre l’éclosion de plus de concurrence pour le bénéfice des consommateurs», a-t-il poursuivi.
Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?
Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?
Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.
Manque de souplesse
Selon certains économistes, les mesures visant à fixer toute augmentation des dépenses gouvernementales ont souvent le défaut de manquer de flexibilité.
«Ce qui compte, ce ne sont pas tant les dépenses du gouvernement en termes de dollars, estime Florian Mayneris, professeur au département ses sciences économiques de l’UQAM. Il vaudrait mieux dire que les dépenses gouvernementales ne devraient pas dépasser plus qu’une certaine proportion du PIB.»
C’est que le gouvernement doit se garder de la marge de manœuvre pour dépenser en cas de besoin, par exemple pour des situations d’urgence, comme le prévoit la proposition des conservateurs, ou encore pour la réalisation de projets d’infrastructures. La question de savoir ce que ferait le gouvernement en situation de surplus budgétaire se pose également, selon M. Mayneris.
«Pourquoi forcer toujours le gouvernement à économiser et à réduire la dette? Si demain, la croissance au Québec est importante et que l’État a plus de revenus, pourquoi ne pourrait-il pas dépenser une partie de ces revenus supplémentaires pour offrir de meilleurs services aux citoyens?» s’interroge-t-il.
