Guilbault, Fréchette, LeBel, Jolin-Barrette, Drainville ou Olivier Primeau: la CAQ devra se trouver un nouveau chef, qui deviendra PM du Québec

Geneviève Lajoie
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François Legault ayant annoncé sa démission, la CAQ doit maintenant se trouver un nouveau chef, qui deviendra premier ministre du Québec. Mais déjà, les noms des ministres Geneviève Guilbault, Christine Fréchette, Simon Jolin-Barrette, Sonia LeBel et Bernard Drainville ainsi que ceux des hommes d’affaires Olivier Primeau et Guy Cormier circulent pour lui succéder.
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Incapable de reconquérir le cœur des Québécois, le chef caquiste a jeté l’éponge mercredi et annoncé son retrait de la vie politique. François Legault restera en poste le temps que son parti lui trouve un remplaçant.
Et la course au leadership sera brève, vu l’échéance électorale. Elle devra se faire en moins de six mois. Le conseil exécutif de la CAQ doit se réunir dans les prochains jours pour définir les règles de la campagne, puisque la formation politique, dont le nom officiel est «CAQ Équipe François Legault», n’a jamais cru bon adopter une démarche pour remplacer son fondateur. Et avis aux intéressés: le prochain chef caquiste, qu’il soit déjà député ou non élu, prendra le siège de premier ministre.
Est-ce que le futur leader caquiste attendra la fin de l’été pour déclencher des élections ou plongera-t-il le Québec en campagne électorale au printemps, comme l’a fait MarK Carney au fédéral, question de couper l’herbe sous le pied de ses adversaires? À suivre.
Geneviève Guilbault
Il y a fort à parier que Geneviève Guilbault se lancera dans l’aventure, elle qui a longtemps occupé le poste de numéro deux du gouvernement. Selon plusieurs caquistes, l’actuelle ministre des Affaires municipales s’est concocté un cabinet de personnel politique tellement gros qu’il est digne d’une équipe de campagne à la direction. Signe qu’elle est la cible stratégique, ils étaient d’ailleurs nombreux mercredi à dénoncer son «intérêt mal dissimulé» pour le poste de chef. Elle pourrait donc avoir du vent de face. Déjà, mercredi, certains avançaient qu’un mouvement «anybody but Geneviève Guilbault» pourrait voir le jour. Sans parler du rapport Gallant sur le fiasco SAAQclic, dont le dévoilement est prévu en février, qui pourrait faire pâlir son étoile. Mais la députée de Louis-Hébert jouit d’une importante notoriété face à d’éventuels adversaires. Mère de deux jeunes enfants, elle répète ad nauseam qu’elle se fait la porte-voix du «vrai monde».
Christine Fréchette
Plus discrète, la superministre de l’Économie et de l’Énergie, Christine Fréchette, pourrait aussi tenter sa chance. Son téléphone ne dérougissait pas dans les minutes qui ont suivi l’annonce de François Legault. Dans une entrevue accordée à notre Bureau parlementaire cet automne, elle n’avait d’ailleurs pas exclu cette possibilité. C’est elle qui a succédé à Pierre Fitzgibbon et hérité des pots cassés après la malheureuse aventure Northvolt. Si elle pouvait compter sur plusieurs appuis au sein des troupes caquistes, la députée de Sanguinet est toutefois plutôt méconnue du grand public. Elle commencerait donc la course avec un déficit de notoriété face à Geneviève Guilbault, mais elle bénéficie de la faveur du premier ministre démissionnaire, selon nos informations.
Simon Jolin-Barrette
Le ministre de la Justice et des Relations canadiennes, Simon Jolin-Barrette, est aussi vu comme un dauphin de François Legault. Issu de l’aile plus nationaliste de la formation politique, il a longtemps porté les dossiers de la laïcité et du français, deux sujets phares de la CAQ. S’il décide de briguer la direction, c’est qu’il sera le seul aspirant chef représentant les «bleus» de la formation politique. Certains sont ainsi d’avis que Simon Jolin-Barrette ne peut être candidat au trône caquiste si un autre nationaliste de la trempe de Bernard Drainville se lance dans l’aventure. Plusieurs estiment aussi qu’il n’a pas démontré qu’il peut faire face à l’adversité en pleine tempête, n’ayant pas géré de crise majeure. Mais il progresse tout de même ces derniers temps au baromètre des politiciens favoris des Québécois.
Sonia LeBel
Ayant occupée des postes importants au sein du gouvernement Legault, la ministre Sonia LeBel pourrait aussi faire le saut, si elle a encore la piqûre de la politique. Dans une récente entrevue, celle qui chapeaute actuellement le ministère de l’Éducation se disait toujours en réflexion quant à son avenir politique et à la possibilité d’être candidate aux élections d’octobre prochain. Son passage comme procureure de la commission Charbonneau a fait d’elle une personnalité populaire chez les Québécois. Elle a aussi piloté les négociations du gouvernement pour le renouvellement des conventions collectives des employés de l’État. Elle est toutefois plus discrète depuis son arrivée à la tête du réseau scolaire.
Bernard Drainville
Dans une ancienne vie, Bernard Drainville a déjà voulu diriger un parti politique. Ex-candidat à la chefferie du Parti Québécois, l’actuel ministre de l’Environnement a quitté un boulot d’animateur à la radio pour revenir dans l’arène politique sous la bannière caquiste. Reste à voir s’il nourrit l’ambition de prendre la tête de la CAQ. Si son aura nationaliste séduit, il traîne quelques déclarations sulfureuses, comme «lâchez-moi avec les GES».
Olivier Primeau
Caquiste avoué et amateur de politique, l’influenceur Olivier Primeau apparaît aussi dans la liste des successeurs potentiels à François Legault. Plusieurs élus caquistes verraient d’un bon œil qu’une candidature extérieure incarnant fièrement la droite économique se lance dans l’arène alors que la CAQ est menacée dans plusieurs circonscriptions par les conservateurs d’Éric Duhaime. L’entrepreneur n’a jamais caché son souhait de faire de la politique un jour.
Guy Cormier
L’ancien patron du Mouvement Desjardins Guy Cormier a peut-être récemment fermé la porte à faire le saut en politique, notamment au Parti libéral du Québec, mais son nom continue néanmoins de faire rêver des caquistes pour qui la survie de leur parti passe inévitablement par du sang neuf. Certains estiment que la perspective de prendre la tête d’une formation politique au pouvoir et de devenir automatiquement premier ministre peut être un argument en faveur de sa candidature à la succession de François Legault.
Mario Dumont
Le nom de Mario Dumont, animateur à QUB radio et LCN, chroniqueur au Journal et ancien chef de l’ADQ, circule aussi dans les rangs de la CAQ. Une fois de plus, il a tenu à remettre les pendules à l’heure. «J’ai fait savoir en public et en privé à toute personne concernée que je n’avais aucun intérêt, aucune intention dans aucun scénario. J’ai encore un sens de l’État, un amour du Québec, mais je n’ai plus le sens du sacrifice», a-t-il répété mercredi, ajoutant que rien ne pourrait le faire changer d’avis.
François Bonnardel
Dégommé de son poste de ministre par François Legault cet automne, François Bonnardel n’a pas exclu mercredi de briguer le trône caquiste. Certains avaient vu son exclusion du Conseil des ministres comme une manière «d’effacer» l’ADN adéquiste du gouvernement. Le député de Granby est un des derniers héritiers de l’ADQ, plus conservatrice, avant qu’elle ne fusionne avec la CAQ.
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