Crédit : Photo AFP

MLB

Otto Lopez y a pris goût

Publié | Mis à jour

La saison exceptionnelle d’Otto Lopez a culminé avec son rappel par les Blue Jays de Toronto, il y a deux semaines. 

Désormais, le Québécois d’origine dominicaine n’attend plus qu’une chose : y retourner.

«Ç’a été très surprenant, surtout que j’avais commencé mon année dans le AA. Et je n’ai joué que deux semaines dans le AAA !», raconte Lopez, qui a commencé à jouer au baseball organisé à Montréal au début de l’adolescence.

Il a fallu cinq ans après la signature de son contrat pour que Lopez porte officiellement l’uniforme des Blue Jays. Mais même s’il a toujours été considéré comme l’un des beaux espoirs de la formation torontoise, le joueur d’utilité a fait des pas de géant au cours des derniers mois.

Une moyenne de ,330 et 91 coups sûrs avec les Fisher Cats du New Hampshire au niveau AA, une efficacité au bâton de ,254 et 17 frappes en lieu sûr en autant de matchs avec les Bisons de Buffalo, dans le AAA. Voilà quelques-uns des arguments que le Montréalais d’adoption a servis aux dirigeants des Blue Jays pour les convaincre de le rappeler.

Mais Lopez, 22 ans, estime que les raisons de son rappel remontent à beaucoup plus loin. Et ce sont celles pour lesquelles il pourrait encore endosser l’uniforme des Jays d’ici la fin de la saison.

Peut-être pour les traditionnels «rappels de septembre», qui permettent aux équipes de la MLB d’allonger leur liste de protection une fois les saisons de leurs filiales terminées.

«Ils ont dit qu’ils avaient pris bonne note de mon travail, que je l’avais mérité, explique Lopez. Et qu’avec le temps, que si je continue à travailler fort, je pourrais être rappelé à nouveau.»

De bon augure pour la suite

Pierre Arsenault, un ex-dépisteur des Marlins de Miami, croit aussi que Lopez aura à nouveau sa chance dans le baseball majeur.

«Ça augure bien pour sa carrière, parce que ça prouve que les Blue Jays aiment ce joueur-là. J’ai entendu dire que c’était une bonne personne, un travaillant», relève Arsenault, qui agit désormais comme entraîneur adjoint pour Équipe Québec, dans la Ligue Frontier.

L’ancien de l’organisation des Expos croit d’ailleurs que Lopez pourrait avoir un rôle régulier avec les Blue Jays d’ici deux ans.

«Comme il peut évoluer à plusieurs positions, c’est un joueur très utile pour une équipe, explique-t-il. Il peut remplacer un coéquipier qui a besoin de repos ou jouer en fin de match. Peut-être même qu’il va devenir un joueur à temps plein, ça dépend de son développement, notamment sur le plan physique.»

Le premier passage de Lopez, lié à la blessure au genou de George Springer, n’a duré que le temps d’un match, le 17 août.

Mais même deux semaines plus tard, le jeune athlète garde un souvenir indélébile de son expérience.

«J’étais très surpris de voir à quel point ils m’ont bien traité. Le terrain, leur éthique de travail, tout est incroyable, se remémore-t-il. Je ne sais même pas comment le décrire!»

Passion partagée pour Montréal

Même s’il a quitté Montréal pour la République dominicaine il y a sept ans, Otto Lopez revient encore dans la métropole chaque hiver.

«C’est toute ma vie», raconte-t-il dans son excellent français.

Et cette passion pour Montréal, il la partage avec un autre joueur des Blue Jays de Toronto : Vladimir Guerrero fils, qui y a vécu quand son père portait l’uniforme des Expos.

«Chaque fois qu’on se voit, on s’en parle, raconte Lopez, qui a aussi fraternisé avec le puissant frappeur au camp des Jays, au printemps. Il me dit que Montréal, c’est sa maison. Il n’oubliera jamais ce qu’il a vécu là-bas.»

Lopez s’est d’ailleurs dit particulièrement heureux de l’accueil que lui ont réservé Guerrero, Lourdes Gurriel et Teoscar Hernandez lors de son passage avec l’équipe, il y a deux semaines.

«Ils m’ont vraiment accueilli comme un des leurs. Pour moi, ça signifie beaucoup», a-t-il souligné.

Dans la mire des Marlins

D’ailleurs, si Otto Lopez est encore un espoir de l’organisation des Blue Jays, ce n’est pas parce que l’ex-dépisteur Pierre Arsenault n’a pas essayé de le faire changer d’uniforme.

Il y a deux ans, alors qu’il était dépisteur chez les Marlins de Miami, l’homme de baseball a proposé à ses patrons de tenter d’acquérir les services du joueur polyvalent en échange d’un lanceur que les Jays avaient dans leur mire.

Arsenault croyait à l’époque que Lopez n’était peut-être pas sur le radar des Blue Jays.

«Mais ils ont dit non!» rigole aujourd’hui l’entraîneur adjoint d’Équipe Québec.

«Ça prouve que c’est un joueur que l’organisation connaît bien. Au moins, on a essayé. Pour moi, ç’aurait été une fierté d’avoir un jeune qui a grandi un peu à Montréal. Mais c’était surtout le joueur de baseball qui m’intéressait.»