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Discours de Mark Carney: l’administration Trump est «en mode vengeance et humiliation», selon Emmanuelle Latraverse

TVA Nouvelles

2026-01-28T00:02:12Z

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Mark Carney a volé la vedette avec son discours à Davos la semaine dernière, ce qui n’aurait pas plu à Donald Trump qui chercherait désormais à renverser la vapeur en sa faveur, avance Emmanuelle Latraverse.

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«Le président américain a quitté Davos humilié en débarquant là-bas avec ses gros sabots, faisant croire qu’il s’appropriait le Groenland par la force ou par l’achat. Il est reparti avec une entente qui aurait pu être négociée en 24 heures. Et c'est de Mark Carney dont toute la planète a parlé», a constaté l'animatrice lors du segment La Joute des analystes, sur les ondes de LCN, mardi soir.

Dans son discours, Mark Carney a d’ailleurs appelé les «moyennes puissances» à s’unir face aux superpuissances qui utilisent les droits de douane «comme un levier» dans les négociations commerciales, une prise de position qui aurait accentué l’irritation du président américain.

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Dans ce contexte, les deux dirigeants ont eu un appel lundi afin de discuter de l’accord que le Canada a signé avec la Chine, en plus de plusieurs autres enjeux géopolitiques.

Or, selon le secrétaire au Trésor des États-Unis, Scott Bessent, le premier ministre canadien aurait tenté de se rétracter par rapport à ses propos tenus en Suisse, une interprétation que Mark Carney a formellement niée mardi.

«[L’administration Trump] est en mode vengeance, humiliation, essayer de faire croire que les États-Unis ont encore le haut du pavé, a poursuivi Mme Latraverse. Donc on prend un appel qu'a initié lui-même M. Trump et on l'interprète à la sauce Trump, qui est toujours la même: les gens à qui il parle au téléphone s'inclinent devant sa grandeur.»

MEGA/WENN
MEGA/WENN

L’analyste politique dit d’ailleurs avoir davantage tendance à croire la version du premier ministre canadien.

«M. Carney a remis les pendules à l'heure en disant: "Calmez-vous. Il n'y a pas d'accord de libre-échange avec la Chine. On fait ce qu'on doit faire: chercher de nouveaux accords ailleurs dans le monde, mais on va être là pour négocier la suite de l'accord de libre-échange"», a-t-elle paraphrasé.

Toutefois, un élément vient fragiliser la version du premier ministre, selon l’animateur Paul Larocque: le fait que son gouvernement n’ait pas annoncé publiquement la tenue de cet appel avec Donald Trump.

«Il y avait deux surprises là-dedans: le contenu et l'interprétation que le secrétaire Bessent en a faite, mais aussi le fait que ces deux-là se soient parlé pendant une trentaine de minutes — ce qui n'est pas banal dans le contexte actuel. Et en temps normal, compte tenu de tout ce qui se passe et de l'intérêt, voire de l'angoisse de la population par rapport à nos relations avec Trump, je pense que le premier ministre aurait dû, par souci de transparence élémentaire, le communiquer. Mais quand même, on se retrouve dans une situation où l’on est obligé de jouer à qui dit vrai», a soutenu l’animateur sur les ondes de LCN.

Voyez l’intégralité de La Joute des analystes dans la vidéo ci-haut.

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