Du SuperBowl et à une équipe... Atome B

Benoît Rioux
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Avant le dernier Super Bowl, le préparateur mental Jean-François Ménard offrait ses conseils à Laurent Duvernay-Tardif, puis cet été, il devait accompagner de nombreux athlètes aux Jeux olympiques de Tokyo.
Au lieu de ça, en raison de la pandémie de COVID-19 et du report des Jeux, il a mis ses compétences au service d’une équipe de baseball mineur, à Laval, obtenant des résultats inespérés.
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«Que l’on s’adresse à des jeunes de 6-7 ans ou à des athlètes olympiques, ce sont un peu les mêmes techniques, mais il faut les expliquer différemment», résume Ménard, visiblement fier du parcours réalisé avec les Red Sox de Laval-Est, avec lesquels évoluaient notamment son fils Niko.
Même s’ils étaient opposés à des joueurs plus vieux, les Red Sox ont bouclé la période estivale sans subir un seul revers. Fiche de 13 victoires, aucune défaite et un verdict nul en saison régulière, puis quatre victoires supplémentaires lors des finales régionales pour être couronnés champions Atome B. On parle pourtant de joueurs qui, au départ, devaient évoluer dans la catégorie «tee-ball».
«Ç’a vraiment été une saison de rêve, a décrit Ménard, rendant d'abord et avant tout hommage aux jeunes joueurs. Quand on prend un athlète, il faut diriger ses pensées vers le succès et il devient aussitôt beaucoup plus confiant.»
Visualiser sans le savoir
Partageant le crédit avec les autres entraîneurs de l’équipe, le préparateur mental a des tonnes d’exemple pour illustrer les techniques qu’il a utilisées au cours de la récente saison des Red Sox.
«Nous avions un frappeur qui claquait souvent des flèches à l’arrêt-court ou au troisième but. Avant une présence au bâton, je lui ai demandé où il souhaitait frapper la balle. Il m’a d’abord répondu de l’autre côté de la clôture. On a proposé d’identifier un objectif plus réaliste et il a dit “par-dessus le joueur d’arrêt-court”. Je lui ai suggéré d’imaginer le coup sûr dans sa tête. Le jeune n’avait alors aucune idée que je lui demandais de faire de la visualisation, mais il s’est présenté au bâton et il a frappé avec force directement au-dessus du joueur d’arrêt-court.»
La petite histoire veut que le jeune joueur aurait eu le temps de réussir un circuit à l'intérieur du terrain sur la séquence. Or, il était tellement émerveillé par ce qui venait de se passer qu’il s’est arrêté momentanément au premier coussin en regardant Ménard avant de poursuivre au deuxième but pour se contenter d’un double.
Le préparateur mental, également auteur du livre «L’olympien au bureau» paru en 2019, en rit de bon coeur.
L’art de la concentration étroite
Ménard vient partager un autre concept qu’il a précédemment appliqué auprès des Duvernay-Tardif, Mikaël Kingsbury (ski acrobatique), Antoine Valois-Fortier (judo), Marie-Ève Dicaire (boxe) et autres clients.
«Si je prends l’exemple de Laurent et du Super Bowl, il y avait beaucoup de distractions autour de cet événement. Au lieu de voir trop large, on suggère aux athlètes d’avoir une concentration étroite. Dans le cas de Laurent, le but était de se concentrer uniquement sur le gars en face de lui et à l’endroit où il allait mettre sa main pour bloquer son adversaire. Cet été, au baseball mineur, je proposais aux jeunes, à la place de dire “regarde bien la balle”, ce qui est un peu large, de viser une couture en particulier sur la balle. Et ça fonctionnait!»
Tout récemment, Ménard s’est assis avec les autres entraîneurs afin de faire le bilan d’un été qui restera à jamais gravé dans leur mémoire.
«Notre constat, c’est qu’on a aussi beaucoup appris de ces "kids"-là, a noté le préparateur mental. Nous avions établi des règles au départ pour qu’ils deviennent de meilleurs joueurs, mais surtout de meilleurs êtres humains. Il fallait arriver à l’heure, avoir une bonne attitude, être respectueux envers les autres et encourager ses coéquipiers.»
C’est sans doute en observant eux-mêmes ces mêmes règles que Ménard et les autres entraîneurs ont offert aux jeunes des Red Sox de Laval-Est une saison inoubliable.