Comment expliquer le désastre à Buffalo?

Louis Jean
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Comment expliquer le désastre à Buffalo? Cette franchise, jadis si fière, est devenue la risée de la LNH.
Tout est une question de confiance et de stabilité.
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D’abord la confiance.
Ça ne prend pas la tête à Papineau (référence qui trahit mon âge) pour déduire que les Sabres ont la confiance dans les talons. Leur série de 12 revers, et surtout la défaite gênante de lundi, a coûté l’emploi à Ralph Krueger. Ne vous en faites pas pour Krueger, il empochera malgré tout 3,5 millions de dollars l’an prochain en restant à la maison.
La confiance dont je parle est celle qu’ont les joueurs envers l’organisation. Placez-vous dans les souliers de Jack Eichel un moment. Je ne dis pas que le capitaine est sans reproche. Toutefois, je me demande à quel point il sera réceptif au «pitch de vente» que lui fera le directeur général Kevyn Adams.
En 6 ans, Eichel s’est souvent fait chanter la pomme. Tim Murray, Jason Botteril et maintenant Adams lui ont tour à tour dit que les choses allaient changer. Que cette fois, ce serait différent. À sa place, seriez-vous réceptifs alors qu’on doit recommencer à nouveau?
Eichel a été dirigé par Dan Bylsma, Phil Housley et Krueger. Trois entraîneurs en six saisons. C’est l’organisation qui est mise en examen. Quelle priorité est accordée à la culture de l’équipe? Bâtir une équipe n’est pas une science exacte. Mais à la base, il faut définir l’ADN du club. Quelles sont les valeurs intrinsèques? Quelle est l’identité de l’équipe? Quand je regarde les Sabres, je suis incapable de répondre à ces questions.
Dans son point de presse mercredi, Adams a parlé avec passion. Il a dit que cet échec, commence d’abord et avant tout avec lui. Il a pris le blâme comme il devait le faire. Il a dit que le manque de passion, d’efforts et d’imputabilité à tous les niveaux dans l’organisation étaient inacceptables. Il entend y remédier.
Adams pourrait être tenté de tout mettre en œuvre pour sauver la saison et finir en force. Cela enverrait un signal fort aux partisans et détenteurs de billets de saison.
Mais au lieu, la priorité devrait être l’écoute. Adams entend s’adresser à ses joueurs jeudi lorsqu’ils regagneront Buffalo. Au lieu de parler, il devrait prendre le pouls de son équipe. Il a raison de penser que son équipe sur papier devrait être considérablement meilleure que ce qui se reflète sur la glace. Pourquoi ce n’est pas le cas?
Habituellement ça commence en haut. Ce qui m’amène au point le plus important, la stabilité. Les gens qui ont occupé le poste d’entraîneur ou de directeur général ont été sur un siège éjectable depuis plusieurs années. On change d’idées et de plan au même rythme que se succèdent les saisons perdantes. La direction de l’équipe, sans doute avec la pression des propriétaires qui exigent des changements, a multiplié erreurs après erreurs après erreurs. On a accordé de mauvais contrats, on a ciblé les mauvais individus sur le marché des joueurs autonomes, on a laissé partir des joueurs d’impact (Ryan O’Reilly) avec un piètre retour.
Comment expliquer cela? Comme je le disais, ça commence en haut. Il y a eu un manque de stabilité et de patience dans l’organisation. Qui est responsable de la stabilité? Les propriétaires. Personne d’autre a le pouvoir d’établir cette constance, stabilité et patience.
Avant d’établir son plan, Adams devrait écouter chacun de ses joueurs et établir qui est prêt à continuer et qui souhaite partir au plus sacrant. J’imagine que la liste de ceux qui souhaitent rester est assez courte. Mais même s’il a le meilleur plan au monde et qu’il parvient à convaincre certains joueurs d’embarquer avec lui, il sera impossible pour Adams de rétablir la confiance des joueurs et des partisans tant que ça ne viendra pas d’en haut.
Voyez le passage de Louis Jean avec Jean-Charles Lajoie dans la vidéo ci-dessus.