Coupe du monde de saut acrobatique: Nicolas Fontaine a retrouvé le plaisir de travailler en équipe après des années difficiles


Richard Boutin
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Même s’il a fallu quelques mises au point au départ, Nicolas Fontaine a retrouvé une ambiance de travail collégiale et s’entend maintenant comme larrons en foire avec Jeff Bean, qui dirige l’équipe nationale de sauts depuis l’automne 2018 à son retour d’Australie.
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Coéquipier de Bean avec l’équipe nationale pendant plusieurs années, notamment aux Jeux olympiques de 1998 à Nagano et de 2002 à Salt Lake City, Fontaine a eu besoin d'un peu de temps pour former une bonne équipe avec son collègue, mais tout roule maintenant rondement.
«On a eu besoin de quelques années pour développer le lien de confiance, a reconnu Fontaine, mais nous avons maintenant une excellente relation et collaboration. Au départ, Jeff et Rémi [Bélanger] me tenaient à l’écart dans mon rôle d’entraîneur de l’équipe de développement. Cette situation m’agaçait et j’ai fini par leur en parler et tout est rentré dans l’ordre.»
«On se dit la vérité et on ne se fait pas de cachettes», de poursuivre Fontaine, qui a remporté l’argent aux Jeux olympiques de 1992 à Albertville alors que le saut était présent comme sport de démonstration.
Au cours des derniers jours, Fontaine a demandé à Bean s’il pouvait discuter avec Victor Primeau, qui évolue maintenant sur l’équipe canadienne, mais qui a fait ses classes avec Fontaine au sein des formations du Québec et de développement.
«Parce que Victor connaît une saison plus difficile et que je le connais bien, j’ai demandé à Jeff si je pouvais lui parler, a raconté Fontaine. Jeff est tellement ouvert qu’il a accepté ma demande.»
De retour au mondial junior
Une autre preuve d’ouverture est la participation de Miha Fontaine et d’Alexandre Duchaine au championnat mondial junior même s’ils sont à temps plein sur le circuit de la Coupe du monde.
Des plus jeunes avaient représenté le Canada en 2023.
«On a changé nos règles cette année pour permettre à tous les athlètes d’âge junior d’y participer, a expliqué l’entraîneur natif de Magog. À leur dernière année d’admissibilité, Miha et Alexandre seront en Italie et payeront leurs dépenses. On ne peut pas penser uniquement en fonction des Jeux olympiques. Il y a un apprentissage à faire et c’est important qu’ils puissent connaître le succès avant de se frotter aux meilleurs au monde.»
Si Fontaine se plaît dans cette collaboration, il en va de même pour Bean. «On jase honnêtement et il n’y a pas d’ego, a résumé le natif d’Ottawa. On se connaît depuis 30 ans et on a développé tellement une bonne relation. Nous sommes honnêtes et nous avons de bonnes discussions. C’est vraiment le fun de travailler ensemble. Pour Miha [Fontaine], c’est le monde parfait parce qu’il compte sur deux entraîneurs à temps plein.»
Des années difficiles
Cette symbiose entre les entraîneurs n’a pas toujours été au rendez-vous.
«En 2010, j’ai pensé arrêter de coacher, a confié Fontaine. Les entraîneurs n’avaient pas la même vision. Parce que mes enfants [Miha et Charlie] devenaient bons, j’ai décidé de m’accrocher. Jeff et Rémi sont arrivés après les Jeux de 2018 et c’est tellement plaisant. Jeff n’hésite pas à me donner crédit pour les succès du groupe actuel que j’ai coaché à mon retour avec l’équipe du Québec.»
Regain d’énergie
La victoire d’Alexandre Duchaine à Deer Valley en fin de semaine dernière a galvanisé les troupes, selon Bean.
«Sa victoire est survenue à un bon moment et elle a remonté l’équipe. Alex méritait cette victoire et tout le monde était vraiment content pour lui.»
Quant à la décision de Fontaine de faire l’impasse sur Deer Valley pour se consacrer à l’entraînement, l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne l’approuve à 110 pour cent.
«Miha n’avait pas besoin de compétitionner, mais de faire du volume et de reprendre confiance, a-t-il expliqué. S’il atterrit de bons sauts, il est capable de réussir un podium en fin de semaine.»
Bean croit que Marion Thénault n’est pas loin d’être au maximum de ses capacités après une chute à Ruka, en Finlande, en novembre.
«Elle n’est pas à 100 pour cent, mais elle n’est pas loin. Elle est plus près qu’elle le pense. Ses standards sont tellement hauts. On aimerait qu’elle refasse des triples sauts cette année, mais ça ne sera pas la fin du monde si ce n’est pas le cas. L’objectif est qu’elle atterrisse ses sauts et qu’elle termine la saison en confiance.»
La Coupe du monde du Relais débute ce matin avec les qualifications à compter de 9h30 et les finales se dérouleront à 13h45.
C’est le même horaire pour les deux journées.