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Comment Christian Bégin a-t-il été transformé par «L’effet Lara»?

«L’effet Lara», dimanche 21 h, à TVA et sur TVA+.

Patrick Delisle-Crevier

2026-04-23T10:00:00Z

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Christian Bégin est plus heureux que jamais. Il travaille beaucoup et reprend ces jours-ci les tournages de Curieux Bégin et de Y’a du monde à messe. Il a aussi sauté tête première dans l’aventure L’effet Lara, dont il est sorti transformé. Le comédien, chanteur et animateur nous parle de cette expérience, de son bonheur, de son envie de faire du cinéma et de son admiration pour sa blonde, la comédienne Marie-Ève Perron, dont il est amoureux fou.

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Christian, comment ça va ?

Je vais très bien, je suis dans une belle période de ma vie et je ne peux pas espérer mieux. Mes émissions reviennent et elles vont aller droit au cœur des gens. Je suis aussi en tournée avec Les Éternels Pigistes et la femme de ma vie sort d’une magnifique aventure télévisuelle où elle a été incroyable. On est chanceux, on ne manque pas de travail.

Qu’est-ce qui t’a amené à dire oui à L’effet Lara ?

D’une part, ça aurait été indécent de dire non à une invitation de passer 10 jours en Sicile, en Italie. J’aurais été fou de refuser ça ! Au-delà de l’attrait du voyage, j’avais aussi l’idée d’aller suivre des cours de chant. Je voulais parfaire mon outil, même si je me sentais un peu illégitime au départ parce que je ne suis pas chanteur et que je voyais que de grandes pointures comme Nathalie Simard et Mélissa Bédard étaient là. Puis finalement, je me suis dit que je chantais moi aussi dans la vie : je suis un comédien qui chante et je gagne aussi ma vie avec ma voix. J’ai décidé d’aller voir si j’y arriverais. Je ne m’attendais à rien et j’étais même un peu méfiant — pas des autres, mais de moi-même — parce que je me demandais si j’allais y arriver. Finalement, tout ça m’a pas mal renversé.

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Pourquoi ?

Parce qu’il s’est passé de vraies choses. On ne peut pas tricher avec ce que l’on voit à l’écran, et j’ai vraiment vécu quelque chose d’extraordinaire en entendant ma voix pour la première fois à 61 ans. Découvrir où celle-ci se loge, voir aussi ce qui se passe quand je chante sans me soucier de la performance, comprendre les limites de ma voix et jouer avec ces limites-là, accepter mon registre, mes forces et mes faiblesses. J’ai aussi appris à prendre soin de ma voix, parce que j’en abuse. La semaine dernière, je tournais Curieux Bégin, je tournais Y’a du monde à messe et je jouais au théâtre le soir. Je sollicite donc beaucoup ma voix. Mais sérieusement, ce qui s’est passé dans cette aventure, c’est vraiment capotant.

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Qu’est-ce que tu as appris sur toi dans une telle aventure ?

Ç’a été une expérience de vie, et sérieusement, Lara Fabian est la plus grande pédagogue de chant que je connaisse — et j’en ai eu beaucoup, des cours de chant, dans ma vie. Elle a une maîtrise et une technique incroyables, et elle sait transmettre tout ça. C’est une pédagogue de haut niveau, amalgamée avec ce geek incroyable qu’est le maestro Fabio Lazzara. Cet homme m’a grandement impressionné. Ce que j’ai appris de très important, c’est qu’il est crucial pour moi de performer dans ma vie, et des fois, c’est dans mes jambes, cette affaire-là. Lara m’a conseillé d’enlever toute injonction de performativité parce que si mon moteur, c’est de performer, eh bien, c’est une entrave à la joie. Si mon moteur, c’est la joie, je vais mieux chanter et je vais mieux jouer. L’idée n’est pas d’atteindre des notes. Elle m’a fait comprendre que je ne vais jamais atteindre de grandes notes parce que je n’ai pas une voix puissante. Je ne suis pas un chanteur. Mais si je me branche plus sur le plaisir que dans l’idée de performer, ça fait une différence. On le voit quand je tente d’imiter Louis-Jean Cormier dans l’émission : ça ne se passe pas bien. Dès que je décide de chanter avec un certain abandon et de la joie, avec ma propre voix, ça va mieux. C’est mon plus grand apprentissage.

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Que retiens-tu du maestro Lazzara ?

Je n’ai jamais rien vu de tel. Cet homme est comme un scanner humain : tu chantes 30 secondes devant lui et il te dit des choses avec une grande précision. Il a rapidement vu que mon côté droit était bloqué et que je devais m’asseoir sur la fesse gauche pour chanter. Je l’ai fait et il s’est passé quelque chose. Il a vu aussi que ma langue était trop petite, que mon frein était trop court et que ma caisse de résonance était mal sollicitée. Il m’a fait chanter avec la jambe en l’air et tout de suite on entend la différence. C’est fou ce que cet homme est capable de percevoir.

Aimerais-tu explorer un peu plus le chanteur en toi ?

Je n’ai pas d’ambition par rapport à ça et je ne pense pas que l’on verra un jour un album de Christian Bégin. Mais j’ai souvent chanté à des émissions comme En direct de l’univers et Belle et Bum, et dans le spectacle I’ve Got a Crush on You ou J’ai une orangeade sur toi, je chantais 22 chansons de Frank Sinatra. J’aime ça chanter et on dirait que maintenant, je vais avoir moins de pudeur à dire oui. Je suis capable de dire aujourd’hui que je suis un comédien-chanteur.

Tu as 40 ans de carrière. As-tu la carrière que tu voulais ?

Pas du tout, c’est même très différent. Mais je suis content parce qu’on me demande encore pour travailler et j’entame ma 19e saison de Curieux Bégin, et ça, dans un contexte où c’est difficile pour la télévision. Je suis bien conscient que j’ai plein d’amis comédiens et animateurs autour de moi qui ne travaillent pas, et je me considère comme chanceux. Encore plus parce que Curieux Bégin, cette année, revient après 19 ans avec une version allongée. Statistiquement, ce n’est pas ce qui se passe : habituellement, tu disparais tranquillement. Je voulais vivre de mon métier et, si j’y arrivais, mon affaire allait être ketchup. Ç’a été dur les 10 premières années, mais depuis 30 ans, ça va bien. Je suis comblé de vivre de telles affaires après 40 ans de métier. Je suis chanceux d’être encore désiré et de me sentir encore compétent. Le jour où ça va arrêter, je vais me dire que j’ai été gâté en maudit.

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As-tu eu autant de rôles que tu en aurais voulus ?

Je ne peux pas me plaindre, car chaque année, j’ai eu au moins une série avec un beau rôle. C’est d’ailleurs la première année depuis longtemps que je ne fais pas de fiction. Comme je n’aime pas attendre que le téléphone sonne, je prépare la suite et je développe actuellement des projets de fiction. Je suis allé cogner aux portes de producteurs et je travaille là-dessus. Je dois préparer l’avenir parce que, statistiquement, ça va s’arrêter. Pour Curieux Bégin, d’après moi, nous allons nous rendre à 20 saisons, mais je ne pense pas avoir la chance d’en faire 25. D’autant plus qu’il va y avoir de grands changements à Télé-Québec avec le rapport sur l’audiovisuel qui vient de sortir. Il est certain qu’un bouleversement de la programmation est à prévoir. J’ai envie de jouer et, en même temps, je ne peux me plaindre de rien. Je travaille, je paye mon loyer et tout va bien.

Tu joues au théâtre en ce moment dans la pièce Flambant nue avec Les éternels pigistes. Est-ce vrai que ce sera ta dernière pièce ?

Oui, c’est vrai, tout simplement parce que j’ai fait le tour de ce beau jardin et que ça me stresse beaucoup plus qu’avant. Quand j’étais plus jeune, j’avais une espèce d’insouciance que je n’ai plus. J’ai aussi maintenant une plus grande conscience des limites de mon corps. Ça me demande beaucoup plus d’énergie qu’avant de jouer au théâtre. J’ai joué dans une cinquantaine de pièces en 40 ans de métier, et c’est beaucoup. Maintenant, j’ai envie d’aller voir ailleurs si j’y suis. J’ai envie d’écrire, j’ai envie de faire du cinéma. Depuis le film Problème d’infiltration, il y a presque 10 ans, je n’ai pas tourné au cinéma, et ce, même si j’ai gagné l’Iris du meilleur acteur cette année-là. On s’en fout, des prix, mais je n’ai pas retravaillé au cinéma depuis, et j’ai envie de tourner pour le cinéma et de m’imaginer ailleurs.

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Tu vois quoi pour la suite de ta vie ?

Je veux jouer davantage et j’ai aussi plus de temps depuis que mes aventures entrepreneuriales sont terminées. Je n’ai plus d’épicerie et le commerce, c’est fini pour moi, tout simplement parce que je suis un piètre entrepreneur et que j’ai perdu beaucoup, beaucoup d’argent. On parle de centaines de milliers de dollars. J’ai décidé de donner mes parts à ma partenaire et de faire une croix sur tout ça. Maintenant, je veux savourer la vie, jouer plus. J’ai 40 ans de métier. Dans d’autres métiers, après 40 ans, on sonne la retraite. Mon frère, qui a cinq ans de moins que moi, vient de prendre sa retraite de l’enseignement et je ne l’ai jamais vu aussi heureux. Moi, je ne pense pas à la retraite et notre rapport à ça dans ce métier est très abstrait. Souvent, c’est une retraite forcée parce qu’on ne t’appelle plus. Donc je me dis que quand ça s’arrêtera, j’aurai eu une belle ride. Mais j’ai encore le goût, pour le moment, d’être dans le manège.

Ton bonheur est-il presque parfait, Christian ?

Oui, tout à fait, et plus que jamais, même. J’ai rencontré l’amour de ma vie il y a quatre ans, et ce, à un moment où je n’y croyais plus vraiment et où j’étais prêt à dire que j’allais vivre des aventures, mais que je n’allais pas avoir de grande histoire d’amour. Mais on s’est trouvés et elle me rend heureux. Je suis tellement fier d’elle. Elle a su relever le défi de jouer un rôle incroyable dans Le gouffre lumineux et je suis en totale admiration pour elle. Elle s’est donnée tellement dans cette série qu’elle a coécrite. Elle est simplement incroyable. Ma blonde m’épate et j’ai braillé ma vie en voyant la bande-annonce. Je découvre une comédienne que je ne connaissais pas : je savais qu’elle était talentueuse, mais dans cette série, elle est grande, grande, grande.

L’effet Lara, dimanche 21 h, à TVA et sur TVA+. Y’a du monde à messe, vendredi 21 h, à Télé-Québec. Pour vous procurer des billets pour la pièce Flambant nue, rendez-vous sur eternelspigistes.com.

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