Crédit : Photo d'archives Agence QMI, JOEL LEMAY

Sports divers

Nos athlètes olympiques angoissent

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À moins de cinq mois des Jeux olympiques de Tokyo, dont le coup d’envoi est prévu le 23 juillet, l’incertitude est toujours aussi grande et les athlètes ne savent pas sur quel pied danser.

Déjà que l’entraînement a été dramatiquement modifié et que le calendrier de compétitions a été bouleversé dans certains cas et placé carrément sur pause dans d’autres disciplines, les athlètes sont continuellement en mode adaptation. L’article du «Times» de Londres en janvier qui affirmait que la décision d’annuler les Jeux était déjà prise a ajouté une bonne couche d’appréhensions, même si le CIO et le comité organisateur ont rapidement nié la nouvelle.

Blanchie en janvier 2020 pour un test positif au ligandrol subi en août 2019 qui avait mené à une suspension provisoire, Laurence Vincent Lapointe ne regarde pas trop loin, elle qui vise la médaille olympique en C-1 alors que le canoë féminin fera sa rentrée aux Jeux olympiques de Tokyo. «J’essaie de ne pas me projeter trop loin parce que c’est inutile, souligne-t-elle. Je prends les journées une à la fois.»

Meaghan Benfeito abonde dans le même sens. «Devant l’incertitude, je ne vous le cacherai pas, c’est difficile, indique la plongeuse de 31 ans qui compte trois médailles olympiques à son palmarès en trois participations et dont les Jeux de 2021 seront les derniers. Il faut y aller un jour à la fois.»

Partenaire de Benfeito dans l’épreuve du 10 m synchronisé, Caeli McKay souhaite vivre ses premiers Jeux en compagnie de son idole de jeunesse. «Pour moi, ça serait mes premiers Jeux à Tokyo, mais ce serait les derniers de Meaghan. C’est donc notre dernière occasion de vivre les Jeux olympiques ensemble.»

Moments difficiles

Coéquipière de Benfeito au sein de l’équipe nationale, Jennifer Abel vit elle aussi des moments difficiles. «C’est certain que c’est difficile de garder la motivation, reconnaît celle qui a remporté le bronze au 3 m synchronisé aux Jeux de Londres en 2012 et terminé en 4e position à deux reprises en 2016 à Rio. Le plus difficile, ce n’est pas l’incertitude par rapport à la présentation des Jeux, mais c’est plutôt le fait qu’il n’y a rien devant nous. Il n’y a pas de compétition. Il n’y a vraiment rien.»

Doutes

Membre du K-4 500 m, le kayakiste Pierre-Luc Poulin a reçu un choc quand il a été mis au parfum de l’annulation possible des Jeux. «Je n’ai pas l’habitude de me baser sur des rumeurs, mais ce ne fut pas facile de m’endormir après la nouvelle du "Times". Ç’a créé des doutes. Ça peut être lourd comme situation parce que notre entraînement des dernières années pourrait s’envoler en fumée, mais il y aura des raisons valables si jamais l’annulation est la seule solution.»

Qualifié pour Tokyo depuis octobre 2019, le gymnaste René Cournoyer ne cache pas son stress. «C’est stressant et il y a beaucoup de bruit autour de ça qu’on essaie d’ignorer, mais ça crée de l’angoisse dans la préparation. On se demande si on pourra avoir la préparation optimale pour les Jeux.»

-Avec la collaboration de Mathieu Boulay, Dave Lévesque, Benoît Rioux et Julie Roy.