Clement Jacques : une collaboration touchante avec Patrick Norman
L'album «Iris» est maintenant disponible.
Alicia Bélanger-Bolduc
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Clement Jacques, chanteur que l’on a découvert pour la première fois à La Voix en 2020, a récemment lancé l’album Iris, dans lequel il reprend la chanson Father and Son — de Cat Stevens — aux côtés de Patrick Norman, accompagnée d’un magnifique vidéoclip. Une belle expérience qu’il a pris le temps de nous raconter.
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Clement, parle-moi du vidéoclip que tu as tourné pour ta chanson avec Patrick Norman.
On voulait quelque chose qui représente bien notre duo et qui soit proche de la réalité du lien père-fils dont parle la chanson. Il est en noir et blanc afin de lui donner un côté intemporel. Je trouve que c’est vraiment intéressant, et je me considère comme extrêmement chanceux d’avoir vécu ça dans ma carrière avec Patrick, parce qu’il fait rarement ce genre de projet.

Comment a été l’expérience de la collaboration avec lui ?
Je me considère comme vraiment chanceux que Patrick ait accepté mon idée de reprendre cette chanson. Quand on est arrivés en studio, j’étais évidemment intimidé, parce que c’est quand même une immense pointure au Québec. Rapidement, il m’a mis très à l’aise, même si c’est lui qui entrait dans mon univers. Il a commencé à me jouer ses propres chansons pour briser la glace. Il était extrêmement généreux, accueillant et rempli d’amour. Ç’a été une rencontre marquante pour moi. On a partagé de beaux moments ; tout s’est fait dans la douceur et le bonheur.
Pourquoi voulais-tu précisément travailler avec Patrick Norman ?
Il était au sommet de ma liste pour l’ensemble de sa carrière. À l’origine, je ne voulais pas faire de collaborations sur l’album. Ça faisait sept ans que je n’avais rien sorti. Puis il y a eu un duo avec Marie-Mai, et ça m’a donné envie d’en faire davantage. La question était : avec qui ? J’ai réfléchi longtemps. Je voulais faire un duo avec un homme, ce qui me semblait encore plus complexe. En pensant à Patrick, j’avais l’impression que l’album en construction pourrait lui plaire. On lui a fait écouter quelques chansons et, à ma grande surprise, il n’a même pas fallu une journée avant qu’il accepte.

Pourquoi avoir choisi la chanson Father and Son de Cat Stevens ?
C’est l’une des chansons préférées de ma mère ; elle l’écoutait souvent quand j’étais jeune. Lors d’un remue-méninges, on était trois autour de la table à tenter de trouver une chanson qui pourrait correspondre à mon univers et à celui de Patrick. À un moment donné, quelqu’un l’a proposée, et ça a semblé évident. Tout le monde était d’accord : c’était la chanson parfaite pour nous deux.
À quoi ressemble votre complicité depuis votre collaboration ?
On ne se parle pas toutes les semaines, mais on reste en contact. Je suis récemment devenu père de deux enfants, qui sont maintenant âgés de trois et quatre ans, et j’ai aussi une très belle relation avec mon propre père. Le lien père-fils me touche énormément. Pendant le tournage du vidéoclip, Patrick jouait le rôle de mon père. Pour nourrir le jeu, je lui ai montré des photos de mes enfants et de ma conjointe. Ça faisait partie de l’histoire du clip, mais on s’est tous les deux retrouvé les yeux dans l’eau. Ça lui rappelait ses petits-enfants et sa propre histoire. Je crois que la chanson vient toucher les mêmes cordes sensibles chez nous, même si nous n’avons pas partagé toute une vie ensemble.

Qu’as-tu appris sur lui pendant ce processus ?
C’est un immense artiste. Mais surtout, j’ai appris de lui la générosité, le sourire, la bonté, la façon d’accueillir les autres. À un moment, on s’est pris dans les bras et il m’a dit que ce n’était pas comme ça qu’on donnait un câlin, qu’il fallait toujours être cœur à cœur. Je m’en souviendrai toute ma vie — et il me reprend encore quand je ne le fais pas correctement.
Y a-t-il eu des anecdotes de tournage ?
Rien de particulièrement cocasse. C’était simplement une belle journée, entourée de bonnes personnes, au bon endroit. Je me sens profondément privilégié d’avoir vécu ce moment, qui restera gravé dans ma mémoire pour toujours. J’ai été extrêmement chanceux de vivre ça avec lui. Tous ceux qui le connaissent n’ont que de bons mots à dire à son sujet. Travailler avec Patrick est d’une grande douceur.
Quel est ton lien avec ton propre père ?
Je le respecte énormément pour la personne qu’il est. J’admire sa résilience face à la vie et aux épreuves qu’elle peut imposer. Le voir persévérer sans jamais se décourager me touche profondément. Il est tellement résilient que je ne l’ai jamais vu baisser les bras.
Recrées-tu cette dynamique familiale avec tes propres enfants ?
J’ai vraiment l’impression d’être l’ombre de ce que mon père a été pour moi. Être père, c’est une position particulière : regarder d’où l’on vient et élever de petits êtres humains tout neufs, naïfs, remplis de candeur, c’est le plus grand travail de ma vie. On est exigeants envers nous-mêmes pour de bonnes raisons, parce qu’on veut le meilleur pour eux. Quand j’écoute la chanson, je m’autorise à vivre des émotions différentes de celles que je ressens avec mes propres compositions, puisque c’est une reprise. C’est certain que ça me touche. Je trouve qu’on a vraiment bien réussi.
Parle-moi de ta vie familiale.
Ça va très bien. J’ai une conjointe incroyable qui me permet, à l’occasion, de « partir à la guerre », comme je dis, pour vivre ma vie de musicien. Nos enfants vont bien ; ils sont gentils, équilibrés, et développent déjà de belles personnalités. On est chanceux : ils sont en santé, et je touche du bois. Au fond, c’est tout ce qui compte. Tant que les enfants vont bien et qu’on réussit à mettre du pain et du beurre sur la table, le reste importe peu.
Tu habites toujours au Saguenay ?
Oui, et pour l’instant, je n’ai aucune intention de retourner vivre à Montréal. Il y a de très belles écoles alternatives dans notre région. Les enfants vont dehors, observent les arbres et les champignons, et peuvent même aller pêcher en après-midi après les cours du matin. Toutes nos décisions sont prises en fonction de ce qui est le mieux pour eux. Ils ont la chance de grandir en région plutôt que coincés entre deux immeubles sur le Plateau. Pour ma famille, c’est l’idéal.
Tu dis que tu voyages beaucoup entre Nashville et Montréal. À quoi ressemble ce mode de vie ?
Je ne peux pas trop en parler pour le moment, puisqu’il y a encore des projets en développement, mais effectivement, Nashville fait toujours partie du portrait. Ma tournée devrait idéalement se poursuivre jusqu’à l’été 2027, et je combine tout ça avec l’écriture de nouvelles chansons.
Pour plus de détails : clementjacques.ca