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«Ça m'avait insulté»

TVA Sports

2021-03-15T22:34:32Z

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Près de huit ans depuis son dernier match dans la Ligue nationale de hockey, Steve Bégin est passé du papier sablé à l’acier de viaduc.

L’ancien agitateur des Canadiens de Montréal se consacre entièrement au domaine de la construction, puisqu’il est copropriétaire de Nobesco, une société d'ingénierie en construction dont le siège social est situé à Trois-Rivières. 

«C’est mon travail maintenant et il faut s’adapter, a-t-il raconté à JiC, lundi, sur TVA Sports. Ça m’a pris du temps. Pas le choix, car on a mis beaucoup de sous dans cette aventure.»

Bégin a disputé près de cinq saisons avec le Tricolore, où son style col bleu était des plus appréciés des partisans. Douze années ont passé depuis qu’il a revêtu la Sainte-Flanelle et il dit avoir «adoré» son expérience, même s’il est conscient que d’autres ne l’ont pas eu facile avant, pendant et après son passage dans la métropole.

«Ç’a été fantastique pour moi, indique-t-il sans hésiter. Si tu travailles fort et que tu te donnes tous, les matchs, tu n’auras pas de problème.»

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L’effort. Voilà le conseil qu’il offre à tous ceux qui s’amènent à Montréal. Mais il y a autre chose pour gagner l’admiration de ceux qui saignent Bleu-blanc-rouge, croit l’ancien numéro 22 : «tu dois t’ouvrir aux partisans. Aussitôt que j’avais une chance de parler avec un partisan, je lui parlais. Je lui donnais de mon temps. 

«Puis avec les médias. Tu dois être ouvert. Je pense que ça fait partie du travail, être là. Tu réponds du mieux de tes connaissances. Je crois que c’est une des choses qui font que ç’a bien été pour moi.»

REUTERS/Shaun Best
REUTERS/Shaun Best

Un public presque parfait 

Le TVASports.ca a publié dimanche un dossier-choc dans lequel plusieurs anciens membres du CH ont témoigné des mauvaises expériences vécues avec des amateurs radicaux et qui justifient une réticence qu’éprouvent certains athlètes à jouer pour le Canadien. 

Même si Bégin dit ne pas avoir vécu de telles scènes, il reconnait la passion parfois démesurée du public à l’égard des joueurs.

«Il arrivait souvent, lorsque je mangeais (au restaurant) avec ma famille, que des gens viennent s’asseoir avec nous pour manger. Quelquefois, les gérants venaient me voir. Je me sentais mal de leur dire "hé, je mange avec ma famille". Même que ma femme me disait "tu peux leur dire"», raconte-t-il.

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«Jamais ils n’ont été méchants avec moi.» 

Par contre, au lock-out de 2004-2005, pendant une séance d’autographes, Bégin a dû intervenir et «en remettre un à sa place». Le gel des activités était alors difficile pour tous ceux impliqués dans le milieu et les partisans qui s’impatientaient ne faisaient pas exception.

«Ça faisait longtemps qu’il gossait, se souvient-il. Il m’a dit "si j’étais toi, je ne jouerais pour rien dans la LNH. Vous êtes chanceux". Ça m’avait touché personnellement, car je me donnais toujours.

«J’étais quand même celui qui était le moins payé chez les Canadiens. Me faire dire ça, ça m’avait insulté. Ça m’avait touché droit au cœur, mais c’était la seule fois.»

Encourager Danault 

Bégin avoue qu’il ne voulait pas être échangé à une autre formation, lorsque le club l’a envoyé aux Stars de Dallas en février 2009 en retour de Doug Janik.

Pour un francophone, d’endosser l’uniforme mythique représente un honneur. Il cite le cas de Phillip Danault comme exemple.

«C’est un bon joueur qui se donne et il est fier d’être ici. Il ne faut pas l’oublier : un Québécois passe 12 mois par année ici. Il ne va pas se cacher dans un autre pays ou province. 

«Il fait toujours face à la musique et c’est toujours difficile. Danault, il faut être derrière lui. Il y a des choses qui n’auraient peut-être pas dû sortir. 

«Il faut l’encourager. Ce qu’il a fait dans les autres saisons, ça ne disparaît pas et c’est encore en lui. Il veut performer comme il l’a fait dans les dernières années et je suis convaincu qu’il peut encore le faire.»

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