Crédit : Photo Agence QMI, Dominick Gravel

CF Montréal

La méthode Wilfried Nancy

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Si on retrouve le CF Montréal à quelques points de la première position de l’Association de l’Est de la MLS, c’est parce que les joueurs font un bon boulot, mais c’est surtout parce que Wilfried a mis en place un système et une philosophie qui rapportent.

L’entraîneur-chef du club montréalais a d’abord mis en place un système qui s’appuie sur le collectif plutôt que sur les aptitudes individuelles.

Voilà pourquoi, même s’il apporte des changements à son effectif, l’efficacité n’en souffre pas.

Samedi dernier, Joel Waterman était en défense centrale à la place de Rudy Camacho et Gabriele Corbo a pris la place de Waterman. Sebastian Breza a pour sa part retrouvé le filet à la place de James Pantemis sans que rien n’y paraisse.

«L’année dernière, j’ai dit que mon choix allait se faire sur plusieurs choses. Il y a les performances, mais il y a aussi l’aspect tactique, mental et le moment», a expliqué Nancy, lundi.

Enthousiasme

Alistair Johnston a affiché un enthousiasme évident pour le système préconisé par son patron.

«Ce n’est pas facile de trouver un système comme ça et il y a une raison pour laquelle peu d’équipes le préconisent. C’est pourquoi je considère que Wil et le personnel devraient être dans la course pour l’entraîneur de l’année.»

Pour le défenseur canadien, c’est la meilleure façon d’optimiser un effectif quand les moyens financiers sont limités.

«Si on regarde les autres équipes, les joueurs et l’argent qu’elles ont, elles peuvent en profiter. C’est impressionnant ce que nos entraîneurs sont parvenus à faire.»

Agréable

Johnston aime beaucoup jouer ainsi parce que ça apporte une certaine assurance sur le plan de la constance.

«C’est vraiment agréable d’évoluer dans un système comme ça parce que tu sais que peu importe ce qui va se passer, le prochain joueur peut se lever et jouer le même rôle.»

«C’est aussi génial car on ne se préoccupe pas tellement de l’équipe qu’on affronte en se demandant ce qu’on doit changer. On a le même plan de match et on évalue comment on peut utiliser notre système le plus efficacement contre l’adversaire.»

«En faisant ça, on force les autres équipes à jouer contre nous plutôt que d’avoir à nous adapter à elles et ça fait toute une différence.»

Reprogrammation

Mais ce n’est pas tout, il y a aussi le style de jeu qui bouscule les idées reçues. Nancy affiche son parti pris pour la construction qui part de l’arrière et celle-ci a forcé Johnston à revoir ce qu’il avait appris jusque-là.

«C’est d’une certaine façon une reprogrammation parce qu’il y a tellement d’idées préconçues sur les choses qui ne doivent pas être faites au foot et ici, on veut les faire.»

«On nous demande d’être plus patient avec le ballon afin d’étirer un peu plus les lignes adverses. C’est un peu comme apprendre à un vieux singe comment faire des grimaces; ça va à l’encontre de nos instincts.»

De l’aveu de l’arrière de 23 ans, c’est une façon de jouer qui lui a permis de faire un bond sur le plan tactique.

«Ça m’a ouvert les yeux sur une autre façon de jouer, je vois le jeu sous un nouvel éclairage. J’ai progressé sur le plan du foot parce que ça me permet d’apprendre d’autres systèmes et c’est de l’information qui est incroyablement utile.»