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«On essaye d’être forts, d’être des machines»: les raisons derrière le message touchant de Leylah Fernandez à ses fans

Photo AFP
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2023-09-01T04:00:00Z

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NEW YORK | Derrière le sourire contagieux qu’elle affiche après ses victoires, Leylah Fernandez avait un poids sur les épaules. Celui d’une saison difficile sur le plan mental, d’une campagne durant laquelle elle a eu l’impression, par moments, d’avoir fait des pas en arrière et non en avant, a-t-elle confié au Journal dans une entrevue exclusive.

D’avoir aussi un peu «détruit» son jeu, même si elle précise que ce n’est pas tout à fait le mot juste (le français n’est pas la langue qu’elle maîtrise le plus), en voulant calquer son tennis sur celui d’autres joueuses plutôt que de travailler sur ses forces. 

Photo MEGA/WENN
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Mais mercredi, quand elle est entrée dans le «congélateur» – c’est ainsi qu’elle surnomme le centre média à New York, là où le climatiseur fonctionne à plein régime – pour rencontrer Le Journal, la Québécoise était détendue. 

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Relaxe dans son survêtement Lululemon, une victoire en double en poche aux côtés de l’Américaine Taylor Townsend, Leylah avait le sourire facile. 

La parole facile aussi. 

C’est qu’elle s’était «libérée», plus tôt en journée, en publiant un message sur les réseaux sociaux dans lequel elle a évoqué justement la «bataille mentale» que constitue le tennis professionnel et qui la pousse parfois «jusqu’à [ses] limites». 

Elle voulait partager ses états d’âme

La journée de mardi n’avait pas été facile. Deux ans après avoir atteint la finale au US Open, Fernandez y a été éliminée dès le premier tour en simple, au terme d’une bagarre en trois manches qui a duré plus de trois heures contre la 22e tête de série, la Russe Ekaterina Alexandrova. 

Photo Getty Images via AFP
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Très sévère, malgré une performance souvent explosive qui a tenu bon nombre de fans au bout de leur siège, Leylah s’accordait après cette défaite une note de «2 sur 10». 

«C’était difficile pour moi, parce que je m’étais fixé de très hautes attentes, a-t-elle confié, le lendemain. Alors après, j’ai discuté un peu avec mon équipe, et j’ai dit que ce serait bien de pouvoir publier ce message.»

«Pas des machines»

Ces mots, ceux qui parlent «des jours où la lutte mentale devient envahissante» et des «revers qui ne sont qu’un tremplin vers le succès», la Lavalloise de 20 ans explique que ce sont les siens. 

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Photo AFP
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Elle a tout de même demandé de l’aide à ses proches, ceux qui dans la dernière année l’ont vue «souffrir», «traverser des hauts et des bas», afin de trouver les expressions justes. 

Et ça lui a «fait du bien de l’écrire». Pas juste pour elle ou pour ses fans, mais pour ajouter sa voix à celles des joueurs qui parlent de l’aspect mental difficile du circuit, de rassurer les athlètes qui angoissent, en leur rappelant qu’il peut arriver de se sentir perdu dans ces longues saisons. 

«Après une défaite, on a des émotions très négatives, a-t-elle expliqué. On essaye de se mettre un sourire au visage après un match, mais parfois, c’est difficile.»

«On essaye d’être forts, d’être des machines, parce que c’est ce à quoi les gens s’attendent de nous. Mais on n’est pas des machines.» 

«Difficile de travailler fort»

Quand elle évoque les moments difficiles de cette saison, Fernandez n’en cible pas un en particulier, même s’il y a eu ces quelques défaites au premier tour, qui ont contribué à faire reculer son classement jusqu’au 96e échelon, elle qui était 13e en août dernier.

C’est plutôt «une réflexion globale», explique-t-elle, tout en soulignant avoir vécu aussi de bons moments, dont ses nombreuses victoires en double. 

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«Sauf que, par moments, c’était un peu difficile dans les derniers mois de travailler fort et de continuer dans le bon chemin.»

Mais elle assure maintenant être soulagée d’un poids et «être prête», «pleine d’énergie» pour la suite de la saison. 

Déjà, a-t-elle souri, ses résultats des dernières semaines l’ont fait remonter au 67e rang mondial. 

Et d’une performance cotée à 2 sur 10 la veille, sa défaite contre Alexandrova était devenue un match «qui s’est joué à quelques points» et dans lequel elle a vu «du progrès» dans son jeu.

«Après mon message, j’ai mieux accepté la défaite, même si elle fait encore mal.»

La traduction libre en français:

«Je voulais prendre un moment pour partager certaines pensées. Même si je suis déçue du résultat, je crois que tant la victoire que la défaite font partie de cette incroyable épopée qu'est le monde du tennis.

Le tennis, ce n'est pas que de la force physique et de la technique; c'est une bataille mentale qui me pousse jusqu'à mes limites. Chaque match, chaque point défient ma résilience et ma détermination. Et oui, il y a des jours où la lutte mentale devient envahissante, quand les doutes s'invitent.

Mais il y a une chose: je sais que je ne suis pas seule. Tous les athlètes font face à des moments de doute. C'est ce que nous faisons de ces moments qui nous définit. Je m'applique à apprendre et à grandir de ces expériences, à me servir de la déception afin de me pousser à me dépasser et à devenir une meilleure joueuse. Et, plus important encore, une personne plus forte.

Je suis reconnaissante pour le soutien sans borne de mes incroyables fans, de mon équipe et des gens que j'aime. Vos encouragements me donnent la force de continuer à me battre, même quand les choses ne se déroulent pas comme prévu. Rappelez-vous, les revers ne sont que des tremplins vers le succès.

Même si ce récent résultat me fait mal, je choisis d'accepter le processus, les victoires comme les défaites, et les leçons qui viennent avec. Merci d'être à mes côtés, et je vous promets de continuer à tout donner.»

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