Christine Beaulieu surprend avec un rôle inattendu qui risque de vous étonner
On peut voir Christine Beaulieu dans la série «Bon cop, bad cop» sur Crave.
Samuel Pradier
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Pour la série Bon cop, bad cop, Christine Beaulieu a accepté un rôle inattendu qui lui a permis de jongler avec plusieurs défis physiques. Tant dans sa vie que dans sa carrière, la comédienne se réinvente avec une audace qui la surprend elle-même. Rencontre avec une femme d’exception.
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Christine Beaulieu ne s’attendait à pas à se retrouver dans le costume d’une patronne de la police dans la série Bon cop, bad cop, de Patrick Huard. « Patrick m’a appelée pour me dire que ce serait le fun qu’on se parle. On est restés en ligne durant près de deux heures et demie. Il m’a expliqué qu’avec Anik, ils voulaient créer une rencontre entre les anglophones, les francophones, les peuples autochtones, quelque chose qu’on fait trop rarement. J’ai vu à travers cet appel toute son implication dans ce projet, et ça m’a touchée. »
Son personnage de Kim Dupuis est une personne multiple, une femme de pouvoir dans la mi-quarantaine, célibataire et séparée depuis environ un an. « Elle accorde beaucoup de temps à son travail, comme David Bouchard. Ils ont donc beaucoup de points en commun. Ça fait longtemps qu’ils se connaissent, et ce sont des amis. Il y a beaucoup de respect l’un envers l’autre, et on va voir comment ça va évoluer au fil des épisodes. Tout ça rend le personnage beaucoup plus intéressant que juste une boss fâchée ; elle a aussi des côtés vulnérables. Pour une actrice, c’est un rôle formidable. »
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Un rôle physique
Si Christine Beaulieu a accepté de jouer ce rôle, c’est aussi pour les défis qui l’accompagnaient, comme se battre contre des gars plus gros qu’elle ou prendre les commandes d’un avion... « C’est très, très rare de faire des batailles ou des cascades au Québec. Imagine, j’ai piloté l’avion au sol, mais pas dans les airs. C’est inhabituel d’avoir à jouer quelque chose qui ne se passe pas pour vrai. J’ai aussi aimé me battre ; même avec Patrick, on a eu une scène assez physique. C’était vraiment intéressant. »
La comédienne remarque que les rôles féminins se sont considérablement affirmés dans de la série et ont gagné en influence par rapport aux films de la franchise. « Ils se sont vraiment rattrapés avec des personnages féminins très présents et forts. C’est beau de voir la différence, 20 ans plus tard. L’arrivée des communautés autochtones, ça rend le tout plus proche de la réalité, plus rassembleur aussi. C’est très intelligent. »
Par contre, elle est consciente que les budgets ont connu de grosses coupures, même si une série aussi prestigieuse que Bon cop, bad cop. « Je trouve qu’il fallait des acteurs avec de l’expérience pour bien rendre la série dans les conditions dans lesquelles elle a été tournée. On n’est pas dans des conditions américaines, on n’a pas plein de temps. Il fallait opérer rapidement. Être capable de faire un bon plan, ça prend deux bons acteurs qui s’écoutent vraiment, qui savent comment faire. C’est quelqu’un qui travaille d’une façon que j’aime. Aucune de ses prises n’est pareille. Ça fait qu’on est obligés de s’écouter, parce qu’on ne va jamais la faire de la même façon. Il est surprenant, et je me suis beaucoup retrouvée dans sa façon de jouer. »

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Des expériences enrichissantes
Christine Beaulieu a dernièrement tourné dans le film Le trou du cul du monde, de Renée Blanchar. « J’ai passé un mois et demi dans la péninsule acadienne, à Caraquet. C’était une belle rencontre avec le peuple acadien. J’ai d’ailleurs joué avec des acteurs acadiens, avec un accent et des expressions différentes. »
Le personnage principal du film est né en Acadie, mais elle est partie à l’âge de 17 ans pour aller faire ses études en lettres et est devenue autrice. Le titre de son premier livre s’appelait Le trou de cul du monde, dans lequel elle réglait ses comptes avec son village. Avec le temps, elle est devenue persona non grata, d’autant plus que son père était le maire de ce village-là. « 20 ans plus tard, elle revient dans son village pour la première fois, parce que son père est mort. Mais elle est devenue montréalaise, c’est une étrangère. C’est vraiment un beau personnage, parce qu’on la prend à un moment de sa vie, à mon âge, où elle est en panne d’écriture. Retourner dans son pays natal, ça va finalement la réveiller. »
D’ici la sortie du film, la comédienne sera à l’Espace Libre dans un spectacle intitulé Jardin, d’après un texte d’Evelyne de la Chenelière, à compter du 8 septembre. « On va recréer un jardin dans le théâtre, un vrai jardin avec des plantes, des arbres... On devrait avoir près de 1000 espèces différentes, ce sera comme un parc. Avec Lyndz Dantiste, on va jouer une sorte d’Adam et Ève, réinventés et habillés. C’est complètement flyé, avec une portée écologique et poétique, une réflexion sur notre rapport aux végétaux. »
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Entre repos et travail
L’été de Christine Beaulieu sera parsemé de représentations théâtrales, mais avec beaucoup de vacances. « J’ai besoin de vacances, mais je vais faire quelques représentations de la pièce Les saumons de Mitis à Québec et au Jardin de Métis. J’y vais depuis 2021 et ils fêtent cette année leur centième anniversaire. Je trouverais difficile de ne pas y aller, je suis vraiment attachée à cet endroit. Je viens probablement de vivre mon année la plus chargée en termes de travail. Mais j’étais dans un bon état d’esprit et une bonne forme. »
L’année précédente a été particulièrement rocambolesque pour la comédienne. « C’était une année très difficile qui m’a enseigné beaucoup sur la manière d’aborder le travail, m’enlever de la pression et essayer de trouver comment le faire dans la joie et le plaisir. Je ne dis pas que c’est réglé, mais je me suis améliorée. J’ai connu moins de perte de temps à plonger dans les doutes, j’avais plus de confiance en moi. »

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Roy Dupuis en sabbatique
Si le comédien Roy Dupuis est plutôt discret depuis quelque temps, c’est tout simplement parce qu’il a décidé de s’accorder une petite pause d’une durée indéterminée, simplement pour profiter de la vie. Nous l’avons récemment croisé à la soirée-bénéfice de l’École nationale de théâtre, où il s’est souvenu de ses débuts avec une certaine nostalgie. « Je suis arrivé dans cette école en 1982, et ça reste probablement la plus belle période de mon existence. Je viens de l’Abitibi et ma mère s’est sauvée de mon père pour s’installer à Sainte-Rose, à Laval. C’était une période de gros changements pour moi. J’ai énormément appris entre les murs de cette école. J’y ai rencontré mon metteur en scène préféré, René Richard Cyr, et depuis ma sortie, j’ai eu une carrière bien au-delà de mes attentes. J’ai vraiment été surpris par la vie et je ne pensais jamais me rendre là où je suis aujourd’hui et avoir fait ce que j’ai fait. » Roy Dupuis n’a aucun projet à l’horaire pour les prochains mois, et il compte garder ça ainsi pendant quelque temps.
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