Les voix se multiplient pour dénoncer la place quasi inexistante qu’occupe l’éducation dans la campagne électorale alors que le réseau scolaire peine à se relever de la pandémie.
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« Il me semble que quand c’est une priorité, on n’attend pas trois jours avant le vote pour en parler », s’impatiente Sylvain Martel, porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec (RCPAQ).
Depuis quelques jours, plusieurs acteurs du milieu s’impatientent de voir les sujets reliés à l’éducation si peu souvent percoler dans la grande conversation générale de la campagne électorale.
Une conférence de presse virtuelle réunissant plusieurs associations de directions et de parents aura d’ailleurs lieu vendredi.
- Écoutez l'entrevue avec Sylvain Martel à l’émission de Yasmine Abdelfadel diffusée chaque jour en direct 14 h 15 via QUB radio :
Pas de réponse
Dès la fin août, le RCPAQ a envoyé une série de questions aux cinq principaux partis provinciaux.
C’est aussi ce qu’a fait Catherine Harel Bourdon, mère de trois enfants et présidente du Mouvement pour une école moderne et ouverte (MEMO), qui dénonce notamment un système qui décourage l’implication des parents et de la communauté dans les écoles.
« On dit que ça prend un village pour éduquer un enfant. Mais il est où, le village ? Quel rôle on veut lui donner ? », image-t-elle.
Mme Harel Bourdon était une des figures les plus visibles du monde de l’éducation en tant que présidente de la Commission scolaire de Montréal, jusqu’à l’abolition du système démocratique scolaire francophone au début de 2020.
« Ça m’inquiète et ça me questionne », dit-elle à propos du peu de place accordée à l’éducation.
À ce jour, elle a reçu des réponses concrètes du Parti libéral et de Québec solidaire et des accusés de réception de la CAQ et du Parti Québécois. Rien de la part du Parti conservateur.
M. Martel, lui, n’a reçu que des accusés de réception.
Le Journal a contacté les partis pour obtenir leur réaction. Au moment de publier, seuls le Parti libéral et Québec solidaire avaient répondu. Tous deux ont précisé que le RCPAQ recevra bientôt sa réponse.
« Rafistolage »
« Nous sommes en désaccord avec les propos des organisations quant au fait que l’éducation occupe une place quasi inexistante », indique par courriel Alexandra Régis, de l’équipe des communications du PLQ.
Les deux partis mentionnent que de nombreux engagements en éducation apparaissent dans leur plateforme et que plusieurs annonces sur le sujet ont déjà eu lieu.
Mais pour Stéphane Vigneault, fondateur du mouvement École ensemble, il est difficile de trouver un « projet inspirant » à travers tout ce « rafistolage ».
Tout comme le MEMO, le mouvement École ensemble voudrait que la question de la ségrégation scolaire et de l’école à trois vitesses soit abordée dans la campagne électorale.
« C’est un peu “chaque école pour soi” », abonde Mme Harel Bourdon. « C’est quoi le plan, au-delà de mettre des sous pour embaucher du personnel ou rénover les écoles désuètes ? »
École ensemble a d’ailleurs lancé une campagne sur le web pour inciter les organisateurs des débats des chefs qui auront lieu dans les prochaines semaines à inclure des questions sur l’éducation.
« L’éducation est le deuxième plus important poste budgétaire de l’État québécois », rappelle M. Vigneault.
État d’urgence
Pendant ce temps, les directions d’école s’inquiètent de voir l’ampleur du travail qui attend le système pour se remettre de la pandémie, avec la pénurie de personnel et la hausse probable du décrochage.
« Est-ce que le gouvernement est conscient des difficultés qu’on rencontre ? Je pense que non. Je pense que l’état d’urgence dans lequel on se trouve au quotidien n’est pas complètement compris », s’inquiète Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire.
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