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NFL

Une victoire à la Brady

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La chanson tourne depuis 20 ans et pourtant, le vieux refrain demeure irrésistible. Avec 1 min 24 s à jouer, le dos au mur et un retard d’un point au tableau, Tom Brady prend le ballon, complète cinq passes pour 62 verges et guide les siens vers la victoire. 

Les Buccaneers de Tampa Bay en ont bavé en lever de rideau de la saison de la NFL, mais derrière leur infatigable quart-arrière de 44 ans, ils ont triomphé de justesse des Cowboys par 31 à 29.

Pour les champions en titre, le placement victorieux de Ryan Succop s’est avéré la conclusion idéale d’une soirée de travail souvent laborieuse.

Bien sûr, Brady a terminé avec des statistiques dignes d’un jeune affamé. Ses 379 verges et quatre passes de touché semblent révéler, encore une fois, que non, le «petit vieux» n’est pas fini.

Le receveur Antonio Brown (cinq réceptions, 121 verges, un touché) a été sa cible de choix, tout comme son fidèle ami et ailier rapproché Rob Gronkowski, qui a semblé revivre avec huit attrapés pour 90 verges et deux touchés. En incluant les séries, cette paire magique a d’ailleurs atteint le cap des 100 touchés en carrière, ce que seuls Peyton Manning et Marvin Harrison (114 touchés) avaient réalisé au préalable.

Le receveur Chris Godwin a aussi présenté des chiffres enviables (neuf réceptions, 105 verges, un touché), mais quelques-unes de ses erreurs ont fait mal.

Au quatrième quart, il a échappé le ballon à la porte des buts et les Cowboys ont ensuite inscrit le placement qui leur donnait les devants 29 à 28. Godwin a toutefois vécu son moment de rédemption sur la poussée finale des Buccaneers quand son attrapé de 24 verges à la ligne de 18 des Cowboys ont conduit au botté décisif.

Il faut d’ailleurs noter que les Cowboys avaient le ballon avec un peu moins de 1 min 30 s à jouer, sur un quatrième essai et six verges à franchir. La logique disait d’y aller pour le placement afin de reprendre l’avance, mais fait-il vraiment suivre à tout prix le livre quand on s’apprête à redonner le ballon au maître incontesté des poussées victorieuses? Pourquoi ne pas tenter le tout pour le tout avec une conversion de quatrième essai en misant sur un Dak Prescott en feu afin d’écouler au maximum le temps? La question se pose.

Des Cowboys solides

Va pour le positif, du côté des champions. Parce que franchement, ils peuvent remercier Brady, la fontaine de Jouvence dans laquelle il s’abreuve et le manque d’opportunisme flagrant des Cowboys pour expliquer leur victoire.

En effet, les Cowboys ont terminé la rencontre avec un différentiel de +3 au chapitre des revirements. Les Bucs ont donc joué du football indiscipliné, sans même parler de leurs 100 verges de pénalités.

Les Cowboys ont eu le dessus au chapitre des premiers jeux (30 contre 24), des gains offensifs et surtout, du temps de possession (34 min 27 s contre 25 min 33 s). Ils ont cependant laissé quatre points faciles sur le terrain quand le botteur Greg Zuerlein a raté un placement de 31 verges et une transformation après le deuxième touché des siens. On lui pardonnera par contre sa tentative ratée sur 60 verges en fin de première demie.

De tels cadeaux ne mènent jamais à des résultats concluants, particulièrement contre les tenants du titre.

Beau retour de Prescott

S’il y a une victoire morale dans le camp des Cowboys, elle vient de la performance étincelante de Dak Prescott. Le quart-arrière a raté 11 matchs la saison dernière après avoir subi une fracture de la cheville qui a fait chavirer tout cœur le moindrement sensible. Au moment du désastre, plusieurs se demandaient s’il pourrait vraiment revenir au jeu et si oui, dans quel état.

Prescott a dissipé les doutes en accumulant 403 verges par les airs et trois passes de touchés. Sa seule interception est le résultat d’une passe qui a filé entre les mains de CeeDee Lamb. Il a démontré un calme désarmant même si la pochette protectrice s’effondrait constamment autour de lui et que le match était clairement entre ses mains.

Après deux quarts, le porteur Ezekiel Elliott ne comptait que quatre courses et il a terminé la rencontre avec seulement 11 portées. Prescott, pour sa part, a complété 42 de ses 58 passes, une charge énorme de travail, surtout dans un contexte de retour au jeu. Prescott a non seulement fait preuve d’un courage inspirant, mais il a été productif à souhait.

On repassera pour l’équilibre offensif chez les Cowboys et l’entraîneur-chef Mike McCarthy continue d’avoir tendance à délaisser le jeu au sol rapidement. Il faut dire qu’il a vite compris qu’entre le mutant Vita Vae et Ndamukong Suh, ce n’est pas très invitant de courir.

Pas de panique! 

Pour les Cowboys, il n’y a pas lieu de paniquer, au contraire. La performance, du moins à l’attaque, a été encourageante. D’ici au 21 novembre face aux Chiefs, ils n’affrontent pas un seul club qui a pris part aux dernières séries. C’est une occasion en or de se refaire. Et si leur offensive a été si efficace contre une défensive comme celle des Bucs, il y a lieu de croire que d’autres pétarades sont à venir. Surtout que malgré sa production, Prescott n’est assurément pas encore à 100%, autant au chapitre de sa mobilité que dans la vélocité de ses passes, lui qui joue en dépit d’une blessure à l’épaule subie au camp d’entraînement.

Quant aux Buccaneers, il faudra jouer avec moins de nonchalance. La tertiaire a été malmenée à outrance, elle qui avait connu d’excellentes séries éliminatoires en route vers le Super Bowl. N’empêche qu’une victoire est une victoire, même si Brady a été le premier à reconnaître au terme de celle-ci qu’il y a «beaucoup de travail à faire».

Chose certaine, si la saison qui débute est à l’image de ce premier duel, les amateurs n’ont pas fini de se régaler.