États-Unis: le fou et la ricaneuse
Pour de nombreux Américains, le Wokisme est aussi débile que le Trumpisme


Richard Martineau
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Selon les derniers sondages concernant les intentions de vote pour la présidentielle américaine, Donald Trump et Kamala Harris seraient nez à nez.
Ce n’est pas normal.
Avec toutes les bêtises que le candidat républicain répète (les immigrants mangent des chiens, on devrait permettre aux policiers de tuer qui ils veulent pendant 24 heures, Trump a envoyé des tests COVID à Poutine alors qu’il en manquait dans son propre pays, etc.), la démocrate devrait être loin devant.
Très loin.
Or, elle éprouve visiblement de la difficulté à se démarquer.
Que se passe-t-il?
PARLER POUR NE RIEN DIRE
Vous me direz que les fans de Trump sont des coucous qui voteraient pour lui, même s’il tirait à la mitraillette au beau milieu de la 42e rue à New York.
Que ce sont des complotistes, des enragés.
Certains, oui.
Mais pas tous.
Ce n’est pas vrai que les millions de personnes qui s’apprêtent à voter républicain sont tous des crinqués.
Des «pas de dents», comme dirait François Hollande.
La plupart sont des travailleurs honnêtes qui sont juste écœurés de voir les criminels briser la loi en toute impunité et les immigrants illégaux traverser la frontière au nez et à la barbe des autorités.
Ils veulent qu’on serre la vis.
Alors ils votent Trump.
Parce que lorsqu’ils jettent un œil du côté de Kamala, tout ce qu’ils voient est une ricaneuse qui aligne des phrases creuses et des formules alambiquées qui ne veulent rien dire.
Récemment, une journaliste a demandé à la candidate démocrate ce qu’elle aurait fait de différent si elle avait été à la place de Joe Biden.
«Euh... rien», a-t-elle répondu après quelques secondes d’hésitation.
Comme a dit l’animateur Bill Maher: «Désolé, mais ça ne passe pas. Ce que Kamala Harris aurait dû dire, c’est: ̋ En gros, monsieur Biden a fait du bon travail, mais si j’avais été à sa place, j’aurais resserré les frontières comme je vais le faire si je suis élue ̋...»
Pas besoin d’avoir un postdoctorat en sciences politiques pour savoir que c’est la seule réponse que Kamala Harris aurait dû donner!
Allô, la Terre!
Madame Harris ne se présente pas pour devenir porte-parole d’un club Kiwanis!
Elle brigue la présidence du pays le plus puissant de la planète!
Alors qu’elle cesse de parler comme si elle était une carte Hallmark!
Vous direz qu’entre un fou et une ricaneuse, vaut mieux la ricaneuse.
Visiblement, ce n’est pas ce que pensent des millions d’Américains.
«Je suis moins pire que Trump» n’est pas un slogan de campagne.
D’un côté, tu as un gars qui dit n’importe quoi.
Et de l’autre, une femme qui ne dit rien.
Pas étonnant que les deux soient nez à nez.
LES PETITS LAPINS
Et puis, pour de nombreux Américains, le wokisme est aussi débile que le trumpisme.
Entre deux cancers, aussi bien prendre celui qu’on connaît.
Comme le disait encore Bill Maher, un démocrate qui déteste les petits lapins: «Ses adversaires disent qu’en 2019, Kamala Harris a affirmé que l’État devrait financer les changements de sexe des immigrants illégaux emprisonnés. Mesure qui n’a jamais été implantée. Mais juste le fait que les électeurs se demandent si Kamala Harris le ferait ou pas montre que la candidate démocrate n’a pas suffisamment pris ses distances envers le wokisme.
«Qu’est-ce que les démocrates attendent pour dire aux wokes que la plupart de leurs idées sont ridicules? Quelle ligne les wokes devront-ils franchir pour que les démocrates se réveillent et les condamnent enfin haut et fort?»
Devant un adversaire aussi faible, aussi grotesque que Trump, Kamala Harris devrait surfer le vent dans le dos.
Ce n’est pas ce qui arrive.
Et ce n’est pas la faute des Américains.
C’est sa faute à elle.
La candidate démocrate n’a pas réussi à convaincre ses compatriotes pourquoi ils devraient voter POUR elle.
JUSTIN PERDU DANS L’ESPACE
Interrogé à savoir ce qu’il pensait du fameux dossier de l’école Bedford, Justin Trudeau a dit: «Nous respectons les compétences provinciales en matière d’éducation. Mais nous allons toujours être là pour défendre les libertés d’expression, les libertés fondamentales auxquelles tous les Canadiens ont droit...»
Euh... De kessé?
Qu’est-ce que la «liberté d’expression» vient faire là-dedans, au juste? On parle ici de sévices corporels, de punitions sévères infligées à de jeunes enfants par des enseignants hyper-religieux!
C’est une «liberté fondamentale», ça, pouvoir imposer une vision rigoriste de sa religion à des élèves?
N’importe quoi...
LA CHAISE MUSICALE
Ainsi, Vincent Marissal, de QS, serait intéressé à se présenter à la mairie de Montréal.
C’est le jeu de la chaise musicale!
Denis Coderre d’Ottawa à Montréal avec un œil sur Québec, Pablo Rodriguez d’Ottawa à Québec, Vincent Marissal de Québec à Montréal, Catherine Fournier de Québec à Longueuil, ça ne marche plus dans un gouvernement, ça va marcher dans l’autre, et hop, que je change de bateau, mairie, Assemblée nationale, Chambre des Communes, c’est du pareil au même. C’est comme au hockey, tu as juste à changer de chandail et olé, ta carrière repart sur une nouvelle base!
LE QUÉBEC EST LAÏC OU PAS?
Le gouvernement Legault est pour la laïcité, mais refuse de cesser de subventionner les écoles privées à vocation religieuse!
Ça, c’est comme le gouvernement Trudeau qui se dit environnementaliste, même s’il continue de subventionner les grosses compagnies pétrolières.
Est-ce trop difficile de demander aux gouvernements d’être cohérents?
Définition du mot cohérence dans Le Larousse: «Se dit d’un ensemble dont les parties présentent entre elles des rapports logiques.»
Comment peux-tu être pour la séparation de la religion et de l’État à l’école... tout en continuant de subventionner des écoles religieuses?
Allô?