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«Ça aurait pu être mieux» -Kotkaniemi

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Les Hurricanes de la Caroline ont hérité du surnom de la bande des voyous («bunch of jerks») de la part du controversé Don Cherry au mois de février 2019. Dans le dossier de Jesperi Kotkaniemi, les «Canes» ont pris un malin plaisir à jouer le rôle des vilains, surtout avec des publications ingénieuses sur les réseaux sociaux.

Les Hurricanes ont finalement attiré Kotkaniemi à Raleigh grâce à une proposition hostile des plus farouches, avec un salaire annuel de 6 100 015 $ pour une seule saison. 

Il n’y a pas juste le salaire qui frappe. Il y a le boni à la signature de 20 $ (le numéro de Sebastian Aho, mais aussi une façon d’indiquer qu’ils sont une équipe pauvre comparativement au Canadien) et le 15 $ à la fin du contrat (le numéro de Kotkaniemi).

Mais aux dires de Don Waddell, le directeur général des Hurricanes, cette proposition hostile n’avait rien d’un soupçon de vengeance à celle déposée par Marc Bergevin à Aho le 1er juillet 2019.

«Ce n’était pas une revanche, a dit Waddell en visioconférence bien installé dans sa voiture, dimanche. Nous avons utilisé la convention collective pour attirer un joueur de 21 ans. C’est à propos du joueur. Nous avons aussi de bons joueurs finlandais. Il cadrera avec l’équipe. Il y a aussi des trucs de marketing, nous avons un bon groupe sur les médias sociaux. Ils ont eu du plaisir avec ça.»

Waddell a précisé que l’idée du 20 $ comme boni et du 15 $ à la fin du contrat de Kotkaniemi représentait un effort collectif, passant du propriétaire Tom Dundon à lui et à l’équipe des réseaux sociaux.

«Nous voulons construire notre base de partisans à Raleigh, nous ne jouons pas dans un gros marché comme à Montréal, a répliqué le DG. Nos réseaux sociaux sont très impliqués. Nous savions ce que nous faisions. Ce n’était rien contre Montréal, mais plus pour bâtir notre base de partisans. Depuis l’achat de Tom [Dundon], nous restons très impliqués avec nos fans.»

Des discussions 

Les Hurricanes avaient les yeux sur Kotkaniemi depuis le repêchage de 2018. À cet encan, ils ont eu le bonheur de choisir l’ailier Andreï Svechnikov avec le deuxième choix au total. Trois ans plus tard, ils ont maintenant deux des trois premiers choix au sein de leur équipe.

«À cette période, nous avions parlé à plusieurs joueurs, nous avons fait plusieurs entrevues, a mentionné Waddell. Nous le connaissions comme joueur et comme personne. Nos recruteurs amateurs l’aimaient. Nous avons une idée du type de joueur qu’il peut devenir.»

Waddell a également confirmé qu’il a tenté de conclure une transaction avec le CH avant de concocter son offre hostile.

«Ce n’est pas arrivé rapidement comme décision, a-t-il dit. Nous avons essayé de parler à Marc Bergevin avant la proposition hostile. Nous avons regardé des options pour une transaction. Vendredi, nous avons choisi d’envoyer une proposition hostile et nous l’avons fait le lendemain.»

«Quand tu fais une offre hostile, tu le fais pour attirer le joueur, tu ne fais pas juste une proposition hostile pour le plaisir, a-t-il poursuivi. Il y a un coût pour obtenir un joueur de 21 ans.»

Et pour ceux qui se poseraient la question, Kotkaniemi utilisera son généreux boni à la signature (20 $) pour offrir un cadeau de Noël à sa maman.

Une question de confiance 

À Raleigh, Kotkaniemi profitera d’un nouveau départ, mais également d’un changement de position. Avec Aho, Vincent Trocheck et Jordan Staal au centre, le Finlandais de 21 ans se retrouvera à l’aile gauche.

À sa première conférence comme membre des Hurricanes, Kotkaniemi a beaucoup insisté sur la notion de confiance.

«J’ai eu mon rôle dans les années passées à Montréal, a mentionné Kotkaniemi. Mais j’ai ressenti la confiance des Hurricanes dès le départ. C’est toujours bon quand tu as la confiance d’une personne.»

«J’étais très excité quand j’ai vu la proposition hostile, a-t-il poursuivi. J’ai commencé à penser à la Caroline. J’ai parlé avec Tom [Dundon] et les Hurricanes.»

Une flèche 

Dans les gradins pour le premier match des séries contre les Maple Leafs de Toronto, Kotkaniemi a subi le même sort pour les deux dernières rencontres de la finale contre le Lightning de Tampa Bay.

Prudent dans ses commentaires, il a refusé de décrire son utilisation en séries comme une brisure avec le CH.

Mais quand on lui demande de décrire son développement en trois saisons à Montréal, il a parlé avec une certaine amertume.

«Ça aurait pu être mieux, a-t-il répondu. Mais nous avons joué en finale de la Coupe Stanley l’an dernier, il n’y a pas lieu de mettre le blâme sur personne.»

Kotkaniemi s’est gardé une certaine retenue dans ses propos, mais il n’a jamais regardé dans sa propre direction. Il n’a pas toujours répondu aux attentes à ses trois saisons à Montréal.