Tennis

Une affaire de famille pour les Fernandez

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Son père est devenu son entraîneur alors qu'il ne connaissait presque rien au tennis, sa mère a déménagé pour lui permettre de vivre son rêve en gagnant mieux sa vie : le parcours rêvé de Leylah Annie Fernandez aux Internationaux des États-Unis est une affaire de famille.

La Québécois, qui a fêté lundi ses 19 ans, n'a certes pas encore triomphé à Flushing Meadows, où elle affrontera samedi en finale l'autre sensation du tournoi, la Britannique Emma Raducanu, 18 ans, issue des qualifications et très impressionnante. 

Mais sa performance récompense un investissement personnel et familial, qui transpirait la fierté, après sa victoire de 7-6 (3), 4-6, 6-4 contre la Bélarussienne et N.2 mondiale, Aryna Sabalenka.

La première chose que Fernandez a faite dans le vestiaire a été d'appeler son père Jorge, ancien joueur professionnel de soccer équatorien qui a décidé de prendre en mains la future carrière de sa fille, sans rien connaître au tennis ou presque.

«Il m'a fait une blague en me disant qu'il avait plutôt regardé un match de soccer. Mais en fait, il a apprécié (mon match). Il avait un grand sourire», a raconté Leylah Fernandez en conférence de presse.

Resté dans leur domicile familial en Floride, c'est lui qui chaque jour dicte la stratégie pour le match à venir de sa gauchère de fille, 73e raquette mondiale, que personne n'imaginait pouvoir réaliser un tel parcours.

Des sacrifices  

À New York, la jeune femme peut en revanche compter sur la présence de sa mère.

Canadienne d'origine philippine, Irene Fernandez a pris la lourde décision il y a plusieurs années de déménager aux États-Unis afin de gagner plus d'argent, pour mieux subvenir aux besoins de la famille et entretenir le rêve de tennis de sa fille, restée au pays avec son père. 

«Ces quelques années en Californie ont été très dures pour moi parce que j'avais besoin d'une mère, j'avais besoin de quelqu'un qui soit là pour moi entre mes 10 et 13 ans. Je l'ai à peine vue à cette époque. Chaque fois que je la voyais, c'était comme voir une étrangère mais en même temps quelqu'un de si familier», a-t-elle confiée.

«Nous avons traversé tellement de choses ensemble en tant que famille. Je suis simplement heureuse qu'en ce moment, tout se passe bien pour nous», a ajouté Fernandez. 

Ce soutien, de près avec un père aussi investi qu'exigeant, ou de loin, avec une mère faisant le sacrifice de l'éloignement, l'a aidée à s'endurcir. «Tout ceci m'a rendue plus forte mentalement.»

Jeudi soir, elle a aussi vu sa petite soeur Bianca pleurer et en a tiré une certaine fierté. «Je suis heureuse de l'avoir enfin fait pleurer, car ce sont des larmes de joie», a-t-elle conclu.