D’incapable de marquer un seul but au camp à recordman du programme national de développement américain: deux saisons qui ont changé l’avenir de Caufield


Jonathan Bernier
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« Si on avait réalisé un sondage il y a 10 ans en soumettant l’idée qu’un joueur de 5 pieds 8 pouces atteindrait le plateau des 50 buts, ç’aurait été difficile de trouver quelqu’un pour y croire. »
John Wroblewski était l’entraîneur-chef de l’équipe de développement américaine lorsque Cole Caufield s’est présenté au camp de cette formation à l’été 2017. En deux ans, Caufield est passé de patineur incapable de toucher la cible une seule fois pendant la période de sélection à détenteur du record de buts du programme [record de 126 buts qui, depuis, a été battu par Cole Eiserman et ses 127 buts].
« C’est bizarre à dire, mais c’est pendant ce premier contact que j’ai vu qu’il avait quelque chose de spécial, raconte Wroblewski, aujourd’hui à la tête de la formation nationale féminine. Il était incapable de marquer, mais il faisait des jeux sur toute la surface de la patinoire. »

« Il avait cette sorte de magnétisme avec la rondelle. Elle le trouvait tout le temps et, chaque fois, il savait quoi faire : une passe en sortie de zone, un relais à travers le territoire neutre, une passe soulevée. »
Le laboratoire de Caufield
On croirait entendre Martin St-Louis, qui répète souvent, surtout depuis quelques semaines, à quel point la maturité du jeu de Caufield lui permet désormais d’obtenir encore plus d’occasions de marquer qu’auparavant.
« Je suis content d’entendre Martin valider ça. Cole a une habileté innée pour ça, pour amorcer l’attaque en brisant des jeux de l’adversaire, a corroboré Wroblewski. Choisir la bonne route, les bons angles de poursuite, savoir quand accélérer, quand ralentir, ça a l’air facile quand on regarde ça, mais c’est loin de l’être. »
Évidemment, rien ne serait possible sans cette dégaine rapide, ce tir vif, cette précision. D’ailleurs, c’est au cours de ces deux saisons que le jeune homme originaire du Wisconsin a développé ce tir, en passant des heures et des heures dans la salle du domicile du programme national.
« C’était son laboratoire, son bureau. Si tu avais besoin de lui parler ou que tu devais le convoquer pour une réunion, tu savais où le trouver. Tellement que quand il est parti, on s’est mis à appeler cet endroit la salle Cole Caufield », a raconté l’homme de 44 ans dans un éclat de rire.
« Il devait tirer au moins une centaine de rondelles par jour. Même les jours de matchs, a-t-il poursuivi. Il essayait un paquet de choses. À son année de 18 ans, les gars s’agglutinaient autour de la surface, émerveillés, en essayant d’attraper quelques trucs au passage. »
Né pour jouer à Montréal
Pour être capable d’inscrire 50 buts en une saison dans la LNH, il faut de la précision, du flair, une régularité à toute épreuve et une bonne dose de confiance. S’il y en a un qui a une bonne idée de ce qui s’est passé dans la tête de Caufield pendant qu’il demeurait coincé à 49 buts, c’est bien Wroblewski.
« Quand il traversait une miniléthargie, qu’il avait une multitude d’occasions de marquer sans être capable d’y parvenir, il disait toujours : “Ce n’est pas grave, chaque tir me rapproche de mon prochain but.” Avec lui, ce n’était jamais si, c’était toujours quand », a déclaré celui qui habite désormais sur la côte ouest.
D’ailleurs, chaque fois qu’il voit l’attaquant marquer un but, il ne peut s’empêcher de ressentir un certain sentiment de fierté.
« Il n’y a que très peu de gens dans le monde qui font exactement ce pour quoi ils sont sur Terre et Cole est l’une de ces exceptions, a-t-il soutenu. Il était fait pour être un joueur de hockey et pour le faire dans un marché comme Montréal. Les gens l’aiment autant qu’il aime les gens et aime le hockey. »