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Alex Nevsky repousse ses limites à l'émission «L’effet Lara»

«L’effet Lara», dimanche 21 h, à TVA et sur TVA+.

Patrick Delisle-Crevier

2026-04-16T10:00:00Z

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Alex Nevsky se fait plutôt discret ces derniers temps. On a pu le voir faire quelques apparitions ici et là, mais sans plus. Il participe cependant à L’effet Lara, où il s’est lancé le défi de repousser ses limites et d’arrêter d’avoir peur. Il revient avec nous sur sa séparation et sur la réflexion qu’il a entamée face au métier. Cette remise en question l’amène à mettre le chanteur en veille pour laisser toute la place au pianiste, qui s’exécute beaucoup plus discrètement et dans l’ombre.

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Alex, comment vas-tu ?

Je pense que je vais bien dans les circonstances de la vie. C’est certain que dans un monde idéal, certaines choses seraient différentes. Mais c’est comme ça.

Tu fais partie de l’aventure L’effet Lara, mais après le visionnement, contrairement aux autres, tu sembles sous le choc. Pourquoi ?

Je suis très introverti dans la vie, c’est donc difficile d’aller faire une émission comme ça. Je voulais vraiment participer, mais mon corps, lui, ne voulait pas. Je n’y suis pas allé à reculons, mais plutôt de face. En même temps, je suis allé au-delà de mes limites. Lors de l’exercice du deuxième épisode, je me souviens m’être demandé pourquoi je m’étais embarqué dans une telle aventure.

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As-tu regretté ?

À certains moments, oui. Je me disais que j’étais avec des gens tellement talentueux et ouverts, alors que moi, j’étais là à avoir peur.

Pourquoi avoir fait cette émission, dans ce cas ?

J’y allais pour me trouver. Je voulais surtout arrêter d’avoir peur et réaliser que je n’allais pas mourir si je laissais le public me voir comme ça. J’étais entouré de bienveillance et de vulnérabilité avec le quatuor qui m’accompagnait, et ça m’a bouleversé. Heureusement qu’ils étaient là : j’avais besoin de ça. Nous avons passé de longues heures ensemble et c’était profond et drôle. Tout ça me déracinait et me rappelait ce que je souhaitais vraiment dans la vie : laisser tomber le masque et me sentir plus vivant. C’est ce que je faisais là-bas, laisser tomber le masque. J’avais besoin de me trouver.

Dans le deuxième épisode de «L'effet Lara», Alex vivra son premier atelier de chant avec Lara Fabian et Fabio Lazzara.
Dans le deuxième épisode de «L'effet Lara», Alex vivra son premier atelier de chant avec Lara Fabian et Fabio Lazzara. TVA

Est-ce que tu as réussi ?

Oui, partiellement du moins. Mais j’ai aussi constaté que dans d’autres zones, j’avais beaucoup plus de travail à faire que je ne le pensais. J’avais des choses plus profondes à régler, et je ne pouvais pas le faire devant les caméras. C’est un travail que l’on fait en thérapie, pas en étant filmé. J’ai pris conscience de ces limites et, depuis cette expérience, j’approfondis tout cela. 

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Est-ce que L’effet Lara a changé quelque chose pour toi sur le plan vocal ?

Oui, à 100 %. Après être revenu d’Italie, j’étais en studio pour enregistrer certaines pièces de mon album. Il y a une pièce que j’ai beaucoup pratiquée avec Lara, et quand je la chante maintenant, je mets en pratique tout ce qu’elle m’a montré. Ça fait toute la différence. En même temps, lors de l’aventure, je résistais et Lara m’a un peu brassé. Je me suis finalement ouvert et ça a changé des choses en moi. Parfois, par exemple, je trouve que quand je chante des « i », ça me donne un drôle d’air, donc je retiens tout ça. Mais je dois apprendre à laisser aller et à être moins conscient de mon image. Je suis un chanteur, pas un mannequin. Je suis là pour chanter ce qui sort de mon cœur et honorer ce qui est là, plutôt que de le trafiquer pour que ça ait l’air de quelque chose d’autre.

J’ai l’impression d’avoir devant moi un gars différent, qui laisse tomber une certaine image qui ne le rendait pas heureux...

Il y a eu des périodes dans ma carrière où je n’étais plus bien et j’ai eu besoin de me détacher de quelque chose qui n’était pas moi. Parfois, j’ai fait des choses qui étaient trop grosses pour moi et je me sentais écrasé par la machine. J’ai aussi eu cette peur-là en faisant L’effet Lara, tout simplement parce que je ne voulais plus jamais aller là. J’ai beaucoup parlé de ces choses-là avec l’humoriste Jérémy Demay, qui est un bon ami, et il me disait que je pouvais réaliser toutes ces choses-là, si je les faisais avec de la vulnérabilité et de la vérité. Je pourrais redevenir coach à La Voix, mais cette fois, je ne mettrais pas de masque. 

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Pourquoi portais-tu un masque à La Voix ?

En fait, le masque est venu avant La Voix : il est apparu avec le regard que les gens posaient sur moi. Contrairement à de nombreux artistes, je n’ai jamais voulu être une vedette. Je ne suis pas non plus de ceux qui faisaient des spectacles à leurs parents dans le salon à cinq ans. Je n’ai jamais voulu être vu. Tout cela est un peu une erreur de parcours, guidée par mon envie de faire de la musique. Je voulais être musicien, pas vedette. Ce masque est apparu dès mes premières entrevues. En ce moment, je défais ce chemin chaque jour, et il y a du beau là-dedans. C’est ce que je veux incarner pour moi, c’est ce que je veux montrer à ma fille Claire, et c’est aussi celui que je veux être dans le monde : « no bullshit », en étant moi-même le plus possible. 

Cette période de recul fut donc salvatrice pour toi.

Ça m’aide énormément et je suis plus heureux lorsque je suis moins exposé au regard du public. J’étais malheureux dans cette vie où j’avais constamment l’impression d’être observé et épié. Je ne voulais pas commettre de faux pas et je refusais que quiconque puisse parler de moi de manière négative. Je souhaitais simplement être reconnu pour ma musique. Je voulais que les gens parlent de ma musique, mais pas de moi. Mais ce n’est pas si simple.

Regrettes-tu d’avoir dit oui à des projets ?

Non, pas du tout. Je suis content d’avoir accepté certaines choses pour réaliser certaines expériences et découvrir mes limites. Et il faut se dire la vérité : à certains moments, l’argent est difficile à refuser, même si je ne le faisais pas pour ça. Je voyais plutôt une opportunité de me dépasser. Mais après coup, tout ça, c’est confrontant.

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Quel a été l’élément déclencheur qui t’a mené à vouloir abattre les masques ?

Je suis tombé dans une dépression. Elle n’a pas été diagnostiquée en tant que telle, mais je sentais qu’elle était là. Le fait de ne plus avoir envie de faire de la musique, ma plus grande passion, m’a alerté. C’est arrivé en 2018 et 2019.

Quel regard portes-tu sur les albums que tu as faits ?

J’écoute le disque Chemin sauvage et, pour moi, ça reste un objet intéressant. Pourtant, je ne me reconnais pas dans ce disque. Il y a deux chansons que j’aime de cet album, dont une que j’ai enregistrée chez Gilles Vigneault et qui s’intitule On dérobera. Mais sinon, je ne vais plus chanter ces chansons sur scène parce que je n’y trouve aucun intérêt. J’ai l’impression que je suis un autre Alex ; je pourrais changer de nom et revenir à mon véritable nom, Alexandre Parent, pour tirer un trait. Mon disque De la beauté, qui est instrumental, vient un peu d’une volonté de retoucher à quelque chose de vulnérable, même si l’on pourrait croire que ça l’est moins parce qu’il n’y a pas de texte.

Tu travailles aussi moins qu’avant...

Beaucoup moins. Je travaille sur la musique du prochain film de Luc Picard et je vais faire quelques spectacles ici et là, mais pas plus. Cependant, je compose chaque jour. Parfois, je me demande si je dois angoisser de ne pas avoir grand-chose devant moi ou si je dois plutôt célébrer ce que j’ai toujours voulu : avoir du temps et de la liberté. C’est une question d’état d’esprit. Chaque jour, je me rappelle que je suis chanceux, parce que je passe beaucoup de temps avec ma fille.

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À travers tout ça, il y a aussi ta séparation d’avec Vanessa Pilon...

Oui, c’est une nouvelle vie qui implique des changements. Comme nous sommes en garde partagée, Vanessa et moi, je me retrouve souvent seul avec plein de temps devant moi. Je compose durant ces moments, j’apprends à meubler ça.

Vanessa a partagé un mot sur votre séparation, mais toi, tu as été plutôt discret. Pourquoi ?

Parce que ce qu’elle a écrit était tellement beau, je n’aurais rien pu ajouter. Mais c’est certain que tout ça est difficile et que c’est une déception. Il n’y a personne qui veut se séparer dans la vie, mais je serais beaucoup plus débiné si nous rations notre séparation, et ce n’est pas le cas. Tout va bien et ça se passe pour le mieux. Il faut juste accepter les recommencements, et c’en est un. J’en ai vécu à l’infini des recommencements, dans ma vie professionnelle et personnelle, et je vais en revivre d’autres. Mais les choses se passent dans la grâce et la gentillesse entre Vanessa et moi, et je fais de mon mieux pour être le meilleur père possible pour Claire.

Justement, parle-moi du papa que tu es pour votre fille, Claire.

Le papa est heureux. Je reviens de vacances avec ma fille Claire et Taylor, ma filleule de 18 ans. C’était un vieux rêve que nous avions de voyager ensemble, et on a passé de merveilleux moments. Ça a fait vraiment du bien de se construire des milliers de beaux souvenirs.

Quels sont tes projets ?

Je suis actuellement en train de réaliser un disque, De la beauté Vol 2. Je fais tout mon possible pour devenir un bon pianiste et cesser de croire que je n’en suis pas un. Je veux me débarrasser de mon syndrome de l’imposteur.

Et le chanteur, où est-il dans tout ça ?

Je fais les exercices vocaux que j’ai appris avec Lara et, tant que je ne les maîtriserai pas complètement, je ne pourrai pas revenir en tant que chanteur. C’est l’excuse que je me suis donnée parce que j’ai moins envie de chanter. En ce moment, j’ai envie de m’exprimer autrement et avec le piano.

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