Idéalement, ce serait le Lightning

Jean-Charles Lajoie
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Qui choisit prend pire.
Voilà pour l’hommage à nos grands-mamans, ces grandes dames qui ont façonné le Québec qu’on aime.
Alors, on ne va pas choisir l’adversaire du Canadien au premier tour des séries.
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Mais on va mettre le chapelet sur la corde à linge s’il le faut afin que Montréal obtienne un rendez-vous avec le Lightning de Tampa Bay.
Idéalement, avec l’avantage de la glace.
Ça n’existe plus vraiment, l’avantage de la glace. La grande époque des petits édifices intimidants est révolue.
Exit le Boston Garden, l’Auditorium de Buffalo, le Chicago Stadium. Le mythique Spectrum de Philadelphie où, lorsque les lumières s’éteignaient et que Kate Smith entonnait « God bless America », les pertes nerveuses s’accumulaient au fond des combines des adversaires des « Broadstreet Bullies ».
Aujourd’hui, tout est assaini, uniformisé, aseptisé. Aujourd’hui, c’est d’un pareil au même partout.
Sauf ici, chez nous. Jeudi soir, on en a fait une autre remarquable démonstration. L’avantage de la glace existe encore dans un seul des 32 buildings de la Ligue nationale de hockey et c’est ici, à Montréal.
Pas pour rien qu’aucun Américain ne rêve de quitter le Canadien pour aller jouer chez tonton Donald.
Pas pour rien que le Centre Bell est voté édifice favori par les joueurs de la LNH.
Les coachs ennemis raffolent de diriger ici, même si c’est souvent au péril de leur propre équipe.
Un duel marquant
L’image de Jon Cooper sûr de lui et limite arrogant après le but égalisateur des siens, jeudi soir, va rester.
Elle n’a fait qu’ajouter à un plat débordant de moments de rivalité pure entre le Tricolore et les « Bolts ».
Je me répète, mais Tampa Bay est le « fit » parfait pour les Glorieux au crucial premier tour éliminatoire.
La première ronde est la plus difficile à gagner. Elle est souvent celle qui donne élan à un beau printemps.
Montréal marie moins bien les clubs de « brasseux ». ‘Faut idéalement éviter Buffalo et Boston. Ottawa a ses charmes, mais le jeune contingent du CH a tendance à perdre le nord contre les Sénateurs. Ce n’est pas parfait, mettons.
Le Lightning est tout indiqué. J’apporte à nouveau le match de jeudi soir à témoin principal de mon envie folle. Tout y était. De la rudesse, des mêlées interminables suivant les sifflets, des bancs de pénalité bien garnis, de l’intimidation.
Une émotion totale en regard des nombreux enjeux collectifs de classement et individuels avec les plateaux à atteindre pour Caufield, Suzuki, Slafkovsky et Hutson.
C’était la totale et ça a donné la plus belle soirée de hockey à Montréal depuis celle où le Canadien a levé sa 24e coupe Stanley au vieux Forum, en 1993.
Ce match était un hommage à feu Léopold Drolet, grand Sherbrookois, fondateur de Sherwood et créateur du classique PMP 5030.
Ça a joué du Sherwood toute la soirée. Cole a atteint le 50 et « Slaf », le 30. C’était bouillant d’ivresse. L’image de Caufield et son sourire légendaire fondue suivie de celle de son papa en larmes dans les gradins. Marquant.
Un cinquantième à l’image du dénouement de la demi-finale de 1979. « Slaf » en Réjean Houle qui part le jeu en remettant à Mario Tremblay incarné par Nick Suzuki, lequel refile à Caufield, comme à Yvon Lambert. Daniel Boucher m’a rappelé ce merveilleux souvenir après le match.
Lorsque les points de comparaison avantageuses réfèrent à 1979, à 1993, aux 50 buts de Richer ou aux 100 points et plus de Naslund...
Alors on sait qu’on vibre pour une équipe très spéciale. Je vous le dis, si c’est Tampa en partant, le CH les sort solidex. La série va se gagner contre Kucherov qui ne se gère absolument pas contre les Glorieux. Surtout que, comme en 93, on dira ensuite : qu’on apporte les Sabres !!