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Écoles neuves et «transformables»

Des cloisons faites de panneaux coulissants permettent d’ajouter ou d’enlever des murs

La bibliothèque de l'école du Sommet à Laval, dont l’aménagement n’était pas terminé à la mi-août, est remplie de lumière grâce à d’immenses fenêtres.
La bibliothèque de l'école du Sommet à Laval, dont l’aménagement n’était pas terminé à la mi-août, est remplie de lumière grâce à d’immenses fenêtres. Photo MARTIN ALARIE
Photo portrait de Daphnée  Dion-Viens
2022-09-06T04:00:00Z

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Les écoles québécoises n’ont jamais été en si mauvais état, mais le nombre de bâtiments neufs s’est aussi multiplié au cours des dernières années. Les projets du Lab-école ont fait couler beaucoup d’encre alors qu’à Laval, des écoles «flexibles» et «transformables» peuvent maintenant s’adapter aux besoins des élèves.

L’école primaire du Sommet, à Laval, a accueilli ses tout premiers élèves il y a quelques jours à peine. Lors du passage du Journal à la mi-août, le directeur Jasmin Clément et son équipe s’affairaient à défaire les boîtes afin que tout soit prêt pour leur arrivée. 

«Ici, on n’a pas de problème de recrutement, tous nos postes sont comblés. Avec un environnement comme celui-là, ça donne le goût de venir travailler», lance-t-il avec un grand sourire. 

Avec ses larges fenêtres et ses murs extérieurs ornés de bois et d’aluminium aux accents «bleu fleurdelisé», le nouvel édifice qui a fière allure arbore la «signature architecturale» définie par le gouvernement Legault pour les nouvelles constructions dans le réseau scolaire. 

Le gymnase peut être facilement séparé en deux sections.
Le gymnase peut être facilement séparé en deux sections. Photo MARTIN ALARIE

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«MODULABLE ET FLEXIBLE »

Mais il y a plus : l’école fait figure de pionnière, tout comme celle des Aventuriers située quelques kilomètres plus loin, puisqu’elle est «transformable, flexible et modulable » (TFM). 

Ce concept, imaginé par l’équipe des ressources matérielles du centre de services scolaire de Laval, repose sur des cloisons faites de panneaux coulissants qui permettent d’ajouter ou d’enlever des murs, selon les besoins. 

À l’école du Sommet, une grande salle polyvalente peut se transformer en trois plus petits locaux. Des classes peuvent être facilement jumelées pour permettre aux enseignants de travailler en équipe. Un local peut être séparé pour accueillir 8, 16 ou 32 élèves. 

Plusieurs cloisons amovibles permettent de jumeler des locaux, comme ces deux classes.
Plusieurs cloisons amovibles permettent de jumeler des locaux, comme ces deux classes. Photo MARTIN ALARIE

CONVERTISSABLE DE PRIMAIRE À SECONDAIRE

De son côté, l’école des Aventuriers a même été conçue pour être transformée éventuellement en école secondaire, grâce à ses larges corridors et multiples cloisons amovibles sur lesquels on peut écrire, comme sur un tableau. 

«Les élèves évoluent, les quartiers changent, alors on voulait avoir des projets qui permettent différents aménagements, pour que les écoles puissent s’adapter aux besoins des élèves», explique le directeur général du centre de services, Yves Michel Volcy. 

Les écoles «TFM» coûtent un peu plus cher à construire, mais les économies à long terme seront «importantes», assure-t-il. 

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L’extérieur du bâtiment est recouvert de bois et d’aluminium «bleu fleurdelisé», comme le prévoit la nouvelle signature architecturale de Québec pour les écoles neuves.
L’extérieur du bâtiment est recouvert de bois et d’aluminium «bleu fleurdelisé», comme le prévoit la nouvelle signature architecturale de Québec pour les écoles neuves. Photo Martin Alarie

«On n’a plus besoin de jeter des murs par terre et d’en reconstruire pour reconvertir des locaux quand on crée des classes spécialisées, par exemple. Notre intention, c’est d’intégrer ce concept-là dans toutes nos nouvelles constructions», affirme M. Volcy. 

Avoir la possibilité de transformer éventuellement de nouvelles écoles primaires pour accueillir les ados du secondaire représente par ailleurs un atout de taille pour le centre de services de Laval, où le nombre d’élèves est en constante croissance alors que les terrains sont une véritable denrée rare. 

Les écoles «TFM » pourraient d’ailleurs se multiplier dans les prochaines années, puisque dans son nouveau guide de planification immobilière, le ministère de l’Éducation recommande désormais la construction de nouvelles écoles «flexibles, adaptatives et évolutives».

 

Déjà à l’étroit dans un bâtiment fraîchement inauguré à Montréal

L’escalier principal de l’école Sainte-Lucie, à Montréal, s’ouvre sur un atrium lumineux de trois étages. Il comprend même une glissade qui n’était toutefois pas en fonction lors du passage du Journal en juin.
L’escalier principal de l’école Sainte-Lucie, à Montréal, s’ouvre sur un atrium lumineux de trois étages. Il comprend même une glissade qui n’était toutefois pas en fonction lors du passage du Journal en juin. Photo Daphnée Dion-Viens

Plus de sept ans après avoir quitté leur école en raison de moisissures, le personnel et les élèves de l’école Sainte-Lucie, à Montréal, sont de retour dans une école toute neuve aux couleurs vives... où ils sont déjà à l’étroit. 

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«Notre patience a été récompensée», lance l’enseignante de maternelle Lamia, le sourire aux lèvres. 

En janvier, les élèves et les membres du personnel ont découvert leur nouvel établissement scolaire, à mille lieues de l’ancienne école Sainte-Lucie qui a été fermée en 2014 à cause de la présence de moisissures. 

Les plafonds sont hauts, les corridors, très larges, et la fenestration, généreuse. «On respire!», lance son sympathique directeur, Christian Milliard. 

Les élèves ont maintenant accès à une terrasse sur le toit, à une cour toute neuve, à un grand gymnase et à des murs sur lesquels on peut écrire. 

Dans l’escalier principal, une glissade permettra même aux élèves de se rendre en bas plus rapidement.

Ce nouvel environnement, beaucoup plus vaste, semble avoir un impact positif sur les élèves. 

DES JEUNES PLUS DISCIPLINÉS

Plusieurs enseignants ont remarqué qu’ils avaient moins de problèmes de comportement depuis qu’ils ont emménagé dans leurs nouveaux locaux. 

Il faut dire que pendant sept ans, élèves et membres du personnel ont été relocalisés dans une partie de l’école secondaire Louis-Joseph-Papineau, surnommée le «bunker» parce qu’elle n’a comme fenêtres que des meurtrières. 

«Le fait, pour les élèves, d’avoir de l’espace, de respirer, de voir la lumière du jour, d’être bien dans leur environnement... J’ai vu une grosse différence au niveau de la gestion de classe», affirme l’enseignante Madeleine Forget. 

L’école Sainte-Lucie a été l’une des premières écoles démolies et ensuite reconstruites au centre de services scolaire de Montréal, bien avant que le ministère ne crée une enveloppe spécifique pour ce type de travaux, à partir de 2020. 

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L’aventure a toutefois traîné en longueur, notamment en raison d’une demande d’agrandissement qui n’a finalement jamais été approuvée par le ministère de l’Éducation. 

PAS ASSEZ GRANDE

Résultat : à peine emménagés, les élèves et les membres du personnel sont déjà un peu à l’étroit dans leur nouvelle école. 

Deux locaux de services de garde ont dû être transformés en classes. Il n’y a pas de classe pour l’enseignant d’anglais, qui se promène plutôt d’un local à l’autre. 

Et plus d’une vingtaine d’enfants sont sur la liste d’attente pour une classe de maternelle 4 ans, faute d’espace disponible pour accueillir un nouveau groupe. 

«Il faut faire avec», lance M. Milliard, qui se réjouit néanmoins de ce nouvel environnement lumineux et coloré, qui fait aussi le bonheur des élèves. 

 

Aux études dans des chalets préfabriqués

À Laval, des chalets préfabriqués transformés en classes remplacent les traditionnelles «roulottes» en cas de manque d’espace.
À Laval, des chalets préfabriqués transformés en classes remplacent les traditionnelles «roulottes» en cas de manque d’espace. Photo Courtoisie

Des centaines d’élèves de Laval passent leurs journées dans des chalets préfabriqués, munis de larges fenêtres et d’un plafond de bois. 

Plutôt que de louer de dispendieuses unités modulaires (communément appelées «roulottes») pour loger les élèves lorsqu’il manque d’espace, le Centre de services scolaire de Laval a plutôt décidé, il y a cinq ans, de transformer des chalets préfabriqués en classes, en collaboration avec Industries Bonneville. 

Ces «maisons-classes», qui permettent d’accueillir quatre groupes d’élèves, peuvent être déplacées d’une école à l’autre, selon les besoins. Ces locaux serviront pendant encore une dizaine d’années, évalue le Centre de services scolaire de Laval. 

De supermarché à lieu d’enseignement primaire

Cet ancien supermarché IGA de Laval sera converti en école primaire.
Cet ancien supermarché IGA de Laval sera converti en école primaire. Photo MARTIN ALARIE

À Laval, le manque de terrain force aussi le centre de services scolaire à faire preuve de créativité. L’organisation a fait l’acquisition d’un terrain sur lequel est situé un ancien supermarché IGA, situé à l’angle du boulevard Curé-Labelle et de la 77e Avenue, qui sera transformé en école primaire. 

La reconversion de bâtiments existants est une solution de plus en plus privilégiée par le Centre de services scolaire de Laval. 

«C’est intéressant en matière de développement durable, c’est une autre façon d’innover», affirme son directeur général, Yves Michel Volcy.

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