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Chaleur au US Open: «Un joueur va mourir», prévient Daniil Medvedev en plein match

Daniil Medvedev se vide une bouteille d’eau sur la tête après avoir battu Andrey Rublev en quarts de finale au US Open.
Daniil Medvedev se vide une bouteille d’eau sur la tête après avoir battu Andrey Rublev en quarts de finale au US Open. Photo AFP
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2023-09-07T15:19:25Z

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Il faisait un écrasant 35 degrés Celsius à New York mercredi après-midi, durant le match de quarts de finale du US Open entre Andrey Rublev et Daniil Medvedev. Et lors d’un de ses nombreux arrêts au bac à serviettes pour éponger son visage en sueur, ce dernier a lancé directement à la caméra qui le filmait «qu’un jour, un joueur allait mourir» dans pareilles conditions.

«Et ils vont voir», a ajouté le Russe, qui allait éventuellement triompher de son meilleur ami en trois manches et 2 h 48 min, dans un avertissement qui adressé soit aux têtes dirigeantes des circuits de tennis professionnel, soit à celles de ces Internationaux des États-Unis.  

Les deux joueurs ont été incommodés par la chaleur et par l’humidité élevée sur le central de Flushing Meadows tout au long de la rencontre. 

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Le toit du stade Arthur-Ashe avait été partiellement fermé afin d’offrir un peu de fraîcheur aux spectateurs, mais semble-t-il que cela ne changeait rien pour les athlètes sur le terrain. 

Andrey Rublev.
Andrey Rublev. Photo Getty Images via AFP

Si cela n’a pas paru dans la qualité de leur jeu – notamment celui de Medvedev, qui courait sur toutes les balles –, leur visage ruisselant de transpiration et leurs vêtements détrempés témoignaient tout de même de leur inconfort. 

Le nez brûlé par la serviette

La troisième tête de série a d’ailleurs si souvent essuyé son visage que son nez a été «brûlé» par la serviette, a-t-elle raconté en conférence de presse. 

Daniil Medvedev.
Daniil Medvedev. Photo Getty Images via AFP

Après l’avoir fait devant la caméra, le champion de 2021 a réitéré auprès des journalistes son inquiétude pour les athlètes. 

Ce dernier a d’ailleurs fait appel au thérapeute entre deux jeux, qui l’a fait inhaler un produit dans une pompe afin de l’aider à respirer. 

«Je n’avais plus rien à donner, mais si le match s’était poursuivi, j’aurais puisé plus loin encore, a dit le Russe. Et c’est ce que je trouve dangereux. On se demande: “Jusqu’où peut-on aller?”»

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«Je ne sais pas ce que nous pouvons faire, a-t-il poursuivi. On ne peut sûrement pas arrêter le tournoi durant quatre jours – parce que ça fait quoi, trois, quatre jours que [la température] est aussi rude –, car ça ruinerait tout: les télédiffuseurs, les billets, tout. Ça ruinerait tout.» 

Dangereux pour la vie

Le Dr Luc de Garie, président de l’Association québécoise des médecins du sport et de l’exercice, trouve lui aussi dangereux le fait de laisser ces athlètes s’esquinter sur le terrain pendant de longues heures par une telle chaleur. 

Car si les températures élevées ont d’abord un impact sur la performance sportive, il souligne également que ces joueurs, malgré les nombreuses heures qu’ils passent presque quotidiennement à l’entraînement, ne sont pas à l’abri d’un coup de chaleur, qui se produit lorsque la température du corps devient trop haute.

«[Une température corporelle] au-dessus de 40 ou 41 degrés, c’est dangereux pour la vie», a-t-il expliqué en entrevue au Journal

«Rendu à ce niveau, il y a un impact cognitif important, a ajouté le Dr de Garie. [...] Les gens vont être confus, les comportements vont être étranges. La respiration va être de plus en plus difficile, le pouls va être rapide.»

«Et c’est dangereux, parce que les organes peuvent carrément décider de cesser de fonctionner.»

Dans les vapes au vestiaire

Le Dr de Garie se demande si le US Open n’aurait pas pu décider de déplacer les rencontres en soirée, lorsque le temps devient tout de même un peu plus frais. 

Il rappelle aussi qu’il n’est vraiment pas recommandé, pour le commun des mortels, de pratiquer des activités sportives quand le mercure est aussi élevé. 

Le temps était à nouveau très chaud à New York jeudi – avec un ressenti d’environ 39 degrés – et Nicolas Mahut a lui aussi reçu la visite du soigneur durant la demi-finale du double masculin, jouée en après-midi. Le Français s’est plaint d’étourdissements. 

Medvedev, lui, a raconté avoir été dans les vapes à son retour au vestiaire, une fois le match face à Rublev bouclé. 

«Je ne pouvais plus voir clairement. Parce que la rencontre était terminée, je n’étais plus sous l’effet de l’adrénaline», a-t-il souligné. 

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