Crédit : Photo AFP

LNH

Devon Levi n’a pas fini d’apprendre

Publié | Mis à jour

Acquis durant la saison morte par les Sabres de Buffalo, le gardien Devon Levi continuera de parfaire son apprentissage dans les rangs universitaires américains la saison prochaine, tout en souhaitant impressionner sa nouvelle organisation.

Le natif de Dollard-des-Ormeaux se trouve à Montréal afin de poursuivre sa préparation pour la campagne 2021-2022, qu’il passera à l’université Northeastern. Aussi, les derniers mois ont été assez mouvementés pour l’athlète de 19 ans.

En juillet 2020, il ne faisait pas partie des cinq gardiens invités au camp d’évaluation virtuel de Hockey Canada et sa présence au Championnat du monde junior apparaissait improbable. Cependant, ses performances au Défi mondial junior A ont incité l’instructeur des gardiens de l’équipe nationale, Jason LaBarbera, à le convier au camp préparatoire en novembre. Levi a obtenu le poste de partant et a aidé le pays à mériter la médaille d’argent au Mondial junior.

Puis, une blessure persistante aux côtes l’a empêché de disputer sa première saison universitaire. Enfin, le 24 juillet dernier, il a vu les Panthers de la Floride le refiler aux Sabres dans la transaction impliquant Sam Reinhart. Cependant, le principal concerné demeure la tête froide et se dit heureux de sa situation.

«J’étais super compréhensif à propos de cet échange, a-t-il admis au quotidien "The Buffalo News", dans un texte diffusé lundi. Évidemment, je sais que ce sont les affaires et qu’ils font ce qu’ils croient être bon pour leur donner du succès. Il n’y a pas de rancune ici. J’étais très heureux de la transaction et d’aller à Buffalo. C’est une excellente opportunité d’évoluer au sein d’un très bon programme ayant eu du succès, surtout avec Ryan Miller. Il n’y a rien pouvant me rendre plus enthousiaste.»

Sous le radar

N’ayant pas encore signé son contrat d’entrée dans la Ligue nationale (LNH), Levi est un gardien que peu de gens avaient en tête pour accéder aux plus hauts échelons du circuit Bettman. Le droitier a été repêché au septième tour, soit au 212e rang, par les Panthers en 2020. L’année de sa sélection, il avait évolué avec la formation de Carleton Place, dans la Central Canada Hockey League, dominant celle-ci avec une moyenne de buts alloués de 1,47 et un taux d’efficacité de ,941.

Récipiendaire du trophée Patrick Roy à titre de meilleur joueur défensif des séries de la Ligue midget AAA en 2018-2019 avec les Lions du Lac-Saint-Louis, Levi a découvert sa passion pour le métier de gardien quand lui et ses coéquipiers le côtoyant pour jouer au hockey dans la rue avaient été invités par le Junior de Montréal. Pendant un entracte à l’Auditorium de Verdun, il avait participé à la dernière minute à une séance de tirs de barrage et avait bloqué toutes les rondelles dirigées vers lui.

«Je me suis dit: bien, je veux être un gardien. C’était malade, une expérience irréelle, devant beaucoup de partisans. Je savais que je voulais rester à cette position.»

Levi se rappelle aussi que quelques années plus tard, à l’âge de 14 ans, des joueurs de la LNH cherchaient un gardien pour affronter des tirs de haute vélocité dans un entraînement sur glace. Parmi eux, il y avait Max Pacioretty, Alex Killorn, Paul Byron et Anthony Duclair. L’adolescent a brillamment répondu à l’appel.

«Ils étaient difficiles à arrêter, surtout pour un jeune de 14 ans, a-t-il indiqué au journal de Buffalo. J’étais petit et ces gars décochaient des missiles. Faire face à leurs lancers et avoir une sensation vis-à-vis des tirs de niveau professionnel à cet âge fut vraiment bon. Après cela, je pouvais me présenter aux entraînements de mon équipe mineure et c’était comme si je jouais contre de petits enfants incapables de tirer au but.»

Double détenteur d’une bourse de la Fédération de l’athlète d’excellence du Québec et du Canadien, Levi a également une bonne tête sur les épaules, lui qui étudie en sciences informatiques. Ayant travaillé avec lui pendant quatre ans, l’instructeur des gardiens montréalais Marco Raimondo affirme sans détour que son ancien protégé apprend rapidement, ce qui favorise son développement.

«Avant que je note son degré de compétitivité, je voyais que sa tête et son habileté à bien lire le jeu sautaient aux yeux, a-t-il expliqué. Son approche devant tout est très calculée, c’est comme celle d’un ingénieur à l’égard de la position de gardien et c’est rare.»