Saut acrobatique: un pas de recul pour mieux se projeter vers l’avant en prévision des Jeux olympiques de 2026 en Italie


Richard Boutin
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Insatisfait de son début de saison, le sauteur acrobatique Miha Fontaine a pris les grands moyens pour renverser la vapeur en priorisant son entraînement et en faisant l’impasse sur la Coupe du monde de Deer Valley la fin de semaine dernière.
Tout juste avant les deux étapes de la Coupe du monde qui auront lieu au Relais les 10 et 11 février, Fontaine estime que le moment était bien choisi. «Depuis deux ans, je trouve que je n’étais jamais au niveau souhaité tant pour mes sauts que mentalement, a-t-il expliqué. C’était le moment parfait pour revenir en force. C’était là ou jamais.»
Fontaine a connu des ennuis en Finlande et en Chine lors des deux premiers arrêts de la Coupe du monde de la saison avec de 20e et 22e positions.
«Ça s’est assez mal passé en Finlande et en Chine et je n’avais aucun bénéfice à faire la Coupe du monde de Deer Valley, a-t-il raconté. J’étais à mon plus bas. Dans ma décision, j’ai regardé le plan à long terme qui est de bien faire aux Jeux olympiques de 2026 en Italie.»
La réalité frappe de plein fouet
La dernière saison a été difficile pour Fontaine et ça s’est poursuivi dans la même veine cette année. «Jusqu’aux Jeux à 18 ans, tout a bien été, mais la réalité m’a frappé après les Olympiques, a-t-il résumé. J’ai fait un bon travail cet été, mais la réalité m’a frappé en pleine face avant Noël. C’était devenu clair que je devais prendre une pause de la compétition. Pour mon développement, cela n’aurait eu aucun rapport si j’avais été au Utah.»
«En décidant de ne pas aller à Deer Valley, j’ai mis mon ego de côté et je me suis dit que ce n’était pas grave si je partais avec le dossard numéro 30 au Relais, de poursuivre le médaillé de bronze dans la compétition par équipe à Pékin en compagnie de Marion Thénault et de Lewis Irving. La priorité était que mes sauts soient solides. C’était la seule façon de parvenir à réussir les mêmes sauts que les meilleurs. En Finlande, ça allait bien pendant le camp, mais il m’avait manqué quatre ou cinq jours pour atteindre mon plein potentiel.»
De retour à son meilleur niveau
Ce blitz d’entraînement dans sa cour arrière a été profitable. «Je suis revenu au même niveau qu’aux Jeux olympiques, a-t-il affirmé. Je suis revenu à la base sans précipiter mes sauts. Il y a quelques jours, j’ai fait mon triple périlleux arrière avec quatre vrilles pour la première fois depuis longtemps. J’ai hâte de me prouver que je suis capable de faire de bons sauts, surtout à la maison.»
En l’absence de Jeff Bean, parti sur la Coupe du monde, Miha s’est entraîné sous la supervision de son père, aussi médaillé olympique, Nicolas Fontaine. «C’était le moment de faire un move, a illustré le paternel. Il manquait de confiance. Après avoir vécu la gloire olympique, Miha est resté sur un nuage longtemps. Sa mentalité a maintenant changé et il travaille beaucoup sur sa préparation mentale. Il a gagné en maturité.»
Progression accélérée
Qualifié pour les Jeux à seulement 18 ans après une année olympique couronnée de succès, Fontaine estime qu’il a franchi les échelons menant au haut de la pyramide trop rapidement. «Tout s’est passé trop vite au début. J’ai vécu les étapes normales d’un jeune sauteur après les Jeux. C’est pourquoi ce fut si difficile, parce que je n’avais pas vécu les apprentissages.»
Fontaine aborde la Coupe du monde à la maison de façon différente des éditions 2022 et 2023. «Parce que j’ai pris un pas de recul, l’attention et les attentes seront moins grandes. L’état d’esprit sera différent. La pression sera moins grande et c’est dans ces moments que je fais le mieux.»