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Analyse | Open d’Australie: à quoi s’attendre de Félix Auger-Aliassime, deux ans plus tard?

En 2023, «Le Journal» faisait le déplacement à Melbourne. Auger-Aliassime était alors l’un des hommes forts du moment sur l’ATP

Félix Auger-Aliassime durant la United Cup, en décembre.
Félix Auger-Aliassime durant la United Cup, en décembre. Photo AFP
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2025-01-09T20:30:00Z

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Il y a deux ans, Le Journal se déplaçait à Melbourne afin de couvrir les Internationaux d’Australie. Un fait rarissime: en raison du décalage horaire, ce n’est pas le plus suivi des tournois du Grand Chelem. Mais cet Open d’Australie là n’était pas comme les autres. Quelques semaines auparavant, Félix Auger-Aliassime connaissait les meilleurs moments de sa carrière.

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Trois titres consécutifs, un sixième rang et une victoire historique à la Coupe Davis... Félix était l’un des hommes forts du moment. À Melbourne, tous les espoirs étaient permis.

Dont celui de le voir devenir le premier homme canadien à remporter un tournoi majeur en simple.

Ça ne s’est pas passé ainsi. Éliminé en ronde des 16 par le Tchèque Jiri Lehecka, alors 71e, «FAA» n’avait pas «joué son rang», comme on dit dans le jargon.

Melbourne et 2025

Une erreur de parcours, croyait-on. Ça arrive. Rien ne laissait encore présager l’annus horribilis qui allait suivre, marquée à un moment par une séquence de 10 revers en 12 matchs.

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Deux ans plus tard, où en est Félix et à quoi peut-on s’attendre pour la prochaine saison?

FÉLIX: LA MAUVAISE NOUVELLE, PUIS LA BONNE

Après l’année horrible, 2024 fut l’année de la stabilité pour le Montréalais de 24 ans. Mais la stabilité, ce n’est pas forcément ce que devait rechercher Auger-Aliassime, qui a terminé la dernière saison presque au même point qu’en 2023.

En fait, hormis quelques bons parcours – une finale à Madrid, certes ponctuée du forfait de très bons rivaux, une ronde des 16 à Roland-Garros –, Félix aurait reculé encore bien plus loin que le 29e rang qu’il occupe en ce moment (il n’y a pas de points décernés aux Jeux olympiques).

Photo AFP
Photo AFP

La belle nouvelle, elle est ailleurs. En fait, elle est peut-être dans cette frustration, palpable, qui émanait du Québécois quand il s’est incliné dès le premier tour au US Open, à la fin août. Félix était fâché d’avoir perdu contre Jakub Mensik (65e), un adversaire à sa portée. Il était amer d’être passé à côté de son match sans avoir compris pourquoi.

Pas triste, pas désemparé. Amer.

Quand le bon gars se fâche, il peut devenir dangereux. Et n’est-ce pas ce qui a souvent été reproché à FAA depuis le début de sa carrière? De ne pas porter le coup de grâce quand il a son rival dans les câbles?

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D’être trop gentil, bref?

Le revirement de situation ne s’est pas produit immédiatement. Mais depuis quelques mois, ceux qui se sont entretenus avec lui dans un cadre journalistique ont pu découvrir un Félix à la fois plus détendu et plus assumé. On lui a fait la remarque, avant l’entame du US Open. «Ouais, je suis bien», avait-il répondu avec un large sourire.

La petite révolution

Depuis ce tout jeune début de saison sur l’ATP, par contre, on sent les effets de cette petite révolution. À la United Cup, Auger-Aliassime a battu le quatrième mondial, l’Américain Taylor Fritz.

Photo AFP
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Non seulement était-ce sa meilleure victoire en termes de classement depuis celle contre Carlos Alcaraz, en octobre 2022, mais le Québécois s’est également sorti d’un match mal entamé, dans lequel il s’est retrouvé au bord du gouffre, mené 5-4 à la deuxième manche, alors qu’il avait déjà perdu la première.

La clé, selon le principal intéressé? Un changement de position en retour de service, à la suite duquel le vent a tourné en sa faveur.

Anodin, n’est-ce pas? En fait, pas tant que ça. Ne pas savoir s’ajuster durant les matchs, ne pas savoir sortir de ses patrons de jeu: c’était là un autre reproche que les experts de la petite balle jaune lui faisaient.

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Prêt à tout pour ne pas perdre

Puis cette semaine, à Adélaïde, Félix s’est sorti d’un autre match qui commençait fort mal. Cette première manche perdue 6-1 contre le Français Arthur Cazaux, 80e, a été effacée par deux manches remportées de façon chirurgicale, durant lesquelles il n’a pas été brisé une seule fois.

Sur papier, ç’a paru plus simple contre l’Américain Marcos Giron, 40e, en quarts de finale, dans la nuit de mercredi à jeudi. Sur le terrain, ce ne le fut pas toujours. Pour s’en sortir en deux manches, FAA a sauvé neuf balles de bris en autant d’occasions.

On préférerait de petites balades dans le parc, bien sûr. Mais à ce niveau, elles sont rares. Ceux qui se maintiennent parmi la crème de l’élite sont ceux qui trouvent les façons de gagner.

Il est beaucoup trop tôt pour dire si cette attitude de gars prêt à tout pour l’emporter (et surtout pour ne pas perdre) se maintiendra sur une saison. Mais un Félix constant, confiant, et pourquoi pas, parfois un peu arrogant, c’est un Félix qui sera à mille lieues des deux dernières saisons, et qui pourrait, s’il capitalise quand il a peu de points à défendre, remonter à l’orée du top 10.

Une position beaucoup plus logique en vertu de son talent et des promesses qu’il laisse poindre, à certains moments.

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