Comment la victoire des Hurricanes pourrait changer la LNH
Notre chroniqueur croit que les autres équipes vont s’inspirer de ce triomphe de la Caroline

Antoine Roussel
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Je doute qu’une équipe canadienne aurait pu gagner la coupe Stanley en suivant le modèle des Hurricanes de la Caroline. La pression aurait forcé le club à procéder à des échanges, à démanteler l’équipe plus tôt, après les échecs en finale de l’Est.
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Mais les Hurricanes ont pu s’accrocher et ils sont finalement champions, avec leur formule à la Moneyball et leur directeur général, qui est un scientifique, mais aussi un scientifique du hockey.
Comme c’est le cas chaque année, avec chaque équipe qui remporte la coupe, le modèle de la Caroline sera décortiqué. Le travail effectué par Eric Tulsky risque de convaincre d’autres organisations que oui, ça te prend des hommes de hockey, mais que ça te prend aussi du monde de même, pour se pencher sur les statistiques avancées.
Comme Martin St-Louis
Il reste que le côté humain de Rod Brind’Amour mérite également beaucoup de reconnaissance. Des entraîneurs-chefs comme lui, il n’y en a pas 50 dans la ligue. En fait, il y en a un seul autre et il est à Montréal.

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J’ai l’impression que c’est un changement qui est déjà en train de s’effectuer au sein de la LNH. Il n’y a pas si longtemps, qui aurait pu imaginer qu’un gars comme Joe Pavelski, retraité depuis deux ans, serait parmi les candidats au poste d’entraîneur-chef chez les Maple Leafs de Toronto ?
On va commencer à voir une tendance, selon moi. Les équipes vont vouloir embaucher des ultra-passionnés, d’anciens joueurs qui ont connu du succès non seulement avec leur club, mais au sein de la ligue.
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Et je ne veux pas dénigrer les entraîneurs qui n’ont pas connu des carrières de joueur comme celle de Martin St-Louis ou de Brind’Amour, mais ces derniers ne le font assurément pas parce qu’ils ont besoin d’argent et ça semble être à leur avantage.
Ils se sont acheté du temps
Autre point duquel il faudra se souvenir, dans ce triomphe des Hurricanes : leur profondeur leur a sûrement permis de s’acheter du temps.
Il a fallu attendre la troisième ronde avant que leur première ligne ne commence à produire. Mais ils sont tout de même parvenus à se rendre en troisième ronde.
Les Hurricanes, c’est une équipe bien construite, travaillante, où tout le monde connaît son rôle. Une équipe formée de joueurs qui sont fiers d’être là.
Je n’ai rien à dire contre Mikko Rantanen. Mais l’échange qui l’a fait passer de la Caroline aux Stars de Dallas, l’an dernier, a permis aux Hurricanes de mettre la main sur Logan Stankoven.
Dire que certains avaient décrié la transaction. Stankoven, c’est non seulement un joueur qui a du talent, mais qui cadre aussi parfaitement dans l’identité des Hurricanes. Il a servi une passe exceptionnelle à Jackson Blake sur le deuxième but du match, dimanche. Son travail acharné a été récompensé.
En Caroline, on a bâti une culture qui fait maintenant l’envie de beaucoup d’équipes de la Ligue nationale.
– Propos recueillis par Jessica Lapinski