Biographie de Rafael Nadal: quand l'auteur se glisse dans la peau d'un des athlètes les plus intenses de l'histoire


Jessica Lapinski
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Se glisser dans la peau d’un des athlètes les plus intenses que le sport a connus, c’est le défi que s’est donné l’auteur Christopher Clarey, quand il a voulu raconter le personnage plus grand que nature qu’est Rafael Nadal.
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«Rafa», avec sa hargne de gagner, son envie sans borne de ne rien lâcher durant les matchs, son palmarès inébranlable à Roland-Garros - et ses quelques tics, bien sûr – est devenu l’un des personnages sportifs phares de ce siècle.
Mais Nadal, c’est aussi «un homme de rites, un homme de constance, et il avait bien besoin de tout ça», a relaté M. Clarey, en entrevue avec Le Journal, dans le cadre du lancement de la biographie Nadal: le guerrier, un ouvrage de 534 pages publié aux éditions Flammarion.

«Quand vous écrivez quelque chose en profondeur, vous voulez vous glisser dans la peau de votre personnage. Et moi comme écrivain, j’ai mes moments de paresse, une tendance à remettre les choses à plus tard», évoque le sympathique journaliste américain au français impeccable.
Celui qui a couvert le tennis pendant des années pour le New York Times, notamment, n’a pas maintenu la routine une fois le manuscrit déposé, mais cette incursion dans l’univers de l’Espagnol lui a donné une bonne idée de sa mentalité.
Une mentalité qui lui a permis de réécrire un chapitre immense de l’histoire du tennis: 14 titres à Roland-Garros, c’était impensable avant Nadal et ce l’est après Nadal, qui a pris sa retraite il y a un an.
Nadal, en espagnol
Cette biographie, qui suit celle de Roger Federer, publiée il y a quatre ans, trace d’ailleurs en parallèle le parcours de «Rafa» et l’histoire du Grand Chelem parisien qui est devenu le sien, au fil des ans.
Tout y passe: de son enfance sur l’île de Majorque, qui a sans aucun doute forgé sa grande humilité, aux allégations de dopage, en passant bien sûr par ses innombrables sacres sur l’ocre parisien.
Christopher Clarey a maintes fois interviewé Nadal au fil de sa carrière. La première fois, le champion était encore un adolescent, mais il était «déjà formé mentalement», note-t-il.
Leurs entretiens se sont toujours déroulés en espagnol, ce qui lui a permis d’avoir des discussions plus en profondeur avec la légende.
Et il était comment, Nadal, durant ces têtes à têtes? «Il était très patient avec mon espagnol, ce qui est sympa, déjà!» lance l’auteur en riant.
«Au départ, c’était quelqu’un de timide, mais je pense qu’il a pris plus de confiance avec le temps, ajoute-t-il. [...] Et les Nadal, ils aiment bien le débat. Si vous dites quelque chose et qu’ils ne sont pas d’accord, ils ne vont pas se retenir.»
Gagner... contre lui
Dans les deux dernières décennies, Christopher Clarey a été aux premières loges des accomplissements astronomiques de Federer, Nadal et de Novak Djokovic, aussi.
Trois athlètes aux personnalités, aux parcours différents. Selon l’auteur, ce qui a fait la grande force de Nadal, c’est qu’il ne voulait pas gagner contre les autres joueurs du circuit.
Il voulait gagner contre lui-même.
«Pour lui, c’était une bataille interne, et non une bataille externe, pointe M. Clarey. Je pense que l’on peut tous apprendre de ça.»