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Lara Fabian rêve-t-elle encore d’un duo avec Céline Dion ?

«L'effet Lara», dimanche 21 h, dès le 12 avril, à TVA et sur TVA+.

Patrick Delisle-Crevier

2026-04-09T10:00:00Z

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Lors de notre dernier entretien, Lara Fabian nous confiait qu’après 35 ans de carrière, elle avait envie de transmettre et rêvait même d’une école de chant. À peine deux ans plus tard, Lara nous présente L’effet Lara, qui est bien plus qu’une école de chant : c’est une expérience ultime à laquelle se sont prêtés Nathalie Simard, Mélissa Bédard, Eve Côté, Christian Bégin et Alex Nevsky, le tout dans le décor magique de ce qu’elle appelle « son île », en Sicile. Un retour aux sources pour la chanteuse qui partage avec nous sa nouvelle vie. Elle revient également sur son parcours, ses projets, et sur un rêve qu’elle caresse depuis fort longtemps.

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Lara, comment ça va ?

Je vais bien. Je suis en tournée en ce moment, et je travaille énormément puisque je suis en spectacle presque tous les soirs. Les deux dernières années ont été très costaudes, et je t’avoue que je suis heureuse parce que la tournée se passe à merveille. Il se passe vraiment des choses exceptionnelles chaque soir. En plus, on est à guichets fermés presque partout, alors c’est incroyable.

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L’effet Lara, qui arrive ces jours-ci à TVA, c’était un rêve que tu caressais depuis longtemps : celui d’ouvrir une école de chant. Que représente la réalisation de tout ça pour toi ?

C’est le démarrage d’une concrétisation dans la matière de ce rêve. C’est le début de quelque chose de concret, que l’on peut toucher, que l’on peut vivre et que l’on peut traverser, avec la sensation que cela peut être utile aux autres. C’est tout le principe et le but de cette opportunité et de cette idée que j’avais : transmettre et être là pour les autres.

Quel est le concept de L’effet Lara ?

Nous proposons ici beaucoup plus qu’un cours de chant : nous proposons une aventure. Nous nous servons du chant pour traverser certaines choses qui semblaient infaisables pour certains, ou qui représentaient un défi, voire un « reset » pour d’autres. En fait, tout dépend de l’objectif que l’on souhaite atteindre. La proposition, c’est de venir vivre une aventure avec nous et de pouvoir expérimenter ensemble, par le biais de la musique et de l’art du chant, la possibilité de traverser vers d’autres espaces, de transcender certains défis et de réussir certains objectifs. L’idée n’est pas juste d’offrir un cours de chant, c’est beaucoup plus grand. C’est aussi un objectif personnel que j’atteins : celui de transmettre. J’ai pu le faire à La Voix et à Star Académie au Québec, ainsi qu’à The Voice en France, et c’est fantastique. Mais je voulais amener ça encore plus loin.

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Que retiens-tu de cette première expérience de L’effet Lara avec Nathalie, Mélissa, Alex, Eve et Christian ?

Je réalise que j’ai peut-être ce qu’il faut pour être vraiment à la source d’une idée comme celle-là, que je portais depuis longtemps. Je souhaitais, à travers l’apprentissage du chant, faire vivre une expérience unique en proposant des séminaires centrés sur la pratique pédagogique, didactique et concrète du chant. Cette aventure me fait prendre conscience que j’ai suffisamment d’outils dans mon coffre pour transmettre et aider les gens à travers le chant.

Dans L’effet Lara, nous voyons cinq artistes vedettes bénéficier de ce séminaire idyllique. Cette expérience sera-t-elle éventuellement offerte à d’autres personnes intéressées par une telle formation ?

C’est exactement cela. L’idée, après cette émission, c’est de proposer concrètement aux gens des séminaires qui dureront entre cinq et six jours, et cela se déroulera quatre ou cinq fois par année. Pour moi, L’effet Lara représente beaucoup plus qu’une émission : je veux en faire une véritable retraite, que je proposerai autant à des gens qui exercent ce métier qu’à d’autres qui ne l’exercent pas et qui ont envie de se redécouvrir à travers le chant afin de pouvoir cheminer vers leur objectif.

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Tu es secondée, dans L’effet Lara, par ton professeur de chant, Fabio Lazzara, que tu appelles « Maestro » et qui est incroyable par son savoir et son enseignement. Parle-moi de lui ?

C’est un homme incroyable qui est dans ma vie depuis trois ans. Il est arrivé alors que je vivais moi-même un grand défi dans mon parcours. J’ai fait cette rencontre à la suite d’un rendez-vous avec un phoniatre, et celui-ci m’a dit que le seul qui pouvait m’aider à travers mon défi, c’était le Maestro Lazzara. Dès notre première rencontre, c’était comme si nous nous étions toujours connus, lui et moi. Ce fut une rencontre extraordinaire. À partir de là, nous avons commencé à travailler, et il a changé ma vie. Il m’a aidée à retrouver tout l’espace le plus vaste de ma voix, ce qui m’a permis de me déployer vocalement, comme quand j’avais 30 ou 35 ans. Il m’a fait comprendre qu’il n’y a pas d’âge pour la voix quand tu la considères comme une alliée et comme le champ de tous les possibles. Il ne se contente pas de dire que le timbre a baissé avec l’âge   ; il te propose un vrai travail de la voix et une solution qui passe par une véritable structure didactique et pédagogique, dans laquelle ses connaissances infinies font des miracles. Cet homme a changé ma vie et sa présence est vitale pour une fille comme moi qui est sans cesse connectée à son instrument qu’est la voix.

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En compagnie de Maestro Fabio Lazzara.
En compagnie de Maestro Fabio Lazzara. TVA

L’effet Lara nous fait aussi découvrir ta nouvelle vie en Sicile. Qu’est-ce qui a motivé un tel changement de vie ?

J’ai eu, avec la cinquantaine, le besoin de retrouver mes racines et de me reconnecter avec la vie que j’avais eue quand j’étais enfant. Je pense qu’en vieillissant, il y a quelque chose en nous qui est irrévocable sur le plan des racines. J’avais besoin de trouver les miennes et de retrouver les goûts de mon enfance, l’amour de mon enfance, la nourriture et les odeurs de mon enfance. Ç’a été incroyable de vivre ça, et ç’a aussi été précieux pour ma fille, Lou, qui a maintenant 18 ans. Elle s’est créé une toute autre vie ici, et même chose pour Gabriel, mon mari, qui a aussi désiré ça très fort. Ç’a été magique pour nous de vivre ça, et c’est un beau cadeau que nous nous sommes offert. On est très en symbiose dans cette nouvelle étape de vie qui est douce. Rentrer sous les citronniers et les oliviers propose une tout autre énergie dans la vie de tous les jours, et c’est magique.

Est-ce que ç’a été difficile pour toi de quitter le Québec ?

Oui, ce fut une décision difficile à prendre. C’était un désir qui en combattait un autre : celui de rester au Québec contre celui de retourner à mes racines. Ça me fait drôle de ne plus avoir de pied-à-terre au Québec. Je suis de retour à mes racines, mais j’ai encore ce bout de cœur qui est attaché à jamais à mon autre dimension, à ma seconde naissance qu’est le Québec, et ce sera ainsi à jamais.

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Tu comptes 35 ans de carrière   ; as-tu eu la carrière que tu voulais ?

Je te dirais qu’aujourd’hui, c’est encore mieux qu’avant. C’est comme si j’avais retrouvé une aisance, une liberté et une douceur de vivre, et c’est assez nouveau pour moi. Peut-être que c’est parce que je vais bien et que j’ai aligné tous mes équilibres intérieurs, que j’ai réussi à trouver un espace intérieur tellement paisible que je cherche moins de choses et me laisse plus vivre certaines d’entre elles. C’est donc vraiment très doux comme vie : retrouver mon île, mes espaces intérieurs, rentrer chez moi, avec ma famille. On dirait que tout est à sa juste place maintenant, et ma carrière est aujourd’hui en adéquation avec ce que je vis dans ma vie privée. C’est comme si tout ça était désormais en équilibre.

Comment décrirais-tu cette carrière que tu as eue ?

Ma carrière a été comme un long voyage très instructif, tel un grand maître qui m’a beaucoup enseigné et qui ne m’a jamais lâché la main, même quand, moi, je doutais.

Tu as douté de cette carrière, Lara ?

Oui, j’ai douté de tout dans ma vie, et aujourd’hui, je peux te dire que je n’ai aucun doute sur le fait que c’est légitime, que je suis à la bonne place et que je suis vraiment sur mon X.

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Qu’est-ce qui te reste à accomplir dans cette carrière ?

Mon Dieu, tellement de choses ! Il y a cette école qui en est à ses premiers pas, puis cette fameuse comédie musicale dont je t’ai déjà parlé et que je souhaite réaliser prochainement. Pour l’instant, le projet est en suspens, mais il reste très présent dans mes pensées et je cherche actuellement les partenaires avec qui j’aimerais le concrétiser. Ce sera une histoire d’amour transcendantale qui traverse plusieurs époques et se déploie sur cinq saisons différentes. Si tout se déroule comme prévu, ce sera mon prochain projet après L’effet Lara.

Et ta vie personnelle, s’est-elle déroulée comme tu l’aurais souhaité ?

Je me souviens avoir toujours nourri en moi le vœu de ne me marier qu’une seule fois et d’être la femme d’un seul homme. Même si c’est arrivé tard dans ma vie, c’est exactement ce que j’ai fait. La femme que j’avais imaginé être est précisément celle que je suis aujourd’hui. Je ne pourrais pas espérer un meilleur compagnon de vie que mon Gabriel.

Parle-moi de ton rôle de mère. Quel genre de maman as-tu été ?

Je voulais être maman, et c’est encore plus beau que je ne le croyais. Nos enfants sont nos plus grands maîtres et, en ce sens, ma fille aura été la plus belle aventure de toute ma vie. Ce furent un grand apprentissage et de belles découvertes d’amour partagé. Ma fille est une jeune femme incroyable. Elle chante, mais elle ne fait pas que ça : elle suit ses propres traces, elle poursuit ses rêves et elle en a déjà de nombreux. J’espère être à la hauteur pour l’accompagner dans le respect de ce qui sera sa joie et sa volonté. C’est une enfant déjà très alignée et elle sait très bien ce qu’elle veut vivre. Elle est incroyable. Je vais être son hashimoto, qui signifie la base du pont en japonais. Je vais être la base de ce pont entre elle et ses rêves.

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Tu es justement celle qui pourchasse ses rêves et qui les réalise. Est-ce que ce rêve d’un duo avec Céline existe toujours ?

Oui, ce serait magique de pouvoir vivre ça. Mais ce genre de choses doit se vouloir à deux, et j’ai déposé ce souhait. Céline le sait, et je pense que ça part d’un espace totalement sincère et qui se ferait uniquement pour la joie et le plaisir de faire quelque chose avec quelqu’un dont on admire la dimension depuis toujours.

Lara, à quoi pourrait ressembler un tel duo, selon toi ?

J’imagine une chanson qui pourrait ressembler à chacune de nos grandes chansons mélangées. Un Je t’aime mélangé à un All By Myself et ce que cela pourrait donner. J’imagine une chanson forte comme ces deux titres, qui unirait nos deux voix. Ce serait incroyable, non ? Alors, Céline, on le fait ou pas ?

L’effet Lara, dimanche 21 h, dès le 12 avril, à TVA et sur TVA+. Pour se procurer son dernier album, Je suis là, ou pour en savoir plus sur ses projets ou dates de spectacle, rendez-vous à larafabian.com.

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