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Après les erreurs de 2016 et 2020, faut-il encore croire les sondages américains?

AFP

2024-10-26T15:22:41Z

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Les sondeurs américains n’ont pas su anticiper la victoire de Donald Trump en 2016 et ont surestimé la marge avec laquelle Joe Biden l’a emporté en 2020. Ont-ils suffisamment appris de leurs erreurs pour être plus précis cette année?

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Les enquêtes d’opinion donnent pour l’instant Kamala Harris et Donald Trump au coude-à-coude. Mais s’ils sous-estiment, une fois de plus, le vote en faveur du républicain, ce dernier pourrait bien triompher.

Le cœur du problème n’a pas changé depuis l’arrivée fracassante de Donald Trump sur la scène politique américaine: une frange de son électorat refuse de participer aux enquêtes d’opinion.

Et pour faire face à cette difficulté, «nous n’avons pas trouvé de formule magique», résume Courtney Kennedy, responsable de la méthodologie au très reconnu Pew Research Center.

En attendant, pour corriger le tir, chaque sondeur choisit ses méthodes.

En 2020, beaucoup d’électeurs appelés au téléphone pour participer à un sondage «nous criaient “Trump!” et raccrochaient», sans être pris en compte, raconte Don Levy, directeur de la Siena College Research Institute, qui publie avec le New York Times des enquêtes très suivies.

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Pour essayer de mieux prendre en compte ces électeurs conservateurs méfiants vis-à-vis des institutions, Siena considère désormais ces sondés qui raccrochent, même s’ils ne répondent pas aux autres questions.

Et Siena rappelle plusieurs fois les gens qui ne décrochent pas, plutôt que de tenter un autre numéro de téléphone, afin d’atteindre «plus d’électeurs potentiels de Trump», explique Don Levy à l’AFP.

Le Pew Research Center propose, quant à lui, aux sondés de répondre par internet ou par téléphone, pour mieux toucher les jeunes dans le premier cas, les plus âgés et conservateurs dans le second.

Compenser les failles

Une fois les réponses colligées, les sondeurs peuvent recourir à la technique du redressement. Autrement dit, si un groupe de la population générale n’est pas assez représenté dans le panel de répondants, par exemple, des républicains de zone rurale, redresser ce groupe revient à lui donner un poids plus grand dans le résultat final afin de compenser les failles dans la constitution de l’échantillonnage.

Don Levy explique que son sondage New York Times/Siena est ainsi redressé avec comme point de référence une estimation de ce que sera l’électorat en 2024, estimation elle-même fondée sur les élections précédentes.

«Ça semble une super idée, mais ça ne va pas vraiment marcher, parce que ça revient à estimer que les électeurs de 2024 vont ressembler à ceux de 2020», prévient Joshua Clinton, professeur de sciences politiques à l’Université Vanderbilt et spécialiste des sondages. Et ce ne sera pas le cas, selon lui.

Siena utilise en réalité de nombreuses variables, dont l’origine ethnique, l’âge et la probabilité d’aller voter. Mais ce désaccord illustre les divergences entre sondeurs sur la marche à suivre.

Électeur «discret»

Joshua Clinton signale un autre risque. «Si on examine 2016 et 2020, on est tenté de conclure que les sondages sous-estiment toujours les républicains», dit-il, «mais ce n’est pas vrai.»

Il rappelle qu’aux élections de mi-mandat, en 2022, «dans l’État clé du Michigan, les sondages ont sous-estimé [le vote] démocrate». «Donc, qui peut savoir ce qui va se passer en 2024?»

Don Levy soulève également la possibilité d’un autre phénomène, celui d’un «électeur discret de Harris» qui, entouré de républicains, ne voudrait pas dire à ses proches et aux sondeurs qu’il vote pour la démocrate.

Courtney Kennedy ne croit pas beaucoup à une sous-estimation démocrate cette année. «J’ai vu assez de données pour conclure» qu’avant tout, «c’est très dur d’avoir assez de soutien de Trump dans les enquêtes d’opinion», dit la spécialiste.

De toute façon, reprend Joshua Clinton, la course à la Maison-Blanche est aujourd’hui tellement serrée que «c’est impossible d’utiliser un sondage pour départager» les deux candidats.

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