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124 ans après les premiers Jeux olympiques de Paris: du tir au pigeon (vivant!) au breakdance

Le Canadien George Orton a remporté la médaille d'or aux premiers Jeux de Paris, en 1900.
Le Canadien George Orton a remporté la médaille d'or aux premiers Jeux de Paris, en 1900. Photo d'archives, courtoisie
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2024-07-25T15:30:00Z

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Ces Jeux de Paris marqueront le 124e anniversaire des premiers Olympiques tenus dans la Ville Lumière, qui les a aussi accueillis en 1924. Des Jeux – on l’imagine très bien – qui n’avaient rien à voir avec ceux que s’apprête à présenter la capitale française.

Les Jeux olympiques de 1900 étaient les deuxièmes de l’ère moderne, quatre ans après ceux d’Athènes, qui célébraient le retour de cette grande fête sportive née dans l’Antiquité.

Tenus dans le cadre de l’exposition universelle, ils s’étaient déroulés sur cinq mois et demi, comparativement à 16 jours dans le cadre des actuels Jeux (excluant le volet paralympique, qui lui, n’existait pas en 1900).

Mais ils ne portaient pas l’appellation «olympiques» et il n’y a eu ni cérémonie d’ouverture ni cérémonie de clôture.

Il était plutôt question des «concours de l’Exposition». En fait, certains athlètes ignoreront jusqu’à leur mort qu’ils avaient alors participé à des Jeux olympiques, selon différentes sources.

Voici quelques-unes de leurs particularités (dont certaines assez inusitées!)


JEUX DE PARIS 1900 / JEUX DE PARIS 2024

Pays participants: 28 / 206

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Participants: 975 / 10 714

Épreuves officielles: 95 / 329

 

LE CANADA AUX JEUX DE 1900

Deux Canadiens se déplacent à Paris afin de prendre part aux compétitions (ils seront 316 cette année, ainsi que 22 remplaçants), mais le Canada n’envoie pas de délégation officielle. George Orton, un étudiant qui s’était déplacé avec les Américains, remporte deux médailles: une d’or au 2500 m steeple-chase et une de bronze au 400 m haies. L’autre représentant du pays est Ronald J. MacDonald, un marathonien.

 

LES PREMIÈRES FEMMES

Les Jeux de 1900 accueillent les premières dames. Elles sont 22, au grand dam du père des Jeux, Pierre de Coubertin, qui s’y déclarera plusieurs fois «hostile», estimant que le «rôle des femmes [aux J.O.] devrait surtout [être] de couronner les vainqueurs».

Si la majorité d’entre elles participent à des épreuves mixtes, Paris couronne des championnes individuelles au tennis et au golf. La première femme à remporter une compétition en solo aux Jeux est la Britannique Charlotte Cooper, au tennis.

 

DES ÉPREUVES QU’ON NE VERRAIT PLUS AUJOURD’HUI

On s’en doute, il n’y avait ni surf ni breakdance aux Jeux de 1900. Bien sûr, certaines épreuves toujours inscrites au calendrier étaient déjà pratiquées. Il y a notamment le 100 m, alors couru en 11 s, comparativement à 9,63 s, le record olympique de Usain Bolt, le saut en longueur, le cyclisme, la gymnastique, etc.

Mais certaines compétitions (dont plusieurs qui ne faisaient pas partie du cadre officiel des Olympiques) ont de quoi marquer l’imaginaire.

Tir au pigeon... vivant

Oui, des pigeons ont payé de leur vie la tenue de ces deuxièmes Jeux modernes. Ils sont 300 à avoir péri lors d’une compétition qui ne sera pas reconnue par la suite comme étant une «discipline olympique». Selon l’historien Andrew Strunk, la scène n’était pas jolie à voir: «Les oiseaux estropiés se tordaient sur le sol, le sang et les plumes tourbillonnaient en l’air et les femmes assises à côté sous leurs ombrelles étaient en pleurs.» Le champion, un tireur belge, en a abattu 21.

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Le tir à la corde

La compétition a fait son entrée olympique officielle en 1900 et elle demeurera au programme des Jeux jusqu’en 1920. Fait étrange dans le contexte des Jeux: comme certains pays s’étaient désistés à la dernière minute, c’est une équipe mixte, composée de six participants originaires de Suède et du Danemark, qui fut la première à être couronnée parce qu’elle avait tiré le plus fort sur la corde que ses adversaires (qui, eux, étaient des Français).

Le croquet (et son unique spectateur)

Le croquet fera son unique véritable apparition aux Jeux à Paris et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne fera pas courir les foules. Un seul spectateur, un Britannique, payera afin d’assister à la compétition. Le croquet sera remplacé par un dérivé de ce sport, le roque, à Saint-Louis en 1904, puis disparaîtra du programme olympique. Comme les compétitions se déroulent sur plusieurs week-ends, les participants (et participantes, les épreuves étant mixtes) étaient uniquement des Français.

Le tir au canon

Cette épreuve ne faisait pas partie du programme officiel, mais bon nombre de participants y ont pris part. À elle seule, la compétition individuelle met aux prises 542 «athlètes» qui eu dû tirer à quatre reprises, et le plus rapidement possible, sur une cible située à 60 m. Elle se déroule sans spectateurs, ce que déplorent les organisateurs, qui s’attendaient à ce que ce concours fasse courir les foules, eux qui prévoyaient du même coup garnir leurs coffres de quelques milliers de dollars.

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