«C’est le retour de l’austérité»: Québec met aussi les freins dans les chantiers des cégeps
Les deux tiers des établissements collégiaux sont pourtant en mauvais état

Daphnée Dion-Viens
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Même si les deux tiers des cégeps sont en mauvais état, Québec met aussi les freins dans des projets de rénovation et d’agrandissement du réseau collégial.
Des directives émises par le ministère de l’Enseignement supérieur au cours des derniers jours forcent les cégeps à réduire leur budget d’investissement pour les trois prochaines années, comme c’est le cas pour le réseau universitaire.
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Concrètement, des dizaines de projets de rénovation et d’agrandissement devront être reportés. Or la majorité des bâtiments collégiaux sont en mauvais état (65%) et plusieurs cégeps manquent d’espace en raison d’une hausse «historique» du nombre d’étudiants cet automne.
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Comme pour les universités, l’impact de ces restrictions budgétaires varie d’un cégep à l’autre, selon les projets prévus.
Au cégep de l’Outaouais, le budget d’investissement devra être réduit de 54%, peut-on lire dans une lettre transmise par la direction aux membres du personnel, obtenue par Le Journal.
L’impact est semblable dans d’autres établissements, indique la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), qui représente la majorité des profs de cégep.
«C’est le retour de l’austérité», lance son président, Benoît Lacoursière, qui estime que la situation est «extrêmement inquiétante» considérant l’ampleur des besoins en matière d’infrastructure dans le réseau collégial.
«Décision insensée»
De son côté, la Fédération des cégeps confirme que tous les établissements sont touchés, dans toutes les régions de la province.
Sa présidente-directrice générale, Marie Montpetit, parle d’une «décision insensée» qui «défie toute logique» considérant la situation.
Plutôt que le «coup de barre» espéré, les cégeps doivent faire face à une «tempête parfaite» qui menace l’accessibilité à certains programmes, puisque des équipements ne pourront être renouvelés, déplore-t-elle.
Tout le réseau public est touché
Au cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, on explique que ces directives qui proviennent du Conseil du trésor concernent l’ensemble du réseau public.
Son attaché de presse, Simon Savignac, fait toutefois valoir qu’il ne s’agit pas de coupes. Les sommes prévues au Plan québécois des infrastructures, prévues sur dix ans, restent les mêmes, mais la capacité de dépenser ces sommes est décalée de quelques années, ce qui force les établissements à réduire leur budget d’investissement dans l’immédiat, explique-t-il.
«On ne peut pas parler de compressions, on parle plutôt d’une meilleure répartition [des sommes] dans le temps», affirme M. Savignac.
Des projets d’agrandissement et de rénovation pourraient néanmoins être repoussés, reconnaît-il. Des discussions sont en cours entre le ministère de l’Enseignement supérieur et les cégeps «pour éviter des impacts néfastes sur les projets qui sont plus urgents que d’autres», précise-t-il.
Les projets de rénovation qui pourraient représenter une menace pour la «santé et la sécurité» ou entraîner des «bris de service complet» s’ils ne sont pas réalisés pourraient ainsi obtenir le feu vert de Québec, peut-on lire dans la lettre transmise par la direction du cégep de l’Outaouais.
Les autres projets pour lesquels aucun contrat n’a encore été conclu sont toutefois suspendus temporairement, précise-t-on.
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