Canadiens de Montréal

Le gros attaquant que recherchait Bergevin?

Publié | Mis à jour

Dylan Holloway avait 15 ans lorsque Tony Granato l’a vu pour la première fois en chair et en os sur une patinoire. L’entraîneur-chef des Badgers du Wisconsin a beaucoup de vécu dans le monde du hockey, mais il s’en souvient comme si c’était hier.

On n’oublie jamais un coup de foudre. 

«C’était au camp du Steel de Chicago dans la USHL. Je sautais de joie, littéralement, devant ce que je voyais», a raconté l’ancien attaquant des Kings de Los Angeles lors d’un entretien avec le TVASports.ca. 

Aux yeux de ceux qui ne l’auraient pas vu à l’œuvre, Holloway n’est pas l’espoir le plus sexy en prévision du repêchage de 2020. Jouer dans la NCAA à 17 ans l'a empêché d'empiler les points. Mais il ne faut pas se méprendre : ce jeune homme aux qualités athlétiques alléchantes a un potentiel des plus fascinants. 

Le directeur général des Canadiens de Montréal, Marc Bergevin, a avoué qu’il aimerait bien faire l’acquisition d’un gros bonhomme capable de produire à l’attaque. Le hic, c’est que ce genre de joueur est rarement offert par les autres équipes. Il faut les repêcher. C’est pourquoi il serait mal avisé d’exclure Holloway parmi les options du CH au 16e rang. 

L’Albertain de 6 pi 1 po et 203 lb est déjà extrêmement mature physiquement. Lorsqu’on observe ses séquences, on est frappé par la puissance de ses enjambées. 

«La première fin de semaine de la saison, il jouait contre des gars de 23 et 25 ans de l’Université Columbia. Ils essayaient de le rudoyer, mais il absorbait toutes les mises en échec», a mentionné Granato. 

Ce n’est pas tout le monde qui est en mesure d’évoluer dans la NCAA à un si jeune âge, mais pour un athlète aussi spécial qu’Holloway, cela allait de soi. Il a sué à grosses gouttes dans le gymnase pour préparer son corps. 

«Certains joueurs ne sont pas capables de s’auto-évaluer et ce sont ceux qui plafonnent, a noté Granato. À l'inverse, les joueurs qui peuvent identifier ce qu’ils doivent continuer à améliorer pour grandir sont ceux qui se rendent loin. Dylan a compris à un jeune âge l’importance de la puissance au niveau du bas du corps et des muscles abdominaux. Il fait tout un travail pour être prêt à jouer dans la NCAA. Il a été capable de supporter la charge de travail et cela lui permettra de s’acclimater rapidement aux rigueurs du hockey professionnel.»

En hausse    

Les statistiques d’Holloway ne vous feront pas tomber de votre siège : 17 points (8 buts, 9 aides) en 35 matchs avec l’Université du Wisconsin. Cette récolte doit toutefois être remise en contexte. 

«Au début de l’année, les statistiques ne rendaient pas justice au nombre de chances de marquer qu’il générait sur la patinoire, a expliqué Granato. Parfois, tu es nerveux à un jeune âge lorsque vient le temps de compléter les jeux. Lors d’un match contre l’Université du Michigan, il avait été impliqué dans neuf chances de marquer de grande qualité, c’est-à-dire qu’il les avait obtenues ou il les avait créées. Mais il n’a obtenu aucun point, car le gardien adverse a connu un grand match et nous a blanchi. Si tu n’as pas eu la chance de voir ce match, tu dois y jeter un coup d'oeil...» 

Vers la fin de la saison, Holloway avait pris ses aises, amassant neuf points à ses 10 derniers matchs. 

«Au fur et à mesure que la saison avançait, il a gagné en confiance, il était plus détendu et il a appris à se créer un peu plus de temps et d’espace dans les zones dangereuses, a observé son entraîneur. Tu l’as vraiment vu décoller. Mais au final, il fabriquait autant de jeux au début de l’année que vers la fin.» 

Sturm... ou Toews!    

Voir son poulain tenir son bout contre des adultes amène Tony Granato à replonger dans ses souvenirs de 1997, à l’époque où il jouait avec les Sharks de San Jose. Il faisait alors la connaissance du jeune Marco Sturm, un espoir prometteur.

«Il avait 18 ans au camp d’entraînement. Il était solide sur ses patins, endurant, un peu comme Holloway», s’est-il remémoré. 

«Sturm, c’est son plancher, a-t-il poursuivi. Son plafond, c’est Jonathan Toews. Holloway est un joueur de centre responsable qui, en développant son jeu offensif, finira par avoir un impact au sein de son équipe comme Toews à Chicago.»

Granato s'inscrit en faux avec les experts qui voient en Holloway un futur joueur de troisième trio, et rien de plus.

«Son potentiel est vraiment élevé. Avec sa puissance et son talent, il pourrait certainement devenir un marqueur de premier plan dans la Ligue nationale», a soutenu l'homme de hockey.

Alex Turcotte, K’Andre Miller et Wyatt Kalynuk ayant levé les feutres, Holloway occupera une place plus importante au sein de l’avantage numérique des Badgers la saison prochaine. Granato continuera de l’employer tant à l’aile qu’au centre, de sorte qu’il puisse s’adapter à l’équipe qui le repêchera.

«Je crois qu’il est un joueur de centre, mais j’estime qu’il peut être solide à l’aile également, a indiqué le pilote de 56 ans. Si les Penguins de Pittsburgh le sélectionnent, il sera un ailier. Si un club avec une faible profondeur au centre le choisit, voilà ton centre pour les 15 prochaines années.»

Pour Marc Bergevin, ce serait plutôt : voici ton attaquant de puissance.