Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Canadiens de Montréal

Les distractions, c’est assez!

Les distractions, c’est assez!

Michel Therrien

Publié 24 novembre
Mis à jour 24 novembre

Quand je suis arrivé dans la LNH, des entraîneurs expérimentés m’ont conseillé d’éviter le plus possible les distractions au sein de mon équipe. Ils m’ont fortement suggéré de tout faire, au mieux de mes capacités, pour empêcher que ça se produise. 

Ce premier conseil que j’ai reçu de la part de vieux routiers, je l’ai toujours gardé en tête, je ne l’ai jamais oublié. Et j’ai essayé de l’appliquer tout au long de ma carrière. 

Malheureusement, il y en a eu des distractions cette semaine chez les Canadiens! Pas de l’interne, mais plutôt de l’extérieur avec la publication du livre de Pierre Gervais, dans lequel l’ancien gérant de l’équipement du Tricolore écorche d’anciens membres de l’organisation, dont Dominique Ducharme et Marc Bergevin.

On a vu des répercussions dans la performance offerte par la troupe de Martin St-Louis contre les Sabres, mardi soir. De mon point de vue, le «focus» n’était pas maximal. Je n’ai pas senti le même enthousiasme que dans les matchs précédents. Les joueurs vont apprendre une bonne leçon de cette dure défaite de 7-2 qui, espérons-le, leur permettra de grandir. 

Les gens ne s’en rendent peut-être pas compte de tous les dommages collatéraux causés par ce genre de controverse, pas seulement sur la personne impliquée, mais également sur son entourage. Ça fait encore plus souffrir la famille. Et ça fait de la peine de voir ta famille subir ça. Tu te sens mal pour elle et tu essaies de la protéger. 

J’ai une pensée pour les enfants de Ducharme, qui sont jeunes. À leur âge, ils sont beaucoup plus vulnérables qu’on le pense pour affronter les commentaires désobligeants des autres et pour bien comprendre la situation. Il faut leur expliquer, mais ce n’est pas évident du tout.

Les deux premières fois où j’ai été congédié, mes enfants étaient à l’école : au primaire à Montréal et au secondaire à Pittsburgh. Ma première réaction a été de les sortir de l’école pour ne pas qu’ils apprennent ça de leurs amis, des parents ou des professeurs. 

La troisième fois, même s’ils étaient alors devenus des adultes et avaient donc gagné en maturité, ils ont été ébranlés, beaucoup plus que je l’aurais imaginé d’ailleurs. Peu importe l’âge, c’est très difficile pour les enfants. 

C’est encore pire à vivre aujourd’hui avec les réseaux sociaux.

Chapeau aux partisans! 

Ce qui me réjouit dans tout ça, c’est que la réaction des partisans a été presque unanime : la majorité d’entre eux n’ont pas aimé que certaines personnes se fassent attaquer de la sorte sur la place publique. Et avec raison. 

Les Québécois se reconnaissent dans les Canadiens, ce qui explique pourquoi ils sont aussi passionnés envers l’équipe. C’est donc normal de les voir dénoncer certains passages du livre de Gervais puisque c’est comme si on s’en prenait à un des leurs. 

J’ai vraiment été impressionné par la réponse des gens. C’est quasiment devenu un débat national! Ça me rend fier de mon peuple. Chapeau aux partisans! 

C’est facile de nos jours de porter des jugements négatifs sur les réseaux sociaux, comme on le remarque dans d’autres sphères de la société, mais on a perçu un appui presque inconditionnel des Québécois envers les personnes visées. 

Mon téléphone n’a pas dérougi de la semaine. Je ne me souviens pas d’avoir déjà vu ma batterie de téléphone cellulaire se décharger aussi rapidement! Tout le monde qui m’a appelé n’en revenait pas.

Finissons-en au plus vite!

J’ai hâte qu’on tire un trait définitif sur cette histoire et qu’on passe à un autre appel. 

Pendant ce temps, on ne parle plus de Nick Suzuki et de Cole Caufield, qui forment l’un des meilleurs duos de la ligue à l’heure actuelle. Ils sont tellement rafraîchissants et excitants à regarder. C’est un luxe d’avoir deux jeunes comme eux à Montréal. 

Au lieu de revenir dans le passé et d’y chercher du négatif, on devrait regarder vers l’avant et se concentrer sur l’essentiel, sur les belles choses qui se passent présentement chez les Canadiens. On a bien besoin de ça. 

Sur ce, je m’en vais jouer au golf avec d’autres «snowbirds» québécois en Floride. Je gage que je vais encore en entendre parler... 

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