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Tennis

Internationaux des États-Unis: l’histoire à la portée de Novak Djokovic

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Il a tout gagné. Malgré cela, Novak Djokovic demeure toujours dans l’ombre de Roger Federer et Rafael Nadal. Aux Internationaux des États-Unis, le numéro 1 mondial pourrait réaliser un exploit que ses deux contemporains n’accompliront sans doute jamais.

Après Melbourne, Paris et Londres, le Serbe a maintenant New York dans sa mire.

Une victoire sur le court Arthur-Ashe, dans deux semaines, lui permettrait d’accomplir un fait d’armes réussi une seule fois par un homme dans l’ère moderne : LE Grand Chelem. Remporter les quatre tournois majeurs en une seule saison.

Car si l’Allemande Steffi Graf, en 1988, et l’Australienne Margaret Court, en 1970, ont réalisé l’exploit, un seul homme y est parvenu : Rod Laver, aussi de l’Australie, il y a 52 ans.

Gare à la jeune garde

Si la porte peut sembler grande ouverte pour Djokovic, avec les forfaits de Nadal, Federer et de l’Autrichien Dominic Thiem, il devra toutefois se méfier de la jeune garde qui pousse.

Et de sa propre forme. Car le favori, titré trois fois à New York, n’a plus joué depuis les Jeux olympiques de Tokyo, où il a été défait en demi-finale, puis en finale pour le bronze.

Ce premier revers l’a privé d’un Grand Chelem doré, une prouesse que seule Graf a accomplie.

«C’est sûr que j’ai une étoile qui me guide ici, un but, le Grand Chelem. Mais je dois aussi faire attention de ne pas me laisser déconcentrer par les attentes entourant mes performances, sans Roger et Rafa», a relevé le numéro 1 mondial en conférence de presse.

Le Serbe, qui amorcera le tournoi mardi, n’a pas non plus un tableau facile. En quarts, il pourrait croiser l’Italien Matteo Berrettini (6), qui lui a enlevé une manche en finale à Wimbledon.

Puis, dans le carré d’as, il risque de croiser l’Allemand Alexander Zverev (4), l’homme fort du moment, qui l’a battu à Tokyo, avant d’enlever le trophée à Cincinnati.

«Je sais que beaucoup de gens regarderont mes matchs, dans l’espoir que je réussisse le Grand Chelem, a ajouté Djokovic. Mais en dépit des absences de Nadal et Federer, il y a énormément de joueurs de qualité dans ce tableau.»

Zverev fera donc lui aussi partie des joueurs à surveiller à Flushing Meadows. Tout comme le Russe Daniil Medvedev (2) et le Grec Stefanos Tsitsipas (3). Les trois joueurs sont en quête d’un premier titre majeur.

Sans les Williams

Côté féminin, il n’y aura pas de page d’histoire à écrire. L’Américaine Serena Williams sera absente, blessée à un tendon.

Sa quête d’un 24e titre du Grand Chelem – une marque détenue par Court – attendra donc. Peut-être même pour toujours, à la lumière de la récente forme de la cadette des Williams, qui fêtera ses 40 ans dans moins d’un mois.

Venus n’y sera pas non plus, touchée à une jambe. Tout comme leur compatriote Sofia Kenin, cinquième mondiale, qui a été déclarée positive à la COVID dans les derniers jours.

Pour la première fois depuis les Internationaux d’Australie 1997 ni les sœurs Williams, ni Federer (genou), ni Nadal (pied) ne seront en lice dans un tournoi majeur.

Chez les femmes, à qui le changement d’ère qui se dessine depuis quelques années profitera-t-il cette fois ? Les aspirantes sont nombreuses, et elles le sont un peu plus à chaque épreuve du Grand Chelem.

L’Australienne Ashleigh Barty, numéro 1 mondiale, semble toutefois devancer le peloton. Championne au All England Club en juin, elle a ajouté à son palmarès le titre à Cincinnati, la semaine passée.

Mais, au tennis féminin, tout est toujours possible. Et les Internationaux des États-Unis marqueront aussi le retour en Grand Chelem de la Japonaise Naomi Osaka, troisième favorite, après son forfait à Roland-Garros et ses révélations concernant ses problèmes de santé mentale. La championne en titre s’est dite «heureuse de son jeu» et «en confiance», même si les derniers mois ont été marqués par des défaites hâtives à Tokyo et Cincinnati.

«Bien sûr, je ne dis pas que je connaîtrai un tournoi exceptionnel. Je ne suis pas ce genre de personne. Je préfère y aller un match à la fois», a sagement répondu Osaka, qui affrontera la Tchèque Marie Bouzkova, 76e mondiale, lundi soir.

Canadiens à surveiller

Bianca Andreescu

La Canadienne sera la 6e favorite à Flushing Meadows. Mais même si elle se dit en santé, elle reste loin du niveau qui lui a permis d’être couronnée championne du tournoi il y a deux ans, devant nulle autre que Serena Williams. Après avoir fait l’impasse sur l’entièreté de la saison 2020, Andreescu a de nouveau été freinée par les blessures cette année. Elle s’est inclinée dès son premier match à Wimbledon et à Cincinnati, et à sa deuxième rencontre à Montréal. L’Ontarienne ne s’en cache pas : elle est à New York afin de retrouver sa forme de match, sans trop savoir à quoi s’attendre de la quinzaine.

Denis Shapovalov

Classé 7e tête de série des Internationaux des États-Unis, le Canadien enchaîne les défaites depuis son parcours jusqu’en demi-finale à Wimbledon. Pourtant, Shapovalov, 22 ans, se disait en pleine confiance après ce premier carré d’as dans un tournoi majeur, convaincu qu’il pouvait désormais battre n’importe qui sur le circuit. Mais cette belle assurance ne s’est pas reflétée sur le terrain. Le gaucher, qui a fait l’impasse sur les Jeux olympiques de Tokyo, a perdu dès son premier match à Gstaad, Toronto et Cincinnati. Il affrontera d’entrée de jeu l’Argentin Federico Delbonis, 47e mondial. Les deux joueurs n’ont jamais été opposés.

Félix Auger-Aliassime

Il est toujours dur de prédire quel Félix se présentera sur le terrain. Celui, confiant, qui a battu l’Italien Matteo Berrettini, finaliste à Wimbledon, lors du tournoi de Cincinnati ? Ou celui qui a perdu dès son premier match à Toronto face à un adversaire à sa portée, le Serbe Dusan Lajovic, alors 44e mondial? Le Québécois de 21 ans reste sur de belles sensations en tournoi majeur : à Wimbledon, il a atteint les quarts de finale en battant l’Allemand Alexander Zverev, quatrième raquette de l’ATP. Il s’agit à ce jour de son meilleur résultat dans un tournoi de cette envergure.

Leylah Fernandez

La Lavalloise de 18 ans en est encore à faire ses classes dans les tournois majeurs. À New York, elle en sera seulement à sa septième présence dans le tableau principal d’une épreuve du Grand Chelem. La petite joueuse n’a pas hérité d’un tableau facile. Elle affrontera certes une adversaire légèrement moins bien classée à son premier match – la Croate Ana Konjuh pointe au 87e échelon de la WTA, tandis que Fernandez est classée 72e – mais la suite s’annonce corsée. Dès le deuxième tour, elle pourrait se mesurer à la 31e tête de série, la Kazakhe Yulia Putintseva. Et la championne en titre, la Japonaise Naomi Osaka (3), pourrait l’attendre à la ronde suivante.

Rebecca Marino

Après avoir réussi à atteindre le troisième tour à Montréal grâce à deux victoires contre des joueuses du top 40, voici Rebecca Marino dans le grand tableau des Internationaux des États-Unis. Mais la 175e mondiale, qui a remporté ses trois rencontres de qualification, fera face à un défi de taille dès le premier tour : elle se mesurera à l’Ukrainienne Elina Svitolina, cinquième favorite de la compétition.