«Je pensais ce que j’ai dit à Davos», répète Mark Carney au sujet de son appel avec Trump
Agence QMI et Raphaël Pirro
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OTTAWA | Mark Carney nie s’être rétracté sur son discours à Davos lors d’un appel avec le président Donald Trump, une version des faits qui contredit celle du secrétaire américain du Trésor, Scott Bessent.
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«Pour être absolument clair, et c’est ce que j’ai dit au président, je pensais ce que j’ai dit à Davos», a dit le premier ministre en mêlée de presse mardi matin.
C’est Donald Trump qui a appelé, M. Carney lundi soir, et non l’inverse, selon le premier ministre canadien.
Le fond du discours au Forum économique mondial la semaine dernière était «clair»: il portait sur un «éventail plus large d’enjeux» qui transforment le monde, et le Canada est «l’une des premières nations» à avoir compris où s’en allaient les choses.
M. Carney réagissait aux propos tenus la veille par Scott Bessent, selon qui M. Carney aurait, lors de sa discussion avec le président, réfuté certains passages de son discours de la semaine dernière, dans lequel il évoquait une «rupture de l’ordre mondial».
«J’étais aujourd’hui dans le Bureau ovale avec le président. Il s’est entretenu avec le premier ministre Carney, qui est revenu de manière très agressive sur certaines remarques malheureuses qu’il avait faites à Davos», a dit M. Bessent en entrevue à Fox News en soirée hier.
Appelée à commenter ces propos, la ministre Mélanie Joly assure que «le premier ministre maintient ce qu’il a dit» au Forum économique mondial de Davos.
«Non seulement il a dit la vérité, mais je pense qu’il a dit une vérité que les Québécois et les Canadiens savaient déjà, dans le sens où [...] on l’a ressenti beaucoup plus en avance du reste du monde», a-t-elle ajouté.
À Davos, M. Carney avait invité les puissances moyennes du monde à collaborer afin de mieux résister aux diktats des grandes puissances, qui hésitent de moins en moins à abuser de leurs pouvoirs pour en imposer. Cela était une critique à peine voilée contre les agissements de la Maison-Blanche.
M. Carney affirme avoir expliqué à Donald Trump lundi soir «notre arrangement avec la Chine» et «ce que nous faisons avec nos 12 nouveaux accords commerciaux sur quatre continents en six mois».
«Il a été impressionné, a-t-il ajouté. [Nous avons aussi discuté] de ce que nous allons faire dans le futur, ainsi qu’avec l’ACÉUM. M. LeBlanc a eu des discussions avec son homologue américain au cours des dernières 36 heures.»
Le président Trump a récemment menacé le Canada de doubler les tarifs sur les importations canadiennes si le gouvernement Carney signait une entente de libre-échange avec la Chine.
Les deux chefs d’État ont aussi évoqué l’Ukraine, le Venezuela et la sécurité de l’Arctique lors de leur appel.