Patrice Bernier

Un signe de maturité

Un signe de maturité

Patrice Bernier

Publié 30 août
Mis à jour 30 août

Le CF Montréal a disputé le 27e match de sa saison 2022, samedi dernier, un affrontement contre le Fire de Chicago qu’il a su remporter de belle façon, et de deux manières. 

C’est une équipe qui est clairement en nette progression. Autrefois un adolescent couci-couça, le club est devenu un adulte beaucoup plus mature et prêt à affronter les nouveaux défis, ainsi que les hauts et les bas qui se présenteront à lui. 

Le match de Chicago, remporté 2-0 grâce à deux buts inscrits en première demie, s’est fait en deux temps : complet au niveau offensif, de la maîtrise, et complet défensivement aussi alors qu’on a dû se défendre à dix contre onze en deuxième demie pour maintenir un résultat. 

C’est le signe d’une équipe qui mature et qui, au-delà de consolider sa place en éliminatoires, développe désormais l’ambition d’aller beaucoup plus loin que la simple obtention de cette place. 

On est maintenant loin des écarts émotifs, du carton rouge contre Orlando, des mauvaises prises de décision ou des erreurs dans la construction de jeu contre New York City, loin des avances perdues contre Philadelphie, Austin ou même Miami. Le CF Montréal est une équipe qui, mentalement, n’a pas qu’un bon esprit de corps : elle a progressé au fil du temps. 

Tout ça s’est démontré dans sa série de huit matchs sans défaite, lors de laquelle le club a marqué 16 buts pour n’en encaisser que six. Il a trouvé son équilibre entre l’attaque et la défense.

Crédit photo : Mike Dinovo-USA TODAY Sports

Une défense qui attaque

Revenons sur le duel de samedi à Chicago : le club a fait ce qu’on appelle «défendre en avançant». Jouer à dix n’est pas une tâche des plus faciles même si on sait que des équipes ont déjà causé des surprises dans ces circonstances, cette saison, contre Montréal. 

La majorité du temps, jouer en infériorité numérique porte une équipe à se recroqueviller sur elle-même et à avoir un bloc défensif serré afin de protéger un résultat ou créer une surprise. 

Mais Montréal, dès l’entame de la deuxième mi-temps, n’allait pas juste s’affaisser, attendre et subir. À plusieurs moments, l’équipe a attaqué et surtout, a «défendu vers l’avant», ce qui veut dire qu’elle a toujours continué à agresser le porteur du ballon. Ça s’est vu à maintes reprises tout au long de la période, jusqu’à la toute fin, notamment dans les arrêts de jeu où Alistair Johnston et Robert Thorkelsson ont passé la ligne médiane pour presser et limiter le temps d’action des pistons du Fire. 

La ligne défensive de Kamal Miller, Joel Waterman et Gabriele Corbo s’est quant à elle positionnée haut sur le terrain, forçant l’adversaire à jouer vers l’arrière régulièrement et à commettre des hors-jeu, dont un à la 92e minute. 

Crédit photo : Mike Dinovo-USA TODAY Sports

Bref, l’équipe montréalaise n’a jamais vraiment laissé Chicago s’installer, maîtriser et dominer. 

On ne va pas se le cacher : le gardien montréalais Sebastian Breza, nommé au sein de l’équipe de la semaine dans la MLS, a dû faire des interventions-clé, mais on n’a pas senti le CF Montréal acculé au pied du mur, en mode survie. 

Le carton à Ismaël Koné aurait pu entraîner des écarts émotifs, le Fire aurait pu prendre l’ascendant mentalement, mais le CF Montréal démontre une maturité croissante avec encore sept matchs à jouer. L’attitude et la volonté défensive ont mené à un deuxième blanchissage de suite. 

Les deux prochains matchs de l’«Impact» représenteront des défis de taille alors que les Red Bulls de New York, l’une des meilleures équipes sur la route, seront au Stade Saputo demain (mercredi) et ensuite, ce sera le Toronto FC dimanche. Il s’agira de matchs émotifs et semblables à des duels éliminatoires. 

Une note en terminant : on a rarement vu, au fil des saisons à Montréal, des buts inscrits sur coup franc comme celui réussi par Romell Quioto à la 24e minute contre le Fire. Seulement trois joueurs du bleu, blanc et noir ont fait vibrer les filets adverses de cette façon, avec cet art de soulever et enrouler le ballon par-dessus le mur, ou à côté. 

Outre Quioto, qui avait aussi réussi le truc en 2020, Didier Drogba l’a fait à quelques reprises en 2015 et Jeisson Vargas l’avait réalisé en 2018.

Un coup franc parfait de Quioto -