Champion du Tournoi des Maîtres: «Je ne peux pas croire que je l’ai encore fait» — Rory McIlroy
Il rejoint Tiger Woods, Nick Faldo et Jack Nicklaus parmi les uniques champions à avoir défendu leur titre avec succès au Augusta National


François-David Rouleau
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AUGUSTA | Rory McIlroy a rêvé pendant 16 ans d’obtenir le veston vert. Il n’a attendu que 12 mois avant de le défendre avec succès, au bout d’une semaine qu’il contrôlait jusqu’à un week-end plutôt chaotique. Au Augusta National, il a résisté à la féroce compétition en entrant dans un autre groupe select qui tient sur les doigts d’une main.
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« Je voulais revenir et prouver que l’an passé, ce n’était pas un coup de chance, a exprimé le champion, sur la pelouse sainte de cette parcelle de terre reconnue comme étant la Mecque du golf. C’est un tournoi incroyable et c’est ce qui le rend si unique. »

Pour rejoindre les Jack Nicklaus (1966), Nick Faldo (1990) et Tiger Woods (2002), qui sont les seuls à avoir conservé leur veston dans l’histoire à Augusta, le Nord-Irlandais de 36 ans a sué. Car cette avance de six coups qu’il s’était forgée à l’issue de 36 trous a fondu sous le chaud soleil de la Géorgie ce week-end.
À l’aube de la ronde finale, il se trouvait à égalité avec le pimpant Cameron Young, alors que de gros noms comme Justin Rose, Jason Day, Shane Lowry et Scottie Scheffler veillaient en maraude derrière.
Sur le neuf d’allée, McIlroy a accusé deux coups de retard sur Young après un double boguey sur la normale 3 du quatrième fanion. Il s’est ressaisi au septième trou en amassant quatre oiselets jusqu’au 13e, dont deux au fameux Amen Corner, afin de reprendre sa place au sommet du tableau.

Un sur quatre
N’ayant pas fait de gaffe majeure jusqu’au 72e et dernier trou — comme il l’a si souvent fait autrefois autour du ANGC, dont un spectaculaire déraillement en 2011 —, il avait une fois de plus rendez-vous avec l’histoire. Patient et exécutant les coups importants avec une précision quasi chirurgicale sur un parcours brûlé par le soleil de la semaine, il a terminé la besogne. Non pas sans laisser les « patrons » et téléspectateurs sur le bout de leur chaise en ratant « trois des quatre derniers élans du tertre du 17e au 18e», comme il l’a signalé à la blague.
Avec une carte finale de 71 (-1) et un dossier cumulatif de -12, il a devancé Scheffler par un coup et Tyrrell Hatton, Russell Henley, Justin Rose et Cam Young par deux coups.
« Je ne peux pas croire que j’ai attendu aussi longtemps avant de gagner ce veston vert et là, j’en gagne un autre. Je suis tellement content d’avoir résisté », a-t-il soufflé, en précisant que son jeu court lui avait sauvé les fesses.

« Je faisais comme si c’était simple dans ma jeune vingtaine quand je gagnais des tournois par huit coups, a-t-il dit en plaisantant, à propos de cette victoire retentissante par huit coups au Championnat de la PGA d’Amérique en 2012. Mais c’est difficile de gagner, surtout par ici, quand les rondes finales sont si souvent serrées. C’est la particularité de ce parcours. »
Long séjour
Ce 18e passage à Augusta a été plus long, car il y a passé les trois dernières semaines afin de se préparer pour cette occasion. Il a étudié attentivement ce parcours qui l’a couronné après lui avoir donné tant de difficultés.
Selon lui, l’ANGC lui a livré une autre leçon. « Les bonnes choses surviennent à ceux qui sont patients. J’ai continué mon chemin dans cette aventure. »
Contrairement à l’an dernier, ses parents, Gerry et Rosie, ont assisté à cette sixième victoire en championnat de Grand Chelem. Un moment fort en émotions, alors qu’ils l’attendaient à la sortie du vert du 18e.

« J’ai dû les convaincre de venir cette année, parce qu’ils croyaient que leur absence m’avait aidé à gagner.
« En enfilant le veston vert ce soir, je suis content de leur avoir prouvé le contraire », a-t-il ajouté, la voix empreinte d’émotions, surtout après avoir aperçu sa fille Poppy, sa femme Erica et ses parents derrière le vert au moment du court roulé final.

« Je ne pouvais pas croire que je l’avais encore fait. C’est incroyable. »