Quebec

Crédit : Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Patinage

Québec fait partie «des ligues majeures»

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Magnifique, incroyable, surréel... Les qualificatifs ne manquaient pas aux patineurs de vitesse longue piste québécois qui ont longtemps attendu l’ouverture du Centre de glaces, à Québec. Le premier entraînement officiel, hier, dans la nouvelle infrastructure, prenait des airs de grand jour.

«Il n’y a plus d’excuses. Même si je n’ai jamais utilisé les anciennes installations comme excuse, on a maintenant tout ce qu’il faut pour réussir. On n’a pas moins que les autres pays. On fait partie des ligues majeures. On a prouvé qu’on pouvait performer par le passé avec des conditions terribles. Avec de meilleures conditions, ça va être super. On peut légitimement croire en la victoire», s’est-il exclamé, le sourire au moins aussi étincelant que le complexe de 68,7 millions $.

Une longue attente

Depuis de nombreuses années, les patineurs de longue piste décriaient le fait qu’ils devaient s’entraîner à l’extérieur, sur l’anneau de glace Gaétan-Boucher. Pour performer à la hauteur des attentes, ils devaient s’exiler de longs mois à Calgary.

Déjà, à son arrivée à la mairie de Québec, en 2007, Régis Labeaume en avait fait un engagement politique.

Ce n’est qu’en 2016 que l’annonce a été officialisée ; le chantier a commencé deux ans plus tard.

«Quand ils ont fait l’annonce de l’anneau, c’est à ce moment-là que mon épouse et moi avons décidé d’avoir un enfant. Ça change notre vie à ce point-là parce que ça coupe tellement nos voyages», a résumé Laurent Dubreuil.

«C’est important aussi pour la qualité de l’entraînement. Normalement, à ce temps-ci de l’année, on ne peut pas patiner chez nous. On gagne des mois sur la glace. On passe du pire au meilleur.»

Les patineurs d’ici ont dû s’armer de patience, au point de pratiquement oublier le projet.

«On faisait juste ne pas y penser. Mon but n’était pas d’être bon à partir du moment où on allait avoir l’anneau. Je voulais être bon chaque année et on a été capable de le faire. On essayait juste de complètement oublier ça. On l’avait mis de côté et c’est pour ça que c’est surréel ce qui se passe», a renchéri l’athlète.

Un aspect qui plaît

Avec une année de retard sur l’échéancier initial, l’infrastructure est finalement ouverte, non seulement aux patineurs de vitesse chevronnés, mais aussi au grand public.

Pour en avoir vu une panoplie dans le monde en compétitions, Dubreuil assure que le Centre de glaces de Québec a tout pour plaire.

«Je ne suis pas capable d’être objectif, je suis trop content. Je dirais qu’il se classe assurément dans les plus beaux dans le monde. Il y a des anneaux où on patine et on est bien content, mais qui, objectivement, ne sont pas beaux ! Ici, c’est magnifique. Les gens qui vont venir l’essayer vont l’adopter instantanément.»

Dubreuil pourra profiter des nouvelles installations jusqu’au 6 octobre. À cette date, il partira vers Calgary pour les sélections canadiennes pour les Coupes du monde.

Un cadeau pour les prochaines générations

Si les patineurs de vitesse actuels savourent enfin l’ouverture du Centre de glaces, ce sont surtout ceux des générations à venir qui pourront en tirer profit.

Non seulement des installations de fine pointe s’offriront à eux, mais encore dès la prochaine période des Fêtes, les patineurs de demain pourront découvrir l’élite parce que se tiendront à Québec les sélections olympiques à compter du 27 décembre.

«On n’aurait jamais pu rêver de ça avant. Ce sont les patineurs de l’Ouest qui vont devoir venir ici patiner sur une glace qu’ils ne connaissent pas pour essayer de se classer. C’est un renversement total de situation. C’est nous autres avant qui devions aller les battre dans leur maison. Ça va faire toute une différence», s’est réjoui Dubreuil.

En 2022, les Championnats des quatre continents seront aussi présentés sur place.

Bon pour le développement

Le vétéran Alex Boisvert-Lacroix, qui en est à sa dernière saison, est d’avis que, d’ici peu, les Québécois prendront beaucoup plus de place dans l’équipe nationale de longue piste.

«C’est énorme pour le patinage de vitesse au Canada en général. Le pays va devenir plus fort. On a tellement un bon bassin de patineurs au Québec, qui désormais, va avoir la possibilité de faire du longue piste. D’ici cinq à sept ans, probablement qu’il y aura plus de la moitié de l’équipe qui sera québécoise juste à cause de ça. C’est ma prédiction!» s’est-il avancé.

Plus de temps

Boisvert-Lacroix estime par ailleurs que les athlètes d’ici disposent maintenant d’un atout précieux qui leur échappait : du temps.

«Normalement, je me sens toujours à la course. On a deux semaines de patin et je dois tout rentrer. Il faut que je prépare mes départs, mes virages à haute vitesse. Si je dois faire des ajustements sur mes lames, c’est pendant les deux semaines que ça se passe. Là, on a tout le temps du monde avec six semaines possibles de longue piste à Québec», savoure-t-il.

Pour Béatrice Lamarche, de Québec, c’est trop beau pour être vrai.

«On ne voulait pas se faire de faux espoirs. Là, le seul mot que j’ai en tête, c’est "spectaculaire". Quand on rentre ici les premières fois, on se dit que tout est bien fait, tout est beau, c’est lumineux.»