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Canadiens de Montréal

Je comprends Carey Price

Je comprends Carey Price

Félix Séguin, TVA Sports

Publié 07 octobre
Mis à jour 07 octobre

J’avais amorcé l’écriture de cet article en rappelant les moments difficiles que Carey Price avait vécus depuis son arrivée avec les Canadiens de Montréal en 2007.

Mais plus j’écrivais, plus je réalisais que je comprenais dans quel état d’esprit se retrouve présentement le gardien vedette du Tricolore.  

La pression. Les attentes. Les performances. Les comptes à rendre. Les médias sociaux. Les patrons. Les amateurs. Tout devient très gros dans la tête.

Lorsqu’on ne voit pas la lumière au bout du tunnel, lorsque tout devient sombre, lorsque la vie devient lourde et écrasante, il n’y a rien à faire. La tête devient ton pire ennemi.

Tu te bats contre toi-même.

Tu te bats à tous les jours face à des démons qui ne sortent jamais de ta boîte crânienne.

Il n’y a pas de porte de sortie. Tout devient noir. Mais tu dois demeurer debout et ne montrer aucun signe de défaillances.

L'argent, vraiment?  

Et ceux et celles qui vont dire : «Si je faisais les millions de Carey Price, je fermerais ma gueule.»

Cibole. Foutez-moi la paix avec l’argent. Quand ça ne va pas bien dans la boîte à poux, plus rien ne va. C’est une chute libre. Quand la chaîne « débarque », tu pédales dans le vide et tu n’avances plus et tu finis par tomber.

C’est ainsi pour les athlètes professionnels et pour monsieur et madame tout le monde. Dans une telle situation, nous sommes tous au même niveau.

Je ne suis pas le gardien des Canadiens. Je ne le serai jamais.

Toutefois, devenir le descripteur des matchs des Canadiens amène son lot d’émotions. Croyez-moi.

Crédit photo : SÉBASTIEN ST-JEAN/AGENCE QMI

J’ai vécu l’euphorie de réaliser mon rêve et la joie de faire ce que j’aime le plus au monde, mais aussi la douleur de devenir une cible de choix pour plusieurs. J’ai encaissé.

Dans ma tête, il s’en est passé des choses. Les années passent et j’ai appris à me construire une épaisse carapace grâce à l’aide que mon cercle fermé m’a offerte.

C’est pour ça que je ressens beaucoup d’empathie dans la décision prise par Carey Price.

Vous savez. Robin Williams était mon acteur préféré. Il avait le talent, la gloire, le succès, l’argent. Il avait tout pour lui. C’était ma perception, notre perception. Mais dans sa tête, c’était noir. Williams était troublé et contrarié. Vous connaissez la suite.

Carey Price a eu le courage de demander de l’aide. Un geste honorable et que je respecte au plus haut point.