Canadiens de Montréal

Une pensée de Guy Lafleur pour Jonathan Drouin

Une pensée de Guy Lafleur pour Jonathan Drouin

Louis Jean

Publié 30 septembre
Mis à jour 30 septembre

Guy Lafleur a été fidèle à lui-même lors d’une magnifique soirée organisée par les Olympiques de Gatineau visant à l’honorer, mercredi. Comme il l’a fait tout au long de sa carrière, Lafleur a fait vivre des émotions fortes à tous ceux rassemblés au majestueux Centre Slush Puppie qui ouvrira ses portes samedi.

C’est connu, le célèbre numéro dix du Canadien de Montréal livre un furieux combat contre le cancer. Malgré la maladie qui l’affecte, Lafleur tenait à assister au retrait du numéro 4 qu’il portait dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Aucun autre joueur dans le circuit ne le portera.   

Les Olympiques de Gatineau ont organisé une formidable soirée pour honorer la légende du hockey de même que la glorieuse histoire de l’organisation. Chapeau aux Olympiques, qui ont fait les choses en grand.

Le natif de Thurso, qui ne devait pas prendre la parole, a livré un vibrant témoignage. Il a parlé ouvertement du combat qu’il mène, des moments difficiles qu’il traverse et du fait qu’il garde espoir et qu'il va continuer de se battre malgré de nouveaux traitements longs et ardus qui l’attendent dès le début du mois d’octobre. C’était très émouvant, très touchant. Je sais que comme moi, les amateurs sont de tout cœur avec lui. Bon courage.

Une pensée pour Drouin    

En avant-midi hier, je me suis entretenu avec Lafleur pour un projet sur lequel je travaille.

Il a parlé de la pression qu’il sentait à ses premières années à Montréal, à quel point cela avait été difficile pour lui. La discussion a tourné vers Jonathan Drouin, qui a fait preuve d’énormément de courage en s’ouvrant sur ses problèmes d’anxiété et d’insomnie. Lafleur n’est pas insensible à ce que Drouin vit.

«Je trouve ça malheureux parce que c’est un gars super talentueux et il est jeune, a raconté Lafleur. Dans le hockey d’aujourd’hui, comparativement à notre temps, on évoluait avec des vétérans, des joueurs qui nous aidaient, il y avait moins d’équipes, moins de réseaux sociaux, moins de "si et de ça". Dans le fond, il n’y avait rien à part les matchs le mercredi et le samedi. Nous autres, on n’avait pas à se casser la tête de se faire photographier dans un bar, aller à telle place et se faire suivre. Aujourd’hui, avec les salaires qu’ils font, les organisations n’ont pas d'autres choix que de bien entourer ces joueurs-là qui sont à risque comme Jonathan. Faut que tu les aides, faut que tu les appuies, que tu les entoures bien. Jonathan, en tant que joueur, si tu ne l’entoures pas bien, il va retomber où il est. »

Un effort collectif    

Lafleur croit que le succès de Drouin doit être une affaire d’équipe.

«Jonathan, faut qu’il compte. Ça lui prend quelqu’un qui va l’alimenter, quelqu’un qui va lui dire : "Ce soir, énerve-toi calvâsse! On va être là, on va t’aider. " Tu n’as pu cet aspect-là dans le hockey d’aujourd’hui. C’est ce que je trouve déplorable et ça affecte beaucoup de joueurs. Il n’y a pas que Jonathan, il y en a eu d’autres. Il y a eu des suicides dans la Ligue nationale. Ce n’est pas évident. Les maladies mentales, faut que tu sois pris en charge de bonne heure et il faut qu’ils te donnent les outils nécessaires pour t’en sortir. S’ils ne te les donnent pas, tu as beau avoir le talent que tu voudras, ça n’a pas rapport avec l’argent que tu fais, c’est une question de santé.»

Drouin saura rebondir    

L’ancien du Canadien est confiant que Drouin sera en mesure de relancer sa carrière.

«J’ai espoir, en autant qu’ils vont l’entourer. On va voir avec qui il va jouer d’ici l’ouverture de la saison. Je lui souhaite le meilleur des mondes. Il va être fragile, mais il peut s’en sortir.»