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Des succès, des échecs et des reculs: 10 choses à retenir des deux mandats de François Legault à la tête du gouvernement

Marc-André Gagnon et Patrick Bellerose

2026-01-14T21:21:27Z
2026-01-14T21:32:33Z

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Après avoir marqué l’histoire en 2018 en mettant fin à l’alternance entre péquistes et libéraux au pouvoir, le chef caquiste François Legault a été réélu au sortir de la pandémie avec une majorité écrasante. Même s’il avait les coudées franches pour concrétiser ses promesses, ses échecs et ses reculs ont porté ombrage aux succès obtenus pendant ses deux mandats à la tête du gouvernement.

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Le troisième lien de la discorde

François Legault peut se targuer d’avoir dirigé la première formation politique à avoir pris à bras-le-corps la promesse d’un troisième lien entre Québec et Lévis.

Photo Agence QMI, Simon Clark
Photo Agence QMI, Simon Clark

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Ce qui s’était d’abord présenté comme une promesse populaire est rapidement devenu une véritable épine au pied de la CAQ, qui a longuement tergiversé: pour les voitures, exclusif au transport collectif, pour les camions lourds, à l’est, au centre... La dernière mouture de pont-tunnel central ne soulève pas les passions et tout ce dossier aura coûté cher en crédibilité à François Legault et sa bande.

La pandémie et le bon père de famille

En jouant la carte du bon père de famille pour affronter la pandémie, François Legault a atteint des sommets de popularité.

Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD
Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD

Il doit une partie de ce succès à la visibilité obtenue lors des points de presse quotidiens mis en place dès mars 2020, où aux côtés de son directeur national de santé publique, il faisait le point sur la situation. Malgré la grogne soulevée par les derniers reconfinements, il a récolté les fruits de sa gestion de la crise en remportant 90 sièges aux élections de 2022.

Des départs et des défaites

Contrairement à son premier mandat au gouvernement, où une seule députée a claqué la porte (Claire Samson), le second est marqué par plusieurs départs.

Photo Simon Clark
Photo Simon Clark

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La députée de Jean-Talon Joëlle Boutin plonge la CAQ dans une spirale descendante en démissionnant à l’été 2023. Le Parti Québécois s’empare de son comté.

Exploit répété lors d’une partielle dans Terrebonne provoquée par la démission du superministre Pierre Fitzgibbon et dans Arthabaska.

Des caquistes mécontents ont aussi quitté le caucus, comme Christian Dubé, Lionel Carmant, Maïté Blanchette Vézina et Youri Chassin, alors que d’autres ont été exclus dans la controverse, comme Pierre Dufour, Isabelle Poulet et François Tremblay.

Une loi sur la laïcité et une loi 101 «2.0»

Réclamée depuis la commission Bouchard-Taylor, la Loi sur la laïcité de l’État, adoptée en juin 2019, interdit le port de signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité. Présentée comme un compromis face à la Charte des valeurs du gouvernement Marois, la loi 21 fait maintenant largement consensus dans la population.

Avec sa «nouvelle loi 101», le gouvernement Legault est venu renforcer la protection du français au Québec, même si les principaux groupes de pression sont demeurés sur leur faim. Parmi les principales mesures, la CAQ a imposé un plafond d’inscriptions dans les cégeps anglophones et a exigé des cours de français supplémentaires, en plus d’obliger la prédominance du français dans l’affichage des noms de commerce.

Fini, les commissions scolaires

Dès son arrivée au pouvoir, la CAQ a aboli les commissaires scolaires dans le réseau francophone, souvent élus avec des taux de participation anémiques. Les commissions ont ainsi été remplacées par des centres de services scolaires, chargés de la gestion de leur territoire. Après une contestation judiciaire, les postes de commissaires ont été conservés dans le réseau scolaire anglophone.

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Le festival des hausses de salaire

Juste avant de négocier le renouvellement des conventions collectives avec le Front commun de la fonction publique, les élus se sont voté une hausse de salaire immédiate de 30%. Les employés de la fonction publique, eux, ont obtenu en moyenne 17,4% sur cinq ans.

Affrontement avec les médecins et les syndicats

L’affrontement avec les médecins de famille cet automne a visiblement eu raison du premier ministre. Alors qu’il tentait de relancer son gouvernement, son très populaire ministre de la Santé a lui-même désavoué l’entente signée avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec en claquant la porte du parti. Sur un autre front, une guerre ouverte était aussi lancée avec les syndicats, qui n’ont pas encore dit leur dernier mot contre les réformes de la CAQ.

La filière batterie et l’échec de Northvolt

Après un printemps et tout un été marqués par le scandale SAAQclic, le gouvernement Legault a dû mettre fin en septembre dernier au projet Northvolt en Montérégie.

Capture d’écran TVA Nouvelles
Capture d’écran TVA Nouvelles

Le projet d’usine de batteries de 7G$, qui devait être «le plus grand investissement privé de l’histoire récente du Québec», vire au gâchis. Les contribuables y auront perdu au moins 270M$.

Un coup dur pour la filière batterie de François Legault, qui ambitionnait de faire du Québec la «batterie verte» de l’Amérique du Nord, en plus d’interdire la vente de véhicules à essence dès 2035. Autre recul ici: la CAQ inclut désormais les voitures hybrides rechargeables dans sa cible, réduite à 90%.

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En quête des pouvoirs en immigration

Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais François Legault n’aura jamais réussi à convaincre Ottawa de redonner au Québec des pouvoirs en immigration.

Le chef caquiste s’est notamment buté à Justin Trudeau, avec qui il s’est querellé en raison de l’arrivée massive de migrants illégaux en sol québécois, avec tous les coûts sociaux qui vont avec.

À toutes les élections, le chef caquiste a fait de l’immigration un cheval de bataille, craignant entre autres la «louisianisation» du Québec.

Un déficit record de 12,4 milliards $

Grâce à de meilleurs revenus, le gouvernement Legault a pu réviser à 12,4G$ le déficit record de 13,6G$ annoncé au printemps dernier.

Son ministre des Finances, qui avait été rebaptisé le «ministre des Nordiques» en raison de ses démarches (infructueuses) effectuées auprès de la LNH pour ramener une équipe à Québec, n’a pas aidé à sa cause en accordant 5M$ de subventions à Gestev pour tenir des matchs des Kings de Los Angeles au Centre Vidéotron.

François Legault a depuis reconnu que c’était une erreur, qui a contribué à plomber ses appuis dans les intentions de vote.

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